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« La ballade du soldat Odawaa » ou l’illusion de la terreur

Nous sommes en février 1915 et la Première Guerre mondiale bat son plein. Le soldat Odawaa est un Améridien qui fait partie du contingent canadien envoyé en Europe. Ses faits d’arme sont d’une violence inouïe. Mais ils s’avèrent redoutablement efficaces pour ses commanditaires. Tireur d’élite doué, malin et sans pitié, il fait des ravages dans les lignes ennemies.

La ballade du soldat Odawaa de Christian Rossi (au dessin), Cédric Apikian (au scénario) et Walter (pour la mise en couleurs) n’est pas qu’une ode au combat. C’est aussi un bel exercice de style qui témoigne que la galvanisation des troupes se joue aussi dans les têtes.

C’est le capitaine Ernest Keating qui a recruté Odawaa, matricule Tomahawk. Il est à la tête d’une petite armée très fière de marcher sur les traces du grand guerrier. Alors quand le colonel Desjoyaux lui demande d’utiliser l’Amérindien pour liquider Henrich Von Schaffner et sa poignée d’hommes, responsables des pires exactions possibles, il ne se montre pas vraiment enthousiaste, craignant de disperser ses forces. D’autant qu’un élément échappe au puzzle qui va se constituer progressivement : le dénommé Von Schaffner a déjà été abattu par Odawaa quelques semaines auparavant ! Pour preuve, la plaque matricule du défunt trône dans le bureau de fortune du capitaine ! Dès lors, comment expliquer l’impossible ? Le sniper ne risque-t-il pas de courir après une ombre ? C’est là toute la trame de l’histoire, qui nous conduit sur les traces ensanglantées d’une bande de voleurs de reliques assoiffée d’argent.

Odawaa

Odawaa

Odawaa

Visuellement, le western sauvage dessiné par l’auteur du Cœur des Amazones (signé avec Géraldine Bindi) constitue un bel exercice de style, nous plaçant souvent au cœur de l’action. Les cases portant les combats au corps à corps prennent place sur un fond noir, donnant au récit une belle intensité. C’est ainsi qu’on suit avec beaucoup d’attention la traque de Von Schaffner, l’attaque surprise du camp de Keating et la descente aux enfers de Chanteaume et Picot, deux soldats bizarrement éloignés de leurs lignes de combat. En filigrane : le moral en berne de soldats combatifs mais éprouvés par l’enlisement du conflit.

La ballade du soldat Odawaa puise ses sources dans des événements réels, eux-mêmes inspirés des mésaventures de héros de guerre canadiens, notamment Francis Pegahmagabow et Henry Norwest. Par ailleurs, la BD est une adaptation d’un scénario initialement écrit pour un long métrage. À retrouver donc un jour sur le grand écran ? En attendant, suivez les traces du plus efficace mais aussi du plus discret des snipers de la première guerre mondiale…


La Ballade du soldat Odawaa de Cédric Apikian, Christian Rossi et Walter

 

Éditions Casterman, 30 octobre 2019

 

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