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Aquaplaning : Rencontre avec la poésie sonore de Gu’s Musics

Ecrit par Ivlo Dark

Gu's Musics

Qui est derrière l’aventure Gu’s Musics ?  Gérald et une voix qui murmure à nos oreilles les poésies noires écrites divinement par ses compagnons de routes glissantes. L’écrivain franco-brésilienne Márcia Marques-Rambourg et le romancier Yan Kouton dont les mots résonnent au travers d’un premier album Aquaplaning que je vous recommande vivement et dont voici deux extraits mis en lumière.

L’occasion d’échanger avec le compositeur et interprète. Une entrevue qui donne l’envie irrémédiable de découvrir son univers  intense.

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– Le choix du titre de l’album, Aquaplaning, ça vient de quoi au départ ? L’évocation du danger, la perte de contrôle ?

C’est une demande que j’ai faite à Yan Kouton l’un des deux auteurs des textes de mon album. Je lui ai demandé de trouver un titre et il m’a proposé très rapidement ce titre, Aquaplaning avec un texte qui accompagne ce titre que l’on retrouve à l’intérieur du cd. Il représente assez bien la ou les thématiques de l’album avec cette image de glissade incontrôlée pouvant être aussi douce que brutale …

Ce qu’il y a d’
intangible dans
ces menaces, le
cours foudroyant
d’un reflet, c’est le
symptôme immé-
diatement refoulé.
Le gros du désastre
ne tenant plus sur
mes jambes…De tes
manières délicates qui
me sauvent un instant,
d’une bordée virulente,
d’un élan définitif.
Dieu que cette chose
m’anime et me tue.
Dieu qu’elle me porte
et me bousille. Pour
ne parler que de la
forme extérieure…
Pour n’en jeter au final
qu’une poignée à
son visage écumant.
Dans la confusion d’
un incendie intérieur.
Mal accompagné, c’est
la règle de ces douceurs
chimiques, lentement
avalées. Pour ensuite
accélérer en aquaplaning.
Et se réveiller, comment
dire, comme une moitié.
L’autre me parlant
d’un sommet, que je
désespère d’atteindre.

Yan Kouton

L’autre auteur étant Márcia Marques-Rambourg avec qui j’ai repris l’écriture de chansons fin 2012.

– L’ambiance du disque est relativement sombre. Es-tu quelqu’un de mélancolique dans la vie ou est-ce la musique qui t’amène à cet état d’esprit ?

J’ai plutôt tendance à écouter de la musique mélancolique (mineure), je n’ai jamais trop compris pourquoi ou chercher à comprendre… c’est celle qui me touche le plus. L’un de mes deux grands-pères était mineur, voilà peut-être une explication. Sinon, je suis plutôt quelqu’un de « normal » dans la vie qui n’est pas toujours aussi drôle qu’un Monty Python, hélas.

– Tu évoquais ta rencontre avec Yan Kouton et Márcia Marques-Rambourg, ces collaborations ne te donnent pas l’envie de poser tes propres mots sur ces mélodies amères ?

Ce travail d’écriture de textes, je l’ai fait dans les années 90 dans plusieurs groupes. J’ai d’ailleurs repris deux de mes chansons lors de mon showcase à Penny Lane Record Store, le 25 avril dernier à Paris. En recommençant à composer des chansons à partir de textes d’autres auteurs, je me suis retrouvé dans une situation de découverte totale en leur redonnant une nouvelle lecture. A l’origine, ils n’étaient pas écrits pour devenir des paroles des chansons. J’ai eu la liberté de leur donner une autre vie avec le plaisir immense qu’ils m’ont procuré par leurs beautés. Comme ces mots ne m’appartiennent pas mais qu’ils me touchent dans le plus profond de ma chair, je me suis retrouvé dans une situation presque « schizophrénique » à pouvoir écouter ces chansons comme si elles n’étaient pas de moi. Il n’est pas exclu que j’écrive quelques textes pour le prochain album.

– A l’écoute d’Aquaplaning j’ai ressenti des inspirations du coté de Jean-Louis Murat ou Rodolphe Burger. Des artistes qui te touchent ?

Oui j’aime bien leur travail et ces deux-là reviennent souvent quand on cherche à me rapprocher de quelques références. Mais la meilleure description, je l’ai eue il y a une semaine on m’a présenté comme le « Joe Dassin indé », ça m’a beaucoup plu …

Tu interprètes les chansons seul sur scène je crois. C’est également une contrainte vis-à-vis de l’enregistrement où tu peux te permettre de cumuler les pistes. Ceci t’oblige à repenser les arrangements ?

Oui j’ai fait le choix de mettre à nu mes chansons en les interprétants seul, guitare acoustique et voix. Ayant fait tous les enregistrements seul pour l’enregistrement de mon album, je ne me voyais pas lancer un playback musical et jouer/chanter par-dessus. Je rêve même de les interpréter avec de vrais musiciens, ça viendra peut-être …

– Chez Addict Culture notre devise est de susciter l’envie aux lecteurs. A ton tour, peux-tu nous conseiller un album, un livre, un film ?

Bonne idée d’Addict Culture… Pour l’album, je suis retombé hier soir sur un véritable chef d’œuvre, la bande originale de Once Upon A Time In The West d’Ennio Morricone et je me suis régalé une fois de plus. Je vous invite donc à vous replonger dedans… Pour le livre, j’en choisirais trois qu’on m’a offert il y a peu : Fin de partie, En attendant Godot et Oh les beaux jours de Samuel Beckett que j’ai redécouvert sous un autre angle avec l’expérience … Quant au film, il me vient immédiatement un film à mourir de rire, j’ai dû le voir 7 ou 8 fois, La classe américaine/le Grand détournement, film culte et très très drôle …

– Pour finir, des projets dans les tuyaux ?

Oui, je vais préparer mon prochain album et j’ai très envie de jouer mes chansons en live, je recherche donc des dates.

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