BD

Géante, un conte céleste

C‘est un beau livre, c’est une belle histoire, féministe à souhait. Géante est le nom donné par ses parents adoptifs à Céleste qui, du haut de ses 12 mètres, va affronter le monde avec force mais aussi doute et faiblesse. Signée du scénariste lyonnais Jean-Christophe Deveney et de la jeune dessinatrice espagnole Nuria Tamarit, cette bande-dessinée salvatrice parue aux éditions Delcourt, prend les traits d’une épopée courageuse. Son univers Renaissance se révèle propice à nous embarquer dans un conte à la fois enchanteur et cruel.

Une douzaine de chapitres, ouverts sur de pleines pages dessinées, rythment le parcours de Céleste. Dans le premier d’entre eux, nous faisons la connaissance de ses six frères. Ils joueront tous un rôle dans l’histoire de celle qui, au terme de son adolescence, va trouver trop étroit le terrain de jeu familial.

La voici donc qui part à la recherche de l’amour et de la liberté. Pas évident quand on est une femme, que l’on ne passe pas inaperçue et que l’on vit dans une société patriarcale. Fille, sœur et puis amante d’un prince sérénissime, Céleste va pourtant réussir à faire tomber les cœurs et les barrières. Mais à quel prix ?

Attaquée, manipulée, piégée, il lui faudra du temps et bien des ressources pour contourner les archétypes masculins ou féminins rencontrés, cesser de subir et se forger une identité.

Géante

Géante

Géante

Tel un voyage initiatique, Géante est une bande-dessinée dont le pouvoir subtil est de ne jamais juger. Elle place sa lectrice et son lecteur au sein de multiples aventures démesurées et leur fait vivre, par procuration, des situations aux issues complexes. Mais le monde qui nous entoure ne l’est-il pas ?

La BD nous fait aussi découvrir des lieux tantôt magiques, tantôt hostiles. Le chemin de la connaissance, symbolisé par l’échange de savoirs, la lecture, l’art et la science, nous invite ainsi en permanence à choisir entre la représentation du mal et celle d’un monde meilleur.

Par exemple, entre l’île aux sirènes, la ferme de la Grande ravine, le sanctuaire de Sainte-Eurexie et le fortun d’Alicastre, c’est toute une cartographie d’espaces de liberté ou de peur que nous sommes ainsi invités à braver aux côtés de l’héroïne.

Au total, 196 pages composent le récit, dont la lecture se révèle fluide et tout à fait intéressante. Un beau livre et une belle histoire, oui assurément !


 

Géante de Jean-Christophe Deveney et Nuria Tamarit

 

Delcourt, Juin 2020

 

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Image bandeau : Crédit en italique aligné à droite

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