Littérature Etrangère

 » La Main de Dieu  » de Valerio Varesi : une lutte noire entre la montagne et la modernité

Comment imaginer un été réussi sur le sable avec un bon polar ? Et bien peut-être en emmenant la montagne à la mer ! C’est en tout cas ce que nous propose Valerio Varesi dans ce nouvel épisode des tribulations du Commissaire Soneri.
Après qu’un mystérieux corps se soit échoué en plein centre de Parme sous le Ponte di Mezzo le jour de la Saint-Hilaire, traditionnellement dédié à la dégustation de petits gâteaux en forme de chaussures, le célèbre policier part sur la piste d’une mystérieuse camionnette dans le massif des Apennins. Si cette enquête va le conduire à remonter géographiquement le cours du fleuve qui a charrié le cadavre jusqu’à la cité du jambon et du célèbre fromage, c’est également à la généalogie du mal qu’il va devoir s’attaquer.

En effet, abandonnés par la modernité, les villages du fond de cette vallée n’abritent plus que quelques irréductibles autochtones qui considèrent que la forêt leur appartient et voisinent de façon assez délicate et improbable avec ceux qui, fuyant les villes, pensent au contraire que ceux sont eux qui lui appartiennent et qu’il est urgent de revenir à une vie où l’argent serait enfin banni au profit du retour à l’économie de troc. On pourrait imaginer ces deux moitiés du monde difficilement réconciliables et peu en mal de rencontres mais ce serait sans compter sur la drogue, le sexe, les petites magouilles entre amis et Dieu lui-même qui vont in fine embarquer tous les personnages dans un huis clos enneigé.

L’intrigue file vite et les personnages sont attachants voire un brin iconoclastes. Portant un regard plutôt pessimiste sur l’Italie dont il qualifie l’image de « parfaite » mais « la substance [… ­] pourrie », Varesi n’épargne évidemment pas le monde comme il va, soumis aux diktats de l’argent et de la modernité. Il nous montre comment, à l’instar du reste de la planète, cette vallée mythique qui fût celle des partisans et des pèlerins semble diablement avoir perdu son âme. Il était ainsi peut-être nécessaire qu’en plus de la loi des hommes que défend bec et ongles le Commissaire Soneri, La Main de Dieu lui vienne en aide !!


 

La Main de Dieu de Valerio Varesi 

traduit  de l’italien par Florence Rigollet

 

Agullo, 5 mai 2022

 

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Valerio Varesi


Image bandeau : Photo by wen chen on Unsplash

 

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