Chroniques Musique

Roseland, le charme « électro-barock »

Ce soir-là, j’étais en train de faire le tour de ma boite e-mail. Nous étions le 13 janvier 2022 et l’humeur était propice à la recherche de nouvelles sensations. Par réflexe téléguidé, j’avais tout d’abord jeté mon dévolu sur la prochaine sortie de Bloc Party. Dans la foulée, Cat Power m’offrait en guise de privilège un formidable florilège de reprises avant que je n’apprécie, dans un tout autre style, la promesse furieuse du groupe A Place To Bury Strangers. Bref, un programme d’écoutes de haute tenue (ça n’engage évidemment que votre humble serviteur).

Me rendant compte de l’heure tardive, je m’apprêtais à rejoindre ma chambre, lorsque je fus retenu par la lecture de cette accroche :

  Premier extrait de l’album Unsaid Words, le single Eternal Eyes s’offre un clip assez loufoque, coloré et décalé, qui vient prendre le contre-pied des paroles de la chanson dont le ton se veut, à l’inverse, relativement grave.

L’idée du décalage entre le propos et la forme me poussant à la curiosité, je lançais le clip inséré à la sollicitation. Si visuellement le teaser pouvait écorcher quelque peu la rétine, le son proposé me poussait illico au désir d’en connaitre davantage. J’étais tout bonnement tombé amoureux de Roseland, de l’univers singulier qui se dégageait de l’extrait offert à mes oreilles. Vibrations cosmiques, agitation emprunte d’une touche solennelle, mélodie sortie d’une boite à musique aux ruissellements électroniques épiques…

Tout était destiné à me faire fondre.

De l’intimement fort en terme de ressenti, bien aidé en cela par une frétillante énumération au titre de ce que j’appellerais le power-pop-rock-synthétique.

Quelques jours plus tard, je recevais le CD promo confirmant ma prédiction. J’avais entre les mains une véritable drogue et ma chère et tendre qui subissait encore mon incontrôlable mélomanie maniaque, ne pouvait qu’abonder en ces termes ; « Ah tu vois, ça au moins c’est bien ! » (sympa au passage pour les copains)

Roseland

Le projet musical, objet de ces quelques lignes, est concrètement initié, articulé et magnifié par le talent indéniable d’Emeline Marceau, artiste bordelaise nourrie d’influences fourmillantes. Unsaid Words, deuxième album de l’intéressée fait écho à la consécration d’un sacre du printemps, d’inspirations sans frontières, posées sur le fil d’un chant au voile intriguant, conducteur d’enchainements éclectiques tels une compilation d’idées débordantes de vitalités et de chevauchées sans complexe.
Illustration pertinente avec l’ultra pop d’All I Want qui conduit le passager dans une sorte d’orgie à la rythmique soutenue. Dans la même veine, Roseland force le trait d’un hymne de modernité féroce : c’est Unsaid Words terriblement attractif avec ses claviers émancipés, outre une once de mouvements rapidement contagieux. Même tempo sur le crescendo de Glide Time, reflet étoffé de l’entame. Bref, le versant d’une frénétique jubilation, peut-être encore plus sentie au gré du krautrock obsessionnel de Stop. J’en redemande pourtant encore et encore.

Dans un tout autre registre, quelques souffles plus tranquilles résonnent à la grâce d’un murmure au timbre timidement adorable (Wasted, Let It Go). Parmi les douze plages, l’auditeur trouvera également quelques parenthèses étranges bien que non dépourvues de charme. À titre personnel, je vous conseille bien volontiers les arpèges déliés de Take It Easy sur lesquels un air amouraché diffuse l’ombre d’une fraicheur subite. Le tout est enlevé par des ricochets et canons bienvenus, métaphore d’une confusion radieuse.

Voilà la magie qui opère avec Roseland, celle d’une audace sans vergogne mais bourrée de perspicacité tantôt sophistiquée, tantôt subtilement charnelle (et parfois les deux combinaisons en une seule expédition).

Je vous imagine déjà troublé lorsque ma présente recommandation aura titillé votre soif d’esthétisme séduisant et lumineux. C’est, en tous les cas, tout ce que je vous souhaite.

ROSELAND sera en concert  :
– le 26 avril à Bordeaux – Blonde Venus – Release party (avec Emily Jane White).
– le 27 mai à Dax- Chez nous
– le 11 juin à Paris – Supersonic

 


 

 

Unsaid Words – ROSELAND

Cryogène Prod – 25 mars 2022

 

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Image bandeau : Roseland

 

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