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La fuite du cerveau : Dans les pas d’Albert le burlesque

La fuite du cerveau (Dargaud) est un régal de lecture. Signée Pierre-Henry Gomont (Malaterre), la bande-dessinée alterne pitreries en tout genre et propos scientifique un tantinet (mais un tantinet seulement) sérieux !

Voici le topo : en 1955, à la mort du génialissime Albert Einstein, père de la théorie de la relativité, le médecin qui effectue l’autopsie de son corps décide aussi d’en prélever le cerveau.

Rendez-vous compte : sous ses yeux se trouvent les méninges les plus puissantes de tous les temps ! Alors, même si Einstein avait précisé qu’à sa mort son corps ne pourrait être légué à la science, le docteur Thomas Stolz Harvey n’en fait qu’à sa tête et ne suit pas le protocole : il prend la poudre d’escampette avec sa précieuse cargaison sous le bras, bien décidé à profiter de l’occasion pour mener quelques études comparatives.

EXPRESSION@

Pierre-Henry Gomont part de cette histoire abracadabrantesque pour la distordre davantage encore en dressant le portrait d’un Stolz attachant et rapidement dépassé par les événements. Il faut dire que l’auteur a ajouté une pointe très épicée à cette histoire en imaginant le réveil du célèbre professeur, trépané mais gambadant après son cerveau.

Poursuivi par deux sbires pas très futés du FBI et malmené par un psychiatre fou, le duo improbable est bientôt rejoint par la talentueuse et belle Marianne, dont les états de service en tant que neurologue, ne demandent qu’à être confortés…

Agrémentant encore un peu plus notre plaisir de lecture, chaque chapitre est précédé d’une citation qui nous offre de retrouver dans un même ouvrage les dénommés Molière, Herman Melville, Albert Cohen et tutti quanti.

Quant au graphisme de la BD, il est aussi expressif que virevoltant, illustrant les pensées de Stolz par des allégories ou autres figures de style tout en images. Rien que la tête d’ahuri de Einstein vaut le détour. Casquette vissée sur la tête (enfin, ce qui lui en reste), regard goguenard et allure débonnaire, le professeur n’a pas son pareil pour susciter sourires et empathie,

Sa présence sympathique mais embarrassante va d’ailleurs modifier les plans de Stolz qui, après avoir prélevé le fameux organe, va s’efforcer de le conserver puis de le protéger.

De rires en rebondissements, d’expériences ratées en entourloupes réussies, La fuite du cerveau nous fait faire une sacrée balade toute en feintes burlesques, dans les recoins d’un célèbre organe cérébral et dans les méandres de l’âme humaine.


La fuite du cerveau de Pierre-Henry Gomont

 

Dargaud, Septembre 2020

 

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Image bandeau : Extrait de la couverture de la BD.

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