Éphéméride Holy(me)

19 mai 1962, Marilyn Monroe chante « Happy Birthday Mr. President »

Marilyn

New-York, 19 mai 1962. 15000 convives démocrates, triés sur le volet, sont venus fêter les 45 ans du président des Etats-Unis, le mythique John Fitzgerald Kennedy (29 mai 1917- 22 novembre 1963), quelques jours avant la date. Il est jeune, beau, charismatique et l’Amérique l’adule. Entré en poste le 20 janvier 1961, il est, à 43 ans, le plus jeune président élu des États-Unis, et sera également le plus jeune président à mourir, moins de trois ans après son entrée à la Maison-Blanche, à l’âge de 46 ans.

John Fitzgerald Kennedy est un séducteur notoire auquel les femmes ne peuvent visiblement résister. L’actrice Marilyn Monroe pas plus que les autres. Lorsque Marilyn entre dans une pièce, les hommes deviennent loups, les conversations s’arrêtent net, les verres restent suspendus… Mais celle qui a tous les hommes à ses pieds s’est entichée du numéro un du pays. Ils se sont connus par l’intermédiaire de l’acteur Peter Lawford, beau-frère de John Fitzgerald Kennedy, qui leur prête sa maison de Malibu. Ils s’y rejoignent souvent. Tandis que le mariage de Marilyn avec Di Maggio se désintègre, celui de JFK, lui, tient bon malgré les nombreuses incartades.  La carrière de Mari­lyn s’envole et elle devient une star. Celle de Kennedy aussi : il est élu président. Les sixties ouvrent une nouvelle ère de joie de vivre.

Mais revenons à nos moutons : ce jour là, John Fitzgerald Kennedy apparaît sûr de lui, élégant, beau à se damner avec son sourire éclatant, très américain. Peut-être ne sait-il pas ce qui va se passer, ou peut-être le sait-il… Marilyn, elle, n’aurait raté cet événement pour rien au monde : elle est l’autre star de la soirée et s’est fait confectionner une robe-fourreau pour l’occasion. Elle est persuadée que John est fou d’elle et qu’il va faire d’elle la nouvelle première dame du pays. D’ailleurs, lorsque Jackie a su que la starlette comptait parmi les invités, elle a préféré de ne pas venir.

« Et maintenant, Monsieur le Président, mesdames et messieurs… Marilyn Monroe ! » s’égosille Peter Lawford. Mais personne ne sort des coulisses. Lawford raconte une petite blague au public pour le faire patienter, puis recommence l’annonce, en vain ! Les 15 000 personnes présentes dans la salle n’en peuvent plus d’attendre le clou du spectacle. Et 40 millions de téléspectateurs ont les yeux rivés sur leur poste de télévision pour assister à cette soirée grandiose.

Marilyn Monroe apparaît enfin sur scène, ivre morte raconte-t-on… Au milieu du brouhaha s’élève soudain sa voix sensuelle, reconnaissable entre toutes à cette époque, accompagnée par le pianiste de jazz Hank Jones. Elle entonne ou devrait-on dire susurre un hymne d’anniversaire bien connu, auquel s’ajoute ce « Mr. President » désormais mythique. Les mots s’élèvent, retravaillés pour l’occasion par celle qui les prononce en guise d’hommage. Sublime bien que vacillante, Marilyn porte donc la fameuse robe de soie pailletée d’or très glamour, très près du corps, réalisée par un grand couturier, laquelle craquera à l’arrière en plein spectacle…

« Thanks, Mr. President
For all the things you’ve done
The battles that you’ve won
The way you deal with U.S. Steel
And our problems by the ton
We thank you so much »…

Juste après, tandis qu’un énorme gâteau d’anniversaire lui est présenté, le Président Kennedy monte sur scène et plaisante sur la version chantée par la belle actrice, disant qu’il peut se retirer de la politique après avoir eu droit à une telle performance, et il ne parle pas que de la chanson. Marylin est sublime de glamour et sensualité, il est vrai. Ce sera l’une de ses dernières grandes apparitions publiques avant sa mort trois mois plus tard, le 5 août 1962.

Cette scène mythique reste un des grands moments de l’histoire de la présidence Kennedy et de la vie de la belle et fragile Marilyn… Doit-on chanter « Happy Birthday Mr. President » en ce jour ? Je ne sais. Mais on peut saluer Marilyn, une femme de cœur et de tête, dont la personnalité et le vrai visage sont bien loin de cette image d’icône blonde fragile et un peu cruche véhiculée alors.

Et pour en savoir d’avantage, lisez le remarquable ouvrage « Marilyn Monroe – Fragments » (poèmes, écrits intimes, lettres), Seuil, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Tiphaine Samoyault, 2010 et Points Seuil, 2012…

Ajouter un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.