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La fureur dans le sang, série addictive

Ecrit par Velda

La Fureur

La fureur dans le sang (Wire in the Blood) est une série anglaise en 6 saisons diffusée de 2002 à 2008 par le réseau britannique ITV, produite par Coastal. Elle a également été programmée en France par Canal +, et est rediffusée régulièrement. Très noirs, ces films ne sont pas à mettre entre toutes les mains, mais la violence n’y est jamais gratuite. Les premiers épisodes étaient directement inspirés de romans et de personnages créés par l’auteur de polar écossaise Val McDermid, qui s’y est beaucoup impliquée.Voici un extrait d’une interview qu’elle a donnée après avoir appris l’arrêt de la série : « Année après année, Coastal (la société de production basée à Newcastle) a produit des films d’une qualité fantastique avec un budget de bouts de ficelle. Ils ont rapporté des millions de livres à l’économie du nord-est de l’Angleterre, et dans la mesure où ils sont la seule entreprise de la région qui produise des séries télévisées, cela va engendrer une perte de talents qui va bien au-delà de nos intérêts personnels. » Effectivement, cette série a été diffusée dans 30 pays différents, et ses derniers épisodes attiraient 4,5 millions de téléspectateurs. Visiblement, la qualité ne paie pas suffisamment…

L’acteur principal est Robson Green, qu’on a vu dans une autre série anglaise passionnante, Touching Evil (Les forces du mal), dont certains épisodes ont été diffusés en français, et le sont encore de temps à autre (à vous de guetter !).

Le héros de La fureur dans le sang est donc le Docteur Tony Hill, psychologue et universitaire, qui collabore avec la brigade criminelle de la ville fictive de Bradfield, dans le nord de l’Angleterre. Dans les premiers épisodes, il fait équipe avec Carol Jordan, incarnée par Hermione Norris, qui sera remplacée par Alex Fielding (Simone Lahbib). Dans la plupart des épisodes, le duo principal est confronté à un tueur en série qu’il s’agit d’arrêter avant qu’il ne récidive. Attention, pas n’importe quel tueur en série : les assassins ne manquent pas d’imagination pour masquer leur personnalité et déjouer les capacités psychiques étonnantes dont fait preuve le docteur Hill. En effet, ce dernier a la particularité de pouvoir entrer en empathie avec le tueur  afin de mieux anticiper sa pensée et son action. Il va de soi qu’il a bien du mal à convaincre ses collègues policiers cartésiens de la crédibilité de ses hypothèses. D’autant que le docteur Hill est un drôle de bonhomme, peu soucieux des convenances, quelque peu sociopathe, et qu’il a parfois des réactions surprenantes.

Robson Green a réussi là une belle création avec ce « profiler » aux yeux troublants, sa silhouette hésitante, son bras toujours prolongé d’un sac en plastique bleu rempli de dossiers. Si un psychologue se penchait sur son cas, il aurait du travail : car son atout maître, sa capacité d’empathie avec les criminels et leurs victimes, lui fait mener une vie franchement épuisante, avec ses insomnies, ses crises d’angoisse et ses visions souvent prémonitoires.

Attachant, intriguant, le Dr Hill mériterait une aussi belle carrière que son compatriote le Dr House ! Avec les policiers, il forme une équipe singulière, où la défiance le dispute à l’admiration. Les intrigues sont très travaillées, et les meurtriers sont toujours des personnalités insondables, jamais des monstres inhumains. Ses méthodes peu orthodoxes le mettent sans cesse en danger, aussi bien physiquement que psychologiquement.

Quant à la mise en scène, en fait elle varie beaucoup en fonction des épisodes, puisque pas moins de 8 réalisateurs se sont lancés dans l’aventure. Ainsi, certains épisodes bénéficient (ou souffrent, selon les goûts) d’une réalisation ultra rapide, avec des mouvements de caméra étourdissants. D’autres, en revanche, font la part belle aux plans plus longs et s’appesantissent d’avantage sur les personnages.

Globalement, ces derniers sont tous particulièrement réussis et constituent une équipe qu’on a hâte de retrouver d’épisode en épisode. Quant aux criminels, ils constituent une galerie de portraits unique en son genre. L’évolution des relations entre les différents personnages est rendue avec sensibilité, notamment celle entre le Dr Hill et Carol Jordan, puis Alex Fielding, conférant à la série un aspect affectif à la fois très fort et subtil.

Inutile de le cacher, La fureur dans le sang est une série très noire, et on dira pudiquement qu’elle n’est pas destinée aux enfants. Le suspense y est très efficace, les personnages se mettent vraiment en danger, et il est bien rare qu’on arrive à deviner la fin. Pour terminer, une mise en garde : cette série formidable est véritablement addictive : gare à ne pas devenir « accro »…

Les 5 premières saisons de la série sont disponibles en DVD (Studio Canal)

 

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