Chronique Musique

Jack Cooper, une virée musicale à Blackpool

Jack Cooper/Sandgrown/Tsouni Cooper/SP Differ-Ant
Écrit par Beachboy

Pour cette douce reprise post-estivale, je vous propose une balade du côté de Blackpool, la ville natale de Jack Cooper, qui lui a inspiré les 9 neufs chansons délicates et subtiles de Sandgrown, son premier album solo, discrètement sorti en cette fin d’été.

Son nom passe-partout ne vous dit peut-être pas grand chose, pourtant cela fait maintenant une petite dizaine d’années que Jack Cooper nous illumine de son talent au sein de quelques groupes fort recommandables.

Sa première aventure musicale commence en 2007, en compagnie de Ian Hinton-Smith, le guitariste des trop méconnus Alfie, avec lequel et quelques autres, il créée The Beep Seals, qui ne nous offrira qu’un seul album épatant sous haute influence beatlesienne, avec le grand Norman Blake de Teenage Fan Club aux manettes.

Son aventure se poursuit au sein des merveilleux Mazes qui nous le fait découvrir dans une version plus indie rock, quelque part entre les Pixies et Sonic Youth, mais confirme son sens inné de la mélodie, jouissive et mélancolique à la fois. De A thousand Heys à Wooden Aquarium, Mazes rentrent dans mon panthéon personnel et me désespèrent tant tout le monde semble passer à côté.

Heureusement, les choses s’arrangent avec Ultimate Painting, son dernier projet en date, qui rencontre enfin le succès mérité. En compagnie du tout aussi doué James Hoare (Veronica Falls, Proper Ornaments), ils nous offrent depuis 3 ans (Ultimate Painting, Green Lanes et Dusk) une jolie cuvée de chansons indie pop-rock quelque part entre le Velvet Underground et Pavement sur des disques merveilleux et indispensables.

D’ailleurs, les fans d’Ultimate Painting ne seront pas dépaysés à l’écoute de Sandgrown, dans lequel ils retrouveront ces fines mélodies, cette ambiance mélancolique qui vous poussent à l’introspection et au rêve entre rires et larmes. et ces guitares envoutantes.

Jack Cooper a vécu son enfance dans un petit village nommé Poulton le Fylde avant de partir sur Blackpool, distant d’une dizaine de kilomètres, il y travailla comme plagiste et observa ses habitants et ses touristes de plus en plus rares. Ce sont ces quelques années (il migra par la suite à Manchester) qui servent d’écrin à ces chansons enregistrées sur un 4-pistes, et pour lesquelles il ose mettre sa voix enfin en avant, ses guitares aux services de ses cordes vocales, à l’exception bien sûr de deux petits bijoux instrumentaux presque jazzys, Sandgrown Pt. 1 et Pt.2.

Les 7 chansons, du merveilleux North Of Anywhere au profond et émouvant Memphis, Lancashire, sont teintées d’une magnifique nostalgie et « empreintent » les routes pavées d’or d’un Bill Fay ou d’un Robert Wyatt. Le disque frise même au sublime sur Estuary, chanson touchée par la grâce comme jamais.

Sandgrown est un très bel album, modeste et lumineux, le genre de petites choses qu’on prendra bien garde de ranger à côté de la platine, certain d’y revenir plus souvent qu’à son tour !

Le disque est disponible depuis le 28 août chez l’épatant label Trouble In Mind Records.

Bandcamp

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