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Grandiose Bambi Galaxy !

Grandiose Bambi Galaxy

Crédit photo : Olivier Metzger

Fin septembre dernier j’ai vécu un choc avec la vidéo du premier extrait du nouvel album, Bambi Galaxy de Florent Marchet : Apollo 21. Grandiose ! Des paroles d’une noirceur angoissante presque cinématographiques. Le jugement est lourd, l’avenir fait peur. Nous embarquons dans cette navette spatiale surréaliste échappatoire. S’échapper de quoi ? De cette planète bleue, cette boule de cons ! Mais pour aller où ? Vers le vide, l’inconnu, l’angoisse … le surfait. La prise de conscience est éprouvante, émouvante. L’échappée musicale accompagnée de ses choeurs magistraux sont enivrants, nous y sommes embarqués, malmenés mais avant tout émus. Cet Apollo 21 est Fabuleux !

La modernité des mots, des images est telle que la suite de cet album ne pouvait qu’être une boîte à surprises magiques !

Florent Marchet pour moi c’était Gargilesse (2004), Rio Baril (2006), Frère-animal (2008), Courchevel (2010). Des albums de chansons française troublants, intelligents et subtiles. Mais aujourd’hui, Bambi Galaxy est le passage vers un ailleurs. Pas seulement à cause des thèmes abordés durant cet album mais aussi grâce à ces nouvelles sonorités, cet engagement encore plus puissant et cette imagination débordante. Car cet album n’est pas une suite de chansons, c’est notre histoire ou plutôt le film de notre conscience ou notre inconscience parfois.

Ah mais une question vous anime, je le sens, je le vois. Pourquoi Bambi Galaxy ? Florent Marchet explique qu’il a très vite pensé à Michael Jackson, surnommé Bambi, à sa personnalité naïve, utopique qui a posé, rapidement, des questions essentielles concernant la décrépitude de notre monde et porté l’illusion de lendemains féeriques. Evidemment, lorsque l’on reprend les idées illusoires du Bambi originel et que l’on fait l’état des lieux de la réalité des choses la chute est lourde.

La réflexion que Florent Marchet a faite et qui m’a marquée est la suivante : l’humain (…) n’est qu’un élément de la marche de l’univers. Il est très autocentré, et quand il parle de sauver la planète, la question est surtout de sauver sa peau. » et il poursuit par « je me suis aussi intéressé aux passerelles entre l’infiniment grand et l’infiniment petit. Tout ce qu’on est en train de découvrir à propos de la plasticité du cerveau m’a, par exemple, intéressé. Il y a un cosmos intérieur encore largement inexploré, et ça me fascine, la prochaine conquête ne sera peut-être pas l’espace mais cet univers intérieur.

Tous les thèmes sont donc abordés dans cet album : l’environnement, le futur, l’amour, l’argent, la famille,le présent mais aussi les émotions, les interrogations, les attentes, les envies, les dégoûts, la colère et avant tout cela notre cosmos intérieur à l’origine de toutes ces interrogations que chacun se pose plus ou moins.

Car, évidemment, comment vivre, aujourd’hui, sans se poser la moindre question sur demain ? On nous assène tant et tant que nous nous dirigeons vers un mur, que la planète se réchauffe, que l’oxygène viendra à manquer, que la population mondiale va augmenter au point de ne savoir si nous nous auto-suffiront. Comment rester serein et utopique lorsque toutes ces questions vous traversent ? Alors, si comme moi, ces interrogations vous parcourent parfois vous serez, sans nulle doute, touchée au plus profond de votre âme par cette Bambi Galaxy.

L’un des grands albums de 2014 est face à vous, ouvrez-le délicatement et laissez vous aspirer.

 

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