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Festival Invisible : des drôles d’oiseaux dans le ciel de Brest !

Nous passerons rapidement sur l’immense déception de ne pas avoir eu le plaisir de participer à  toutes les soirées de la 17ème édition du toujours immense Festival Invisible, ayant en particulier raté, milles regrets, Lydia Lunch et Marc Hurtado ou bien encore Mïet et Delgado Jones.

On profitera plutôt de la venue d’Arlt ou d’Oiseaux-Tempête pour glisser quelques mots sur leurs deux albums perspectifs tout récemment sortis et tout aussi fortement recommandés !

festival invisible

Commençons donc par Arlt, qui eut le plaisir et le privilège d’ouvrir le festival en ce 15 novembre dans la mythique salle du Vauban pour la soirée Préambules, Le Festival Invisible ayant pris la belle habitude de donner un nom à chacune de ses journées. Sing Sing, volubile et visiblement très heureux de ce séjour brestois et Eloïse Decaze, plus discrète mais à la voix et gestuelle toujours aussi magnétiques, débarquent donc avec leurs petits instruments et toute une ménagerie, telle une arche de Noé échouée dans la rade de Brest.

Le concert débute ainsi par un superbe Tu M’As Encore Crevé Un Cheval…et oui, chez Arlt, nos amis les bêtes ne sont pas à la fête et la suite du même acabit, entre chien écrasé par un Vaisseau Spatial, Le Renard qui pue, un Bain De Sang pour une alouette, des cigales écrasées dans La Nature ou une Vache Malade…un cauchemar pour Brigitte Bardot, du bonheur pour le public brestois rapidement enthousiasmé par ce duo génial et bricolo.

Nous aurons droit à quelques anciens morceaux issus de leurs 4 disques précédents, dont une superbe et conclusive La Rouille mais également de très belles versions de Soleil Enculé ou Le Périscope. Mais fort logiquement leur prestation fera la part belle à Turnetable, sorti chez Objet Disque en mai dernier.

Le disque est à l’image de leur concert, un peu foutraque, un peu tordu, mais immédiatement chaleureux, car les mélodies sont là, belles et fières à l’image des emballants Oh Bagnole ou Le Village, qu’on rêverait d’entendre sur toutes les ondes radios mais qu’on est déjà très heureux de gouter en direct, sous le charme de l’évidente complicité entre Sing Sing et Eloïse Decaze, se partageant à part égale le micro, lui à la guitare, elle avec ses petites machines et objets divers et variés.

Beau disque, beau concert et déjà très envie de revoir Arlt à Brest ou Arlt à Malibu, comme si gentiment proposé par Sing Sing !

Changement de lieu et d’univers, 3 jours plus tard, car cette fois ci nous prenons la route de La Carène pour une soirée Hercule ! qui s’annonce fort alléchante et envoie en effet du lourd avec en particulier et en tête d’affiche les impressionnants Oiseaux-Tempête venus défendre leur What On Earth (Que Diable), leur dernier album paru fin octobre chez Sub Rosa et Nahal Recordings.

De plus en plus protéiforme, Oiseaux-Tempête continue ses aventures musicales à coups d’expériences et de collaborations, le désormais trio composé de Fréderic D. Oberland, Stéphane Pigneul et Mondkopf accueille en effet quelques invités de marque sur ces 10 nouveaux morceaux sombres et mystérieux, balançant entre post-rock et krautrock expérimental.

Quelle joie donc de découvrir que certains d’entre eux sont là sur scène, puisque, s’il manque à l’appel Jessica Moss et Radwan Ghazi Moumneh (Jerusalem In My Heart), le fantastique batteur Jean-Michel Pirès (Bruit Noir) et Ben Shemie, déchainé aussi bien au micro qu’à la guitare et en vacances de Suuns, viennent épauler le trio infernal.

Et ce n’est pas fini car après quelques morceaux instrus ou chantés par Ben shemie (Black Elephant), déboule, droit et fier, le charismatique et fidèle collaborateur GW. Sok, impressionnant et embarquant, si cela était encore possible, le concert dans une autre dimension, jusqu’à un A Man Alone In A One Man Poem époustouflant. A l’instar du disque, le concert oscille entre violence et douceur, puissance et poésie.

Une grosse claque et Un très grand moment comme Oiseaux-Tempête sait si bien le faire depuis bientôt 10 ans maintenant et confirmant avec ce remarquable What On Earth (Que Diable), qu’on tient là un groupe exceptionnel  !

Oiseau-Tempête n’était bien sur pas les seuls à cette soirée Hercule, qui, comme à l’accoutumée, mit en lumière l’audace et le goût de la diversité du Festival Invisible, à l’affiche toujours aussi parfaite et éclectique. Ainsi on sera très emballé par la prestation noise et pop du trio Rien Virgule, emmené par Anne Careil, continuant son aventure malgré la douleur du décès d’un de leur membre auquel ils rendent un bel hommage avec La Consolation des Violettes sortie l’année dernière chez Permafrost et Murailles Musique.

La nuit s’achèvera également en beauté avec les sautillants bordelais de Chocolat Billy jouant avec une belle folie les meilleurs morceaux de leur excellent Le Feu Au Lac sorti en avril dernier chez le remarquable label nantais Kythibong Records, parachevant une soirée qui s’était déjà offert une belle entame avec Bas Jan, seul groupe étranger de le soirée.

C’est en effet d’Angleterre et de Londres plus précisément et ce, malgré cette saloperie de Brexit, que nous vient ce quatuor féminin emmené par la grande Serafina Steer. Belles harmonies vocales, bonne humeur et communication, le groupe réussit à lancer la soirée avec talent, leur chansons joliment troussées entre art pop et post-punk séduisant un public curieux et attentif, se préparant à une belle et longue soirée comme seul Le Festival Invisible sait nous offrir !

festival invisible                                                                                                                     Bas Jan @Beachboy


Festival Invisible 17ème Édition du 15 au 19 novembre 2022 à Brest

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Image bandeau :  Oiseaux-Tempete @Beachboy 

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