Chronique Musique

Gonjasufi, infernale colère

Ecrit par Beachboy

Comme je suis prêt à tout pour vous convaincre d’écouter Callus, le nouvel album de Gonjasufi, je commencerais par vous dire qu’on y croise Pearl Thompson, l’ancien guitariste de Cure.

Je ne suis pas certain que les vieux Curistes s’y retrouvent complètement tant l’univers musical de la clique à Robert Smith est loin de notre bonhomme si ce n’est une certaine noirceur car Callus est sombre, très sombre, entre désespoir et colère sourde.

gonjasuficallus

 

Pour beaucoup, A Sufi And A Killer, son premier album fut une véritable claque, le disque de 2010 tout simplement à mon humble avis. 2 ans plus tard, MU.ZZ.LE, son deuxième disque confirme que Gonjasufi, le nom de scène de Sumach Ecks est un artiste majeur de la maison Warp toujours friande d’artiste décalé et large d’esprit.

Découvert auprès de Flying Lotus et The Gaslamp Killer, on note d’abord son étrange voix, qu’il aurait obtenu, selon lui, en travaillant comme professeur de yoga, on remarque aussi l’impossibilité de cataloguer l’artiste qui se ballade dans un dense nuage de fumée entre hip hop, rock et soul, entre expérimentations diverses et bricolages psychédéliques.

Callus est donc son troisième album, 19 titres enregistrés entre Los Angeles, Las Vegas et Joshua Tree et qui fleurent bon la fin du monde et le moral dans les chaussettes, de The Kill à Last Nightmare en faisant un petit détour par Devils et When I Die. Gonjasufi combat ses démons intérieurs tout en portant un regard désabusé sur l’état de notre pauvre planète.

Dès l’ouverture de Your Maker, Gonjasufi nous plonge au fond de la mine dans un univers deshumanisé à la Orwell (Is Anyone Else Tired From Working On A Slave Ship ?), Maniac Depressant enfonce le clou (Once In A While I Crack), les guitares acides se mélangent aux scratchs tordus et bidouillages infernaux .

Rock indus, lo-fi, parfois même à la limite du doom sur un morceau comme The Jinx ou The Kill, l’écoute peut se relever ardue pour qui l’écouterait d’une oreille distraite mais dès lors qu’on ose se laisser embarquer, quel plaisir de se frotter aux excellents Ole Man Sufferah, Vinaigrette, le titre le plus évident du disque avec le bondissant Krishna Punk ou encore When I Die, digne du meilleur Portishead.

Callus est l’œuvre d’un type qui vient de traverser l’enfer à cloche-pieds et a encore du mal à trouver la sortie, c’est surtout le disque d’un des musiciens les plus passionnants et audacieux de ces 10 dernières années, exigeant sans doute, fascinant certainement.

Callus est disponible depuis le 19 août chez Warp Records

 

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1 commentaire

  • Il est vrai, pour rebondir sur l’entame de ton propos cher Beachboy, que Porl est devenu Pearl (pour celles et ceux qui n’auraient pas suivi le feuilleton)

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