Entretiens Littérature Etrangère

Rencontre avec S.G. BROWNE l’écrivain satirique !

Écrit par Barz

En parallèle à l’article de mon comparse Gringo Pimiento sur le nouveau roman de S.G. Browne, voici une interview de l’auteur effectuée par mail (mes remerciements à Estelle Flory pour la traduction) :

Pouvez-vous vous présenter aux lecteurs français qui ne vous connaissent pas ?

S.G. Browne : Je suis un auteur contemporain de comédies noires et de satires sociales. J’aime me moquer de l’humanité par le biais du surnaturel ou d’éléments fantastiques.

Pourquoi écrivez-vous ?

S.G. Browne : J’écris parce que c’est ce que je suis censé faire. Quand je n’écris pas, je deviens irritable, grognon, voire déprimé.

Vous êtes un écrivain satirique et votre nouveau roman Fated (La Destinée, la Mort et moi…) nous questionne sur nos croyances religieuses et notre libre arbitre. Comment sont reçus vos livres aux États-Unis ? Avez-vous l’impression que votre vie est régie par des lois et des entités qui vous échappent ? Êtes-vous croyant ?

S.G. Browne : L’aspect religieux du roman n’a pas créé de grand soulèvement aux États-Unis. Les Églises et les groupes religieux ne manifestent pas devant ma porte, si vous voyez ce que je veux dire. Quant à moi, je crois fermement que je suis au contrôle de ma vie. Je me sens responsable de mes actions et de mes choix, qu’ils soient bons ou mauvais. Même si c’est toujours tentant de pouvoir blâmer quelqu’un d’autre quand les choses ne tournent pas comme vous l’espériez…

Êtes-vous engagé politiquement ?

S.G. Browne : Je n’ai pas ma carte dans un parti, si c’est la question… Mais je me considère comme libéral [au sens américain du terme, c’est-à-dire de gauche (ndt)]. Ce qui est sûr, c’est que je ne voterai pas pour Trump !

J’ai trouvé le sujet de votre livre assez proche du film d’animation Inside Out (Vice versa) des studios Pixar : nous y suivons un personnage qui est guidé par ses émotions que l’on voit agir et régir sa vie. L’avez-vous vu ?

S.G. Browne : Oui, je l’ai vu, mais bien après que mon livre a été publié. C’est un film que j’ai beaucoup aimé, autant le concept que sa mise en œuvre.

Le livre de l’écrivain américain Mark Leyner The Sugar Frosted Nutsack (Divin Scrotum, Cherche Midi, « Lot 49 », 2015) met aussi en scène des dieux millénaires ivres, désabusés, qui continuent de gouverner sans trop y croire, sans grande conviction. Pourquoi pensez-vous que ces questions soient dans l’air du temps ?

S.G. Browne : Je n’ai pas lu le roman de Mark Leyner, et je ne peux que conjecturer, étant donné que ces questions n’étaient pas réellement le moteur de l’écriture de mon roman. Peut-être qu’on est tellement déçus par nos dirigeants mondiaux qu’on essaie de redonner du sens à nos vies et de reprendre le contrôle à travers l’écriture et d’autres formes d’art. Ou peut-être que tout ça n’est que du vent…

Êtes-vous plutôt pessimiste ou optimiste quant à l’avenir de l’humanité ?

S.G. Browne : Oui. (rit) Disons que j’aime nourrir mon optimisme mais que parfois, le pessimisme s’infiltre à travers les failles. Je sais, je mélange les métaphores…

Votre livre est également – et avant tout – une histoire d’amour. Il semblerait même que l’amour soit la seule chose qui dépasse tout le reste parce que l’on arrive pas à le maîtriser. L’amour est déréglé, incontrôlable, émancipateur. C’est une valeur sûre pour l’avenir ?

S.G. Browne : En tout cas, je l’espère ! Moi je miserai sur l’amour.

Vous travaillez sur quoi en ce moment ?

S.G. Browne : Je viens de terminer deux romans. L’un est une allégorie sombre qui traite du fait de gâcher sa vie, de perdre son temps en choses non essentielles. L’autre est une comédie romantique à propos de poupées gonflables extra-terrestres…

S.G. BrowneLa Destinée, la Mort et moi, comment j’ai conjuré le sort, traduit de l’anglais (États-Unis) par Morgane Saysana, Agullo, 2016.

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