Chronique Musique

Drahla, le chaos sous contrôle

Drahla
Crédit photo : Sam Joyce
Ecrit par Beachboy

Ça y est, j’ai enfin entre les mains Useless Coordinates, le premier album de Drahla, que je me languissais d’écouter depuis ma découverte de ce jeune groupe de Leeds.

Sur la foi de quelques singles impeccables mis sur mon chemin par les conseils avisés de Dave Callahan (Wolfhounds, Moonshake), homme de goût s’il en est, Drahla est devenu le plus fidèle des compagnons de ma platine, et ce, en quelques sorties aussi rares qu’indispensables.

drahla

À l’origine, Drahla est un trio, 2 gars, Rob Riggs et Mike Ainsley et une fille, Luciel Brown, complété aujourd’hui par le saxophoniste Chris Duffin, pas tout à fait considéré comme un membre du groupe mais omniprésent sur leur premier album comme sur scène. Duffin est également connu pour être la moitié de Xam Duo, l’autre étant tenu par Matthew Benn de Hookworms.

Créé en 2015, Drahla sort un premier disque l’année suivante. Un single, Fictional Decision/Dog Collar Guillotine, qui les démarque de suite de toute la mouvance neo-post punk, par ces deux titres aussi mélodiques qu’abrasifs, renvoyant aux glorieux anciens, quelque part entre The Fall ou Gang Of Four.

La suite sera de la même qualité, le groupe tirant de plus en plus ses influences de l’autre côté de l’Atlantique, dans le New-York no-wave des 70’s jusqu’aux premiers pas de Sonic Youth, avec l’épatant Faux Text puis l’EP Third Article.

Après leur signature chez Captured Tracks, celui-ci a la bonne idée de regrouper ses 3 premiers chapitres sur A Compact Cassette, qui comme son nom l’indique, ne parait qu’en cassette !

Voici donc l’heure de leur premier 33, précédé par l’extraordinaire single 12 Divisions Of The Day sorti en juillet 2018. L’attente fut donc longue mais une seule écoute nous récompensera d’avoir su vaillamment patienter et passé en boucles les rares titres disponibles !

Preuve d’une certaine radicalité et d’une volonté de toujours aller de l’avant, on ne trouve aucune trace sur Useless Coordinates de leurs premiers singles, de Fictional Decision à Silk Spirit. Non ici, c’est 10 nouveaux titres qui s’offrent à nous, tendus, secs et courts.

L’album, en effet,  ne dure même pas 30 minutes, Drahla va à l’essentiel et semble même durcir le ton et se faire plus sauvage, plus expérimental, à l’instar de l’impressionnant React Revolt où la douce voix de Luciel se fait rugueuse pour résister au saxophone en fusion de Chris Duffin et à la rythmique implacable de ses 2 comparses.

Dès Gilded Cloud et Serenity en ouverture, Drahla joue sur cette recherche permanente de l’équilibre chaotique, les mélodies pourtant évidentes devant se frayer un chemin au travers de ce déluge sonore et sonique. Luciel Brown est bien sûr au centre de toutes les attentions, avec sa voix entre glace et feu (Pyramid Estate, Unwood), sa guitare déchainée et ses textes aussi abstraits qu’accrochés au réel.

Useless Coordinates a tout du félin à la poursuite de sa proie, primal et puissant, instinctif mais réfléchi. L’issue est fatale pour mes frêles oreilles qui ne peuvent que se rendre aux sombres charmes de Primitive Rythm ou Stimulus For Living.

Drahla confirme donc tous nos espoirs et nous offre là un fantastique premier disque impressionnant de maturité et d’audace. Un somment de l’année, cela va sans dire !

Useless Coordinates de Drahla
disponible depuis le 03 mai chez Captured Tracks/Differ-Ant

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