Connaissez-vous ces jeux qui semblent trop simples pour être intéressants, avant de vous attraper en plein vol au bout de trente secondes parce qu’ils sont, en réalité, malins comme tout ? Je ne parle pas du sempiternel et éculé Skyjo, mais de jeux comme P’tit Pois, édité par Blam’. À l’ouverture de la boîte, on sourit en découvrant ces graphismes de petit pois. On s’attend à une partie simple et à un jeu rapidement oublié. On joue quand même… et l’on saisit les subtilités dès la première partie. Ça y est, on vient (déjà) de se faire surprendre par ce jeu.
Le principe est limpide. Chaque joueuse possède deux tas de cartes devant lui. Chaque tas se compose d’une carte face visible et une carte face cachée. Elle a également des cartes en main. Au milieu figurent également deux tas ainsi qu’une carte « UP/DOWN » qui peut être sur l’une ou l’autre de ses faces. Si la carte est sur « UP », on doit poser des cartes crescendo (poser un 6 sur un 4 par exemple), et si elle est sur « DOWN », c’est l’inverse.
À leur tour de jeu, les joueurs peuvent poser au centre une carte, qui est issue des tas de cartes devant eux ou des cartes tenues en main. Lorsqu’ils sont bloqués, ils peuvent choisir d’inverser la carte « UP/DOWN », mais doivent piocher deux cartes. Vous l’aurez compris, piocher des cartes est un handicap puisqu’il s’agit d’une course : le premier qui aura fini les cartes placées devant lui ou celles dans sa main prendra un bel avantage puisque la partie s’arrêtera aussitôt.

La subtilité de ce jeu réside dans les deux « territoires » auxquels chaque joueur doit faire attention : les fameuses cartes visibles de tous les joueurs et celles qui sont dans sa main. À la fin de la partie, le joueur inscrit des points en fonction de la zone la moins performante. N’entrons pas davantage dans les détails des règles de ce jeu qui se comprend très bien en lisant les règles ou, mieux, en regardant une vidéo d’explication. Le jeu est subtil mais très accessible, à l’image de ses graphismes.
Ainsi, sous son apparente douceur, P’tit Pois demande une vraie gymnastique mentale. On ne bouge que certaines piles, on anticipe des chaînes de mouvements et on évalue rapidement la configuration suivante… Un vrai petit casse-tête mais jamais punitif. On peut y jouer avec des enfants dès 7 ou 8 ans, qui, sans tout optimiser, comprennent vite comment progresser. Les adultes, eux, se prennent évidemment au jeu, et finissent par tenter des séquences de mouvements impeccables pour gagner un tour ou deux.
P’tit Pois a ce talent rare d’être modulable en ambiance. On peut le jouer en papotant, en mode zen, presque comme un puzzle partagé. Et on peut tout aussi bien le transformer en course nerveuse pour voir qui réalise sa carte le plus vite. Deux expériences différentes, un seul jeu minuscule, et aucune règle supplémentaire.
Bref, P’tit Pois coche toutes les cases du jeu familial intelligent. Rapide (15 minutes maximum), ultra accessible et bien plus profond qu’il n’y paraît. Et si vous cherchez un jeu à sortir après l’école ou avant un apéro, vous venez peut-être de trouver votre nouveau classique miniature.



