Poésie

Amandine André et Pariah éditions, une langue du refus pour recommencer

Amandine André
Amandine André
Ecrit par Adrien Meignan

Impossessions primitives d’Amandine André dit être un texte inachevé. C’est écrit. Pourtant il est également insaisissable. Il traque et dénonce, langue à l’appui, cet effort qui voudrait nous réduire. Dans le premier mouvement, la poétesse écrit « ils s’arrangent pour extraire de nos corps la bête qu’ils veulent rendre chiot car tout ce qui est petit on le sait s’écrase plus facilement ». La volonté est de résister à ce qui veut réduire et posséder le vivant et le vivable.

© Amandine André

Le premier mouvement se veut plus politique tandis que le suivant est plus physique au sens large, physique au niveau du corps et de l’espace. On y trouve une forme de conscience écologique ou plus largement du milieu où l’homme évolue. « Quand mon souffle et les mots que j’écris et que je dis disparaissent avec oiseaux abeilles et champignons » écrit Amandine André. Il transparaît un besoin de prendre conscience de ce qui échappe et de ne pas être possédé. Ce qui est présent dès le titre avec le terme « impossessions ».

« Ils vivront dans le malheur que toutes possessions engendrent » écrit-elle plus loin. L’impossession est primitive car inévitable. La langue se déploie pour faire de la lutte contre ce « ils » une nécessité de discerner. Le texte se place dans un appel à la lutte sans être un recueil de slogans militants mais une écriture qui réfléchit sa langue.

© Zélie Péguillan Sanz

Ce livre est publié par Pariah éditions, petite maison d’édition indépendante dont il faut saluer le travail. Ses livres sont diffusés « de la main à la main » en petite économie. En plus d’Amandine André, on retrouve dans le catalogue David Huguet, Nicolas Behal Justin Delareux et Cédric Demangeot. Chacun de ces poètes justifie à sa manière l’ambition de Pariah éditions résumée sur leur site internet ainsi :

Les éditions Pariah entendent, à leur manière, contribuer à l’achèvement d’un monde : car dans les langues du refus qu’elles portent s’exprime la nécessité de recommencer.

Impossessions primitives d’Amandine André
Paru aux éditions Pariah en octobre 2018, 23 pages, format A5, couverture noire et vierge, tirage limité : 100 exemplaires

 

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