Brèves de Platine Chronique Musique

Brèves de Platine # 17

Ecrit par Team Musique
Retour en bref sur une sélection d’albums sortis ces dernières semaines.

Thos Henley Blonde on Basically Ginger

C’est un peu paresseusement  que la musique de Thos Henley est comparée à celle d’Elton John (pas faux toutefois) et de Billy Joel (le rapport est plus lointain). L’Américain originaire de Long Island pratique bien, sur ce troisième album, l’exercice de la pop au piano, mais la pimente de couleurs folk, soul, jazz (Ouija) ou même gospel (Witness). Il est entouré de la seule section rythmique classique basse-batterie, quand il n’accompagne pas sa voix de son seul piano (Escaping the Shade), comme si de cette contrainte restrictive, et de l’homogénéité qui en résulte, devait naître une force supplémentaire.

Si la formule fonctionne fort bien sur les six premiers morceaux, et notamment sur l’ouverture Long Time Feeling, chant posé et plutôt sobre mais vibrant, sur un Dust in this Town aussi échevelé qu’Henley sur la pochette et sur le beau 44th and 2nd, l’album peine un peu sur la longueur après ce titre, le sixième. Sans jeu de mots (tu parles !), on sent que lorsqu’il a un coup de moins bien, le gars Thos force légèrement sur le pathos.

C’est sur Pan European Recording, qui a fait l’objet d’un article exhaustif sur Addict Culture il y a peu, qu’est sorti Blonde on Basically Ginger le 18 novembre de l’année dernière.

Jean-Baptiste

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Allison Crutchfield Tourist In This Town

Attention, petite sensation !

Mon premier coup de cœur musical en ce qui  concerne ce début d’année 2017 se présente sous les traits d’Allison Crutchfield. La jeune femme nous présente un premier album solo enregistré à Philadelphie au studio Uniform Recording avec le concours de Jeff Zeigler. Celle qui n’est autre que la sœur jumelle de Katie (fondatrice du projet musical Waxahatchee) parvient avec une belle amorce à nous kidnapper dans une opulente bubble gum à la fois acide et sucrée. Sa voix espiègle, qui n’est pas sans rappeler le timbre particulier de Cindy Lauper, vient conforter la sensation de bien-être qui se détache du titre I Don’t Ever Wanna Leave California, sorte de pop song idéale qui vient ici contrebalancer les quelques autres aspirations de rock vintage pour plagistes.

En fait, nous sommes invités à découvrir un véritable jukebox aussi éclectique que plaisant. Point culminant sans doute avec l’efficacité aux faux airs « new-ordesques » de Dean’s Room, véritable régal pour les oreilles avec ses percussions aussi saturées que nerveuses sur lesquelles la mélodie contagieuse de base vient se jucher. Je pourrais évoquer également les synthétiseurs analogiques qui viennent façonner les nappes de Mile Away, titre qui contraste totalement avec un mode serré et plus tapageur sur la minute, montre en main, du titre The Marriage.

Dix chansons qui, au final, parviennent à trouver un fil conducteur : le plaisir dans une évidente liberté de tonalité !

Un album sous la houlette de Merge Records, disponible le 27 Janvier 2017  dans les bacs.

Ivlo Dark

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 Howe Gelb Future Standards

Délaissant (pour de bon ?) Giant Sand, groupe férocement mésestimé, auteur d’au moins deux classiques définitifs avec Chore Of Enchantment (2000) et Is All Over The Map (2004) et qui aura contribué à l’avènement Calexico par l’entremise de deux musiciens passés par son giron, Joey Burns et John Convertino, Howe Gelb revient en solo par la grande porte avec Future Standards, là où on ne l’attendait pas vraiment : en crooner jazzy, façon Cole Porter.

S’il est un exercice qui s’avère souvent périlleux, c’est bien celui-là. Howe Gelb s’en sort avec tous les honneurs. L’album est bon, ne tourne jamais à la démonstration. Sa sobriété est sans doute aussi le signe d’un disque trop sage. On aurait peut-être aimé un peu plus de folie, mais le fait est que le plaisir à l’écoute de ce disque mature est bel et bien présent. Seul le temps nous dira s’il s’agit effectivement de standards…Ou pas.

Howe Gelb, Future Standards, chez Fire Records depuis le 25 novembre 2016

Davcom

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Clara ClaraBucharach

Bucharach est le nouvel album de Charles et François Virot et Amélie Lambert, six ans après l’excellent Comfortable Problems.

Si les compositions du groupe sont toujours aussi classieuses, on notera quelques évolutions remarquables et tout à fait réussies comme le chant en français sur quelques titres comme l’inaugural Dans Les Yeux et l’euphorisant Écran Noir.

Moins noise que ses prédécesseurs, Bucharach fait la part belle à la pop à la française entre Daho et Taxi Girl avec quelques décharges électriques pas loin de Blonde Redhead. Clara Clara nous propose là un disque lumineux et survitaminé, qui mérite très, très largement le détour.

Le disque est disponible chez Clapping Music depuis le 29 septembre 2016

Beachboy

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 The MarshalsCourrier Sessions

Leur musique a beau sentir l’Amérique profonde quelque part entre le bayou du Creedence Clearwater Revival et les repaires sombres et enfumés des Black Keys, The Marshals nous viennent du Massif central.

Les Courriers Sessions, leur nouvel album, nous balance un blues électrique, qui sent bon la sueur et la poussière, la bière coule à flots au fond des gosiers martyrisés par les clopes sans filtre. The Marshals évitent l’exercice de style et épatent par une authenticité non feinte pour 9 chansons rêches et puissantes.

Les Courriers Sessions est disponible depuis le 04 novembre chez Freemount RecordsDiffer-Ant

Beachboy

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