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Kevin Morby – Still Life : Tour de force

Ecrit par Davcom

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Le moins que l’on puisse écrire, c’est que ce jeune homme de 26 ans – il est né le 02 avril 1988 au Texas – carbure au super. Depuis Songs Of Shame, album paru en 2009 et qui marque le début de sa collaboration avec les excellents Woods en tant que bassiste, en passant par The Babies, groupe formé avec l’ex Vivian Girls, Cassie Ramone, et ce Still Life, ce ne sont pas moins de huit albums que Kevin Morby aura paru en l’espace de seulement 5 années. Still Life fait donc suite à l’excellent Harlem River, sorti il y a moins d’un an, et qui n’en n’a toujours pas fini de tourner sur nos platines.

Le danger d’une telle productivité n’est-elle pas de nature à faire baisser l’intensité d’une qualité de production jusque-là irréprochable ? Une seule écoute de ce Still Life aura suffi à dissiper les doutes, si jamais doutes il y eut. Kevin Morby est d’une autre trempe que tous ces gens qui apparaissent et disparaissent au gré des saisons, faute de savoir quelle direction emprunter. Il est difficile de ne pas se retrouver à court de superlatifs face à une telle maturité d’écriture. Bien entendu, l’ombre du Bob Dylan période Blonde On Blonde, déjà très présente sur Harlem River, est toujours tapie en arrière-plan. Mais bien d’autres fantômes rôdent aux alentours, tels ceux de Lou Reed ou de Leonard Cohen sur le très beau Bloodsucker. The Jester, The Tramp & The Acrobat, le titre d’ouverture, effectue à merveille la transition entre le précédent album et celui-ci. The Ballad Of Arlo Jones nous rappelle, avec bonheur, l’excellent Our House On The Hill des Babies. Idem d’ailleurs pour Motor Runnin’. All Of My Life, premier single jeté en pâture au public, est une œuvre joliment désuète qui donne le ton à une deuxième partie d’album plus intimiste.

L’empreinte de quelques contemporains se fait aussi présente, tel un Cass McCombs ou un Devendra Banhart des grands jours, sur Drowning notamment. Kevin Morby nous propose donc, encore, un petit chef-d’œuvre. Ce qui, soit dit en passant, doit être sacrément irritant pour bon nombre de collègues. Dans le genre, on n’avait plus vu ça depuis une éternité. Réjouissant.

Sortie chez Woodsist le 14 octobre.

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