Littérature Francophone

Les drôles de rencontres du gardien de la Grotte

Les éditions Vanloo ont eu la très bonne idée de rééditer le premier roman d’Amélie Lucas-Gary sobrement intitulé Grotte. Nous pouvons ainsi (re)découvrir un texte très étonnant se construisant autour d’une grotte mais surtout sur son gardien. Dans de nouveaux habits conçus par Maxime Sudol, cette édition invite à s’embarquer dans un monde de fiction proche du nôtre où l’absurde perturbe notre perception. Depuis Grotte, Amélie Lucas-Gary a publié deux autres textes aux éditions du seuil dans la collection Fiction & Cie (Vierge en 2017 et Hic en 2020).

Je suis le gardien d’une grotte, je vis juste au-dessus. Dessous, c’est creux, étroit, frais, humide et silencieux. Je me répète souvent ces mots ; ils résonnent et réconfortent ma solitude.  Amélie Lucas-Gary

Seul-e.s quelques privilégié.e.s peuvent visiter cette grotte, à cause de l’usure des peintures rupestres qu’on y trouve. On pense bien évidemment à Lascaux et à ses diverses répliques. Nous suivons une succession de rencontres plus ou moins loufoques que fait le gardien. Entre la femme du président avec laquelle il aura une relation privilégiée, un terroriste célèbre ou encore Philippe Bouvard, le gardien vit de folles aventures dont Il semble ne pas s’étonner.

Ce mélange de fictions farfelues et d’approches du réel fait de Grotte un récit métaphysique tournant autour de différentes thématiques familières. La gémellité de la grotte avec sa réplique provoque une réflexion sur l’original et son double. La grotte est aussi présente dans notre imaginaire. On pense à Platon et à sa caverne mais aussi à bien d’autres exemples.

La grotte originale est donc ce lieu où tout commence et où tout peut se produire. Son gardien y est attaché au point d’en être indissociable. On peut y voir une métaphore de la création qu’elle soit matricielle ou artistique. Mais Amélie Lucas-Gary ne nous assomme pas avec des références pompeuses. Elle arrive à construire un récit drôle et ludique, qui peut nous amener à d’étranges pensées. Le propre de la littérature n’est-il pas de créer des projections fantasmatiques ?


 

Grotte d’Amélie Lucas-Gary

Éditions Vanloo, 30 septembre 2020

 

Site webFacebookInstagramTwitter

Grotte Amélie Lucas-Gary


Image bandeau : Ksenia Kudelkina Unsplash

  •  
    37
    Partages
  • 36
  •  
  •  
  • 1
  •  
  •   
Afficher plus

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page