Addict CultureAddict Culture
Font ResizerAa
  • Accueil
  • Musique
    • Le son du jour
    • Chroniques Musique
    • Nos Playlists
    • Interviews
    • Addict Report
  • Lire
    • Littérature Francophone
    • Littérature Etrangère
    • À l’est du nouveau
    • Littérature Jeunesse
    • Brèves de lecture
    • Lampes de poche
    • Rencontres
    • BD
    • Poésie
    • Documents
      • Biographies
    • Les prix littéraires
  • Jeux de Société
  • Podcasts
    • Mort à la poésie
    • Lectures à voix haute
  • Rétrorama
  • Écrans
  • La vie d’Addict-Culture
    • Newsletter
    • Contact
    • La Team
    • Soutenez Addict-Culture, faites un don !
    • Devenir rédacteur ?
    • Pourquoi Addict-Culture ?
Font ResizerAa
Addict CultureAddict Culture
Recherche
  • Musique
    • Le son du jour
    • Chroniques Musique
    • Brèves de Platine
    • Nos Playlists
    • Addict Report
    • Interviews
    • Jour de reprise
  • Lire
    • Littérature Francophone
    • Littérature Etrangère
    • Littérature Jeunesse
    • BD
    • Documents
    • Rencontres
    • Les prix littéraires
    • Poésie
    • Revues
  • Jeux de Société
  • Écrans
    • Séries
    • Cinéma
    • Interviews
  • Podcasts
    • Mort à la poésie
    • Lectures à voix haute
  • Rétrorama
  • La vie d’Addict-Culture
  • Informations
    • Pourquoi Addict-Culture ?
    • La Team
    • Soutenez Addict-Culture, faites un don !
    • Contact
    • Devenir rédacteur ?
    • Newsletter
    • Politique de confidentialité – RGPD
Littérature Etrangère

Hillbilly Élégie de J.D Vance, humiliés et offensés dans l’Amérique de Trump

Nicolas Houguet
Par
Nicolas Houguet
Publié le 19 septembre 2017
9 min de lecture

[mks_dropcap style= »letter » size= »85″ bg_color= »#ffffff » txt_color= »#dd8500″]C[/mks_dropcap]omment est-ce arrivé ?

Telle est la mélopée que l’on se murmure depuis l’élection de Donald Trump. On pourra se désoler, agonir ses électeurs d’invectives, d’insultes et de noms d’oiseaux.

Bien peu nous a été donné pour comprendre le phénomène. Le candidat de la « rust belt » ou des « white trash ». Étiquettes au mieux un peu méprisantes et, au pire, totalement vides de sens. On s’aperçoit qu’on ignore une partie de la population, pas seulement aux États-Unis. Qu’on la toise, qu’on la paternalise, qu’on la misérabilise pour nous conforter dans notre bonne conscience.

Hillbilly Élégie de J.D Vance, paru chez Globe Éditions, vient atomiser les clichés et les idées reçues.

Hillbilly Élégie/J.D. Vance/Éditions Globe

En premier lieu parce que l’auteur y parle des siens (sa famille, ses voisins), de toute sa généalogie (de ses ancêtres irlando-écossais) sans aucune complaisance et sans aucun pathos. Le fait est qu’il vient de là, qu’il est l’un de ceux pour qui l’ascenseur social a fonctionné, il a outrepassé sa classe. Il a étudié à Yale.

Mais ses racines sont dans le pays des Hillbillies (les « péquenauds », pourrait-on traduire), entre l’Ohio et le Kentucky, dans les Appalaches.

Pour lui, ce ne sont pas des statistiques, ce sont des visages. Ce sont des souvenirs. Sa mère totalement instable et presque dangereuse. Son père qui les a abandonnés tôt. Sa sœur adorée. Ses grands parents (papaw et mamaw). Les querelles. La violence omniprésente. L’alcool. L’addiction. L’inculture. La détresse. Le racisme. La fainéantise et la colère. La haine ordinaire contre les politiques. L’état. Le dégoût. Le chômage. La bataille permanente même si elle semble perdue d’avance.

Vance donne leur voix à ceux que l’on ne connaît pas, que l’on ne peut pas connaître. On ne les voit pas. Au mieux, on leur fait la leçon pour les amender, on veut les réhabiliter, les sortir de leur chaos. Or, ils ne le veulent pas forcément. La réalité est crue, et même cruelle, et on a bien souvent l’impression de destins perdus, irrécupérables. Proche d’un état sauvage, négligé et d’un abandon universel. Une middle class ouvrière sacrifiée après le déclin des industries (fondées sur la métallurgie et le charbon) qui créaient des emplois. Une société en panne et à contresens, dont on se demande bien ce qui pourrait la faire redémarrer.

[mks_pullquote align= »left » width= »300″ size= »24″ bg_color= »#ffffff » txt_color= »#dd8500″]Un pays se définit surtout par ses invisibles et ses inaudibles. Ces forces souterraines qui œuvrent en lui, beaucoup plus profondément qu’on ne le soupçonne. [/mks_pullquote]

Ce sont des trajectoires depuis longtemps tracées, des dérapages depuis longtemps incontrôlés, des paradoxes et de l’absurde aussi. Des vies mises sous le tapis de nos certitudes. De l’humanité qui se débat ou qui renonce et qu’on laisse de côté. Au bout de tout ça, éclate parfois la rage, comme une éruption volcanique, une colère si longtemps contenue et si désordonnée que bien souvent, elle frappera avant tout ceux qui la déchaînent. Ceux qui se victimisent.

J.D Vance est conservateur, paraît-il. Et il fait entendre une voix un peu divergente, inhabituelle. Sans pathos. Car s’il est tendre avec ses semblables, il est loin de les absoudre. Le tableau qu’il dresse est même par moments celui d’une réalité assez noire. Comme on l’a rarement vue d’ailleurs (excepté au cinéma dans Winters Bone de Debra Granik, notamment).

Très vite, on se retrouve devant ce roman comme devant un témoignage, presque une étude sociologique par moments, un document qui porte en lui ce quelque chose de pourri dans le royaume. Cette élégie nous force à contempler ceux sur qui habituellement on passe, ce silence très éloigné des villes qui concentrent les lumières et les richesses. On visite ces existences comme des zones sinistrées, des endroits où la violence peut se déchaîner au moindre mot. Les endroits où l’on se bat, les familles où l’on crie. Ceux qu’on ne voit pas souvent à la télévision, sinon pour s’en moquer. On est dans un roman de lutte des classes. Ça pourrait être celui de n’importe quelle minorité au fond.

Ce qui demeure de la lecture, c’est quelque chose d’inattendu. Pas si loin des Raisins de la Colère de Steinbeck, finalement. Mais ici, c’est plus âpre. C’est le désespoir des lendemains d’utopie. C’est de la tendresse, de la bienveillance et de l’empathie. C’est de la désillusion. Les exclus du rêve Américain. Et le regard d’un « self made man » qui se souvient de ses origines.

À défaut de la partager, on la comprend, la colère, du moins on peut l’entendre, la frustration. Et la perte de repères aussi (la plupart de ces gens, à l’image du grand-père, étaient jadis démocrates, avaient une vision claire de leur place dans la société). Il est toujours facile d’être généreux et noble d’esprit quand on est bien au chaud, le ventre plein et à distance. On pourrait ressentir dans ce contexte cette même violence, avoir ces mêmes réactions de bêtes sauvages.

Ici, ce qui fait la grandeur de son récit, c’est que Vance n’excuse rien, ne donne pas de prétextes sociaux à la violence, à l’indécence ou à l’amertume. Il la décrit et la donne à voir. Par ce qu’il a vécu, par ce qu’il a formé. Par ceux qu’il a aimés surtout. Par ceux qu’il a connus. Sans les idéaliser, sans les changer, sans minorer leurs défauts, leurs abus, leurs errances, parfois même leurs crimes.

Mais il se souvient avant tout de l’attachement qu’il éprouve pour eux.

[mks_dropcap style= »letter » size= »85″ bg_color= »#ffffff » txt_color= »#dd8500″]C[/mks_dropcap]omment est-ce arrivé ?

Peut-être n’a-t-on simplement pas su dire et lire ce qu’éprouvaient ces gens et ce qu’ils ont vécu. Peut-être parce qu’on passait vite sur eux. Cette négligence (la leur aussi, qui n’est pas du tout escamotée dans le livre) est notre faute à tous. Cette élégie induit une certaine connivence, une certaine empathie et une certaine reconnaissance, un brin nostalgique (et il y a aussi de la grâce, au milieu du chaos). C’est quelque chose qu’il est nécessaire d’entendre pour ne pas céder aux invectives et aux raccourcis trop faciles, aux pensées réflexes un peu trop simplistes.

Il faut savoir entendre ce malaise-là, que l’on entendait finalement déjà dans Humiliés et offensés de Dostoïevski ou le Germinal de Zola.

Tout ça existe encore. Et tout ça recommence. Il est plus qu’urgent de regarder cette rage en face, tandis que doucement, elle fait basculer le monde.

Ici on comprend un peu pourquoi.

Cette étrange autobiographie, ce voyage en terre inconnue est un réveil en sursaut. Car s’ils sont loin d’adhérer à tout ce que leur président représente, il fut le premier à utiliser leur désarroi et à faire mine de l’entendre. Il a bâti son succès dans ce no man’s land, cette humanité en friche. Et le pire, c’est qu’en refermant le livre, on comprend toutes les forces qui ont mené à la fatalité de sa victoire.

Pour la première fois peut-être, on pense à des visages.

Hillbilly Élégie de J.D Vance,

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Vincent Raynaud paru chez Globe Éditions.

Etiquetteséditions GlobeHillbilly ElégieJ.D VanceRentrée littéraire 2017
Partager cet article
Facebook Pinterest Whatsapp Whatsapp Email Copier le lien Imprimer
Aucun commentaire Aucun commentaire

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le son du jour

The Lemon Twigs
The Lemon Twigs – 2 Or 3
Beachboy
Par
Beachboy
13 avril 2026

Annonce

La playlist du moment

Playlist hiver
Playlist du printemps 2026 #01
Lilie Del Sol
Par
Lilie Del Sol
10 avril 2026

Suivez-nous sur les réseaux sociaux

facebook
Facebook
youtube
Youtube
instagram
Instagram
spotify
Spotify
deezer
Deezer

Mort à la Poésie - Le podcast

Épisode 119 : Marie HL
Barz
Par
Barz
18 janvier 2025

Addict-Culture a besoin de vous !

Avez-vous lu ?

Pop Crimes - Promises
Pop Crimes – Promises
Le son du jour
Casse-têtes addictifs sur la Bankiiz !
Jeux de Société
The Twilight Sad
The Twilight Sad, après la nuit
Chroniques Musique
Ora Cogan, dure et douce à la fois !
Brèves de Platine

Étiquettes

2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2023 2024 2025 Actes sud Actu actualité album album 2015 article automne automne2023 automne2024 automne2025 automne 2025 bandcamp bande dessinée Barz Diskiant BD beachboy chronique chroniqueur cinema concert critique culture David Bowie deezer del Differ-ant dominique a electro facebook festival Fire Records folk gallimard hiver interview lectures à voix haute le parisien libraire librairie lilie littérature livre livres Modulor music musique Nantes new music newmusic nouveautés musique nouvel album novembre novembre 2025 octobre octobre 2025 paris pias playlist podcast poem poetry pop poème Poésie presse printemps printemps2024 printemps2025 rentree rentrée 2023 rentrée2024 rentrée 2024 rentrée 2025 rentrée2025 rentrée Littéraire rock roman septembre2025 septembre 2025 single sol spotify spring2024 spring2025 summer summer2025 Tout un poème twitter winter youtube

Placement de publicité

Vous souhaitez placer un espace publicitaire sur notre site ? Cliquez ici.

Sur le même thème

Littérature Etrangère

Les Vrais Durs de T.C. Boyle. Une violence américaine.

2 juin 2017
Photo : jlrsousa / Flikr
Littérature Etrangère

« Oui Camarade ! » de Manuel Rui : une seule solution, la Révolution?

25 septembre 2017
Brian Evenson
Littérature Etrangère

« L’Antre », un roman schizophrénique SF de Brian Evenson

24 janvier 2023
Midwinter
Littérature Etrangère

Midwinter, le solstice de la douleur

21 mars 2018

Informations

  • Pourquoi Addict-Culture ?
  • Soutenez Addict-Culture !
  • La Team
  • Devenir rédacteur
  • Contact
  • Newsletter
  • Politique de confidentialité – RGPD

Placement de publicité

Vous souhaitez placer un espace publicitaire sur notre site ? Cliquez ici.

Instagram

Nathalie Baye 1948 - 2026 💔 #nathaliebaye #ripnat Nathalie Baye 1948 - 2026 💔

#nathaliebaye #ripnathaliebaye
Nadia Farès 1968 - 2026 💔 #nadiafares #ripnadiafa Nadia Farès 1968 - 2026 💔

#nadiafares #ripnadiafares
🎧 Le son du jour 🎧 : The Lemon Twigs - 2 Or 3 👉 @ 🎧 Le son du jour 🎧 : The Lemon Twigs - 2 Or 3
👉  @thelemontwigs @capturedtracks @epheliderp
.
.
#thelemontwigs #2or3 #capturedtracks #sondujour #music #musicaddict #musiclovers #igmusic #newmusic #instamusic

📎 https://addict-culture.com/the-lemon-twigs-2-or-3/
💚 BAM 💚: Les américains post-punk noisy pop de Rob 💚 BAM 💚: Les américains post-punk noisy pop de Robber Robber confirment tout leur potentiel avec "Two Wheels Move The Soul", leur excellent deuxième album tout juste paru chez Fire Talk !
👉 @robberrobber.info  @firetalkrecs
.
.
#robberrobber #twowheelsmovethesoul #firetalckrecords #firetalk #music #musicaddict #musiclovers  #igmusic #newmusic #instamusic

📎 https://addict-culture.com/robber-robber-two-wheels-move-the-soul-fire-talk-records-2026/
❤️ BAM ❤️: L'ex Labradford Mark Nelson signe avec ❤️ BAM ❤️: L'ex Labradford Mark Nelson signe avec ce splendide "Fly The Ocean In A Silverplane", un des sommets de Pan American, bien sûr disponible chez Kranky.
👉 @markpanamerican @krankyltd 
.
.
#panamerican #flytheoceaninasilverplane #kranly #music #musicaddict #musiclovers  #igmusic #newmusic #instamusic

📎https://addict-culture.com/pan-american-fly-the-ocean-in-a-silver-plane-kranky-2026/
🎧 Le son du jour 🎧 : Cass McCombs - Seeing The Ele 🎧 Le son du jour 🎧 : Cass McCombs - Seeing The Elephant
👉 @cassmccombs @dominorecordsfr 
 .
.
#CassMcCombs #SeeingTheElephant #worryangel #partisanrecords #partisan #sondujour #music #musicaddict #musiclovers #igmusic #newmusic #instamusic

📎 https://addict-culture.com/cass-mccombs-seeing-the-elephant/
💜 BAM 💜: MEMORIALS revient, toujours chez Fire Rec 💜 BAM 💜: MEMORIALS revient, toujours chez Fire Records, avec l'excellent "All Clouds Bring Not Rain", superbe nouvel album entre krautrock, pop et folk !

👉 @memorialsmusic @fire_records @marion_seury
.
.
#memorials  #allcloudsbringnotrain #firerecords #music #musicaddict #musiclovers  #igmusic #newmusic #instamusic

📎 https://addict-culture.com/memorials-all-clouds-bring-not-rain-fire-records-2026/
🎲✨ BAM 🎲✨ : Vous êtes orthophoniste, éducateur, ps 🎲✨ BAM 🎲✨ : Vous êtes orthophoniste, éducateur, psychologue ou tout simplement parent, et vous êtes à la recherche de jeux pour libérer la parole d'un enfant ? Cette sélection de quatre jeux pourrait vous offrir quelques précieux supports !
👉 @tailemi_games @blamedition @totemteam @crackgames_fr
 @cesco_addict

 #totem #dimoi #tailemi #crackstory #yaquastudio #mozaik #blam #jeuxdesociete #boardgames #games #play #jeux 

📎 https://addict-culture.com/quatre-jeux-totem-dimoi-crackstory-mozaik/
🎧 Le son du jour 🎧 : Cheap Teen - City 👉 @cheap_t 🎧 Le son du jour 🎧 : Cheap Teen - City
👉  @cheap_teen @howlinbananarecords @bloody_drop_rec
.
.
#cheapteen #city #howlinbananarecords #bloodydroprecords #sondujour #music #musicaddict #musiclovers #igmusic #newmusic #instamusic

📎 https://addict-culture.com/cheap-teen-city/
Suivez-nous sur Instagram

Facebook

Tous droits réservés -Mentions légales et Politique de confidentialité. - Addict-Culture 2023

Ne ratez plus nos publications !
Inscrivez-vous à notre newsletter pour recevoir toutes les infos d'Addict-Culture !
loader

musique
litterature
tout addict

J'accepte la politique de confidentialité*
Environ 1 publication par mois. pas de spam, désinscription à tout moment
Welcome Back!

Sign in to your account

Username or Email Address
Password

Lost your password?