Addict CultureAddict Culture
Font ResizerAa
  • Accueil
  • Musique
    • Le son du jour
    • Chroniques Musique
    • Nos Playlists
    • Interviews
    • Addict Report
  • Lire
    • Littérature Francophone
    • Littérature Etrangère
    • À l’est du nouveau
    • Littérature Jeunesse
    • Brèves de lecture
    • Lampes de poche
    • Rencontres
    • BD
    • Poésie
    • Documents
      • Biographies
    • Les prix littéraires
  • Jeux de Société
  • Podcasts
    • Mort à la poésie
    • Lectures à voix haute
  • Rétrorama
  • Écrans
  • La vie d’Addict-Culture
    • Newsletter
    • Contact
    • La Team
    • Soutenez Addict-Culture, faites un don !
    • Devenir rédacteur ?
    • Pourquoi Addict-Culture ?
Font ResizerAa
Addict CultureAddict Culture
Recherche
  • Musique
    • Le son du jour
    • Chroniques Musique
    • Brèves de Platine
    • Nos Playlists
    • Addict Report
    • Interviews
    • Jour de reprise
  • Lire
    • Littérature Francophone
    • Littérature Etrangère
    • Littérature Jeunesse
    • BD
    • Documents
    • Rencontres
    • Les prix littéraires
    • Poésie
    • Revues
  • Jeux de Société
  • Écrans
    • Séries
    • Cinéma
    • Interviews
  • Podcasts
    • Mort à la poésie
    • Lectures à voix haute
  • Rétrorama
  • La vie d’Addict-Culture
  • Informations
    • Pourquoi Addict-Culture ?
    • La Team
    • Soutenez Addict-Culture, faites un don !
    • Contact
    • Devenir rédacteur ?
    • Newsletter
    • Politique de confidentialité – RGPD
Les prix littérairesLittérature Francophone

« La Serpe » de Philippe Jaenada : l’art de la mémoire, de la justesse, de la nuance

Nicolas Houguet
Par
Nicolas Houguet
Publié le 15 novembre 2017
9 min de lecture

[mks_dropcap style= »letter » size= »85″ bg_color= »#ffffff » txt_color= »#dd3333″]P[/mks_dropcap]hilippe Jaenada est un écrivain extraordinaire. En cela qu’il vous embarque dans son univers, dans sa vie, dans sa folie et dans ses obsessions. Il a reçu pour son dernier roman La Serpe, paru chez Julliard, le prix Femina. Et alors qu’autour de chaque remise de prix s’élèvent des polémiques assez automatiques, des marronniers aussi saisonniers que les résultats du bac, celui-là a semblé contenter tout le monde. C’est bien parce que c’est lui que même les esprits les plus chagrins n’ont pu que sourire et applaudir.

La Serpe" de Philippe Jaenada

Pourtant, ce n’était pas gagné. Le héros, dénommé Henri Girard, s’avère de prime abord assez détestable, et Jaenada se montre d’abord assez peu intéressé par le destin de cet enfant gâté d’une famille qu’il a contribué à ruiner. Il fut l’auteur du Salaire de la peur, puis un journaliste engagé, notamment à propos des prisons. Lorsque son ami Manu, petit fils de Henri, parle à l’auteur de cet aïeul et l’invite à lui consacrer un roman, Philippe n’est pas emballé. Jusqu’à ce que son copain lui dise qu’il a été mêlé à un meurtre, celui de toute sa famille, et qu’il en a été acquitté, grâce à la défense d’un fameux avocat, Maurice Garçon.

La curiosité de l’écrivain est piquée au vif. Il va faire le voyage jusqu’à ce château d’Escoire, dans le Périgord, encore marqué par le souvenir de ce crime. Il entreprend le périple dans une voiture de location approximative, tourmenté par un voyant capricieux sur le tableau de bord, donnant lieu à ces digressions hilarantes qui le rendent si attachant.

Le meurtre qui l’amène à ce lieu fut absolument glaçant, barbare, un affreux bain de sang, un massacre à coups de serpe. Henri en était le coupable idéal. Tout l’accusait, absolument tout. A commencer par sa réputation catastrophique. Un panier percé imprévisible, irascible, caractériel, qui ne cessait de profiter de la générosité de son père (qui fut l’une des victimes, avec sa tante et leur bonne). Henri profitait de leur indulgence et de leur main toujours secourable. Ayant perdu sa mère adorée assez tôt, son père n’a pas su immédiatement parler avec ce fils au caractère difficile. Ce dernier fait songer à ces noceurs, irresponsables, incontrôlables et ingrats, qu’il est impossible de sauver d’eux-mêmes. Il porte en lui le désastre. Sa mise en cause et ses curieuses réactions n’étonneront finalement personne, tant l’individu paraissait grandement antipathique. A mi-chemin du roman, votre opinion de lecteur est faite. Il faut condamner ce sale type aux mauvaises manières que tout accable. Pas besoin d’y passer des heures. C’est l’évidence.

Or Philippe Jaenada n’a pas pour habitude de s’agglutiner avec les loups en hurlant « à mort » à destination du bouc émissaire qu’on leur aura désigné. Alors, ainsi qu’il l’avait fait pour Pauline Dubuisson dans La Petite Femelle, il va revenir sur chaque certitude, chacune des vérités que l’on croyait acquises et vous faire passer vos envies de guillotine. C’est cette intelligence du cœur qui l’empêche d’épouser le cliché, cette tendresse, ce sourire qui transparaît à chaque moment, qui souvent, fait songer à Georges Brassens. Cette manière de faire un pas de côté devenu si rare en nos temps de réseaux sociaux hystériques et arbitraires.

Jaenada va reprendre l’affaire, la rouvrir le temps d’un roman, avec la ténacité d’un inspecteur Colombo qui serait gagné par l’obsession d’une réhabilitation et d’une intime conviction. Il va se passionner pour des détails, pour les minutes du procès, pour chaque témoignage, pour l’agencement des pièces dans le lieu du crime, pour tout. Et on le suit comme dans un grand Cluedo. Il ne se dépare jamais de sa malice. De ces apartés qui sont comme des respirations dans son enquête dense et touffue.

A travers cet évènement, il ressuscite une époque, une France disparue. C’est un brillant raconteur d’histoire, en cela qu’il ravive incroyablement le souvenir et les codes d’un passé qu’on oublie. Et dans cet aller-retour permanent entre son présent et celui de Henri Girard, il rend à ce personnage toute sa complexité, toutes ses nuances. Car s’il a été acquitté, on a toujours cru que c’était davantage dû à la virtuosité de son avocat qu’à son innocence.

Cet homme que, dans un premier temps, on détestait comme tout le monde, on entend peu à peu sa voix. Ou plutôt ce qu’il n’a pas dit. Car au fond, il n’a jamais voulu revenir sur cette affaire. Henri a changé son nom pour adopter celui de Georges Arnaud (le prénom de son père et le nom de sa mère), il a été se ruiner en Amérique du sud, avant de se refaire une réputation dans le Paris littéraire des années 50 (notamment grâce au film de Clouzot, que Jaenada ne porte décidément pas dans son cœur, même si, une nouvelle fois après La Petite Femelle, il le croise). Et le massacre du château d’Escoire marque la grande césure de son existence. Le soupçon pèsera toujours sur lui.

Philippe Jaenada œuvre à déceler la vérité de cet homme sous la rumeur (ainsi qu’il l’avait fait pour Pauline Dubuisson). En enquêteur absolument minutieux. Il a la responsabilité des destins qu’il choisit de raconter. Il a ce côté justicier méticuleux. En vérité, jamais on ne plonge à ce point au cœur d’une affaire criminelle. Ici, on suit tout de sa recherche dans les archives. On voit sa conviction se former. Et surtout, il réussit le tour de force de changer notre regard sur cet homme, et les jugements que dans un premier temps, il semblait partager. Le lecteur admet peu à peu avec l’auteur qu’il a pu se tromper sur le compte de Henri Girard.

Ce n’est pas la moindre des prouesses de ce roman.  Et c’est là qu’il devient bouleversant. Notamment quand il évoque l’amour qui transparaît des lettres échangées entre Henri et son père, son « vieux Georges », extrêmement émouvantes. Et qui cadrent si peu avec ce détestable garnement pétri d’ingratitude que l’on avait connu d’abord. Finalement, c’est aussi un roman sur les liens et les secrets au sein d’une famille. Toujours insondables, toujours tourmentés, dans ce clair-obscur que l’opinion publique ne pourra jamais voir. Parce qu’on ne peut jamais vraiment se détacher de ces humanités-là. Au fond, ils ne sont pas loin de nous ressembler ces gens. De lui ressembler à lui aussi, notamment, quand il évoque son propre fils, et nous fait partager son monde.

Et Philippe Jaenada, avec sa justesse, son humour, sa bienveillance, sa manière de contredire les idées reçues, permet de s’émouvoir d’un passé que l’on ignorait. Il met des noms sur des visages qui s’effaçaient peu à peu dans l’oubli ou dans l’opprobre. Le récit de ce crime devient celui d’une grande nuance, d’une grande humanité, qui interroge notre rapport aux informations, à la rumeur, au passé, à la famille, à la vérité et à nos certitudes.

« La Serpe » de Philippe Jaenada

paru aux éditions Julliard, août 2017.

Etiquettes2017éditions JulliardLa SerpePhilippe JaenadaPrix femina 2017roman
Partager cet article
Facebook Pinterest Whatsapp Whatsapp Email Copier le lien Imprimer
Aucun commentaire Aucun commentaire

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le son du jour

Bibi Club
Bibi Club – J’Arrive A La Ville
Beachboy
Par
Beachboy
10 octobre 2026

Annonce

La playlist du moment

playlist automne 2026
Playlist de la rentrée 2026 et de l’automne #01
Lilie Del Sol
Par
Lilie Del Sol
1 octobre 2026

Suivez-nous sur les réseaux sociaux

facebook
Facebook
youtube
Youtube
instagram
Instagram
spotify
Spotify
deezer
Deezer

Mort à la Poésie - Le podcast

Épisode 119 : Marie HL
Barz
Par
Barz
18 janvier 2025

Addict-Culture a besoin de vous !

Avez-vous lu ?

Forever Love de Anaïs Schenké et Aziliz Kondracki
Forever Love, la BD qui s’intéresse à la télé-réalité
BD
Dééfait, première victoire !
Brèves de Platine
Ryley Walker - Carrier
Ryley Walker – Carrier
Le son du jour
L’introuvable point final de Lucie Rico
Littérature Francophone

Étiquettes

2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2023 2024 2025 Actes sud Actu album album 2015 article automne automne2023 automne2024 automne2025 automne 2025 bandcamp bande dessinée Barz Diskiant BD beachboy bookstagram chronique chroniqueur cinema concert critique culture David Bowie deezer del Differ-ant electro facebook festival Fire Records folk gallimard interview le parisien librairie lilie littérature livre livres manga Modulor music musique Nantes newmusic new music nouveautés music nouveautés musique nouvel album novembre novembre 2025 octobre octobre 2025 pias playlist podcast poem poetry pop poème Poésie presse printemps printemps2024 printemps2025 printemps2026 printemps 2026 rentree rentrée 2023 rentrée 2025 rentrée2025 rentrée 2026 rentrée Littéraire rock roman septembre2025 septembre 2025 single sol spotify spring2024 spring2025 spring2026 spring 2026 summer Tout un poème twitter winter youtube éditions sarbacane

Placement de publicité

Vous souhaitez placer un espace publicitaire sur notre site ? Cliquez ici.

Sur le même thème

voltaire
BDLes prix littéraires

Voltaire Amoureux : entre les bulles, son cœur balance…

25 janvier 2018
Brian Evenson
Littérature Francophone

Brian Evenson, des nouvelles pour un voyage incertain dans l’étrange.

25 juin 2024
Littérature Francophone

I don’t wanna be your dog- L’amour et les forêts d’Eric Reinhardt

13 novembre 2014
Dr Seuss
Les prix littérairesLittérature Jeunesse

Dr Seuss, le plus grand auteur jeunesse américain, enfin publié en France !

15 juin 2018

Informations

  • Pourquoi Addict-Culture ?
  • Soutenez Addict-Culture !
  • La Team
  • Devenir rédacteur
  • Contact
  • Newsletter
  • Politique de confidentialité – RGPD

Placement de publicité

Vous souhaitez placer un espace publicitaire sur notre site ? Cliquez ici.

Instagram

💜 BAM 💜: Les Néerlandais de Tramhaus sont de retou 💜 BAM 💜: Les Néerlandais de Tramhaus sont de retour avec un 2ème album véritablement électrique et emballant. Si vous souhaitez en savoir plus, explications en mode expresso par Ivlo. 
👉 @tramhaus.rtm  @vicious_circle_records  @coldivlo 
.
.
#tramhaus  #blister #viciouscircle #music #musicaddict #musiclovers  #igmusic #newmusic #instamusic

📎https://addict-culture.com/tramhaus-blister-vicious-circle-2026/
🎧 Le son du jour 🎧 : Bibi Club – J’Arrive A La Vil 🎧 Le son du jour 🎧 : Bibi Club – J’Arrive A La Ville 
👉 @bibiclubmusic  @secretcityrecords  @boogiedrugstore 
.
.
#bibiclub #jarrivealaville #secretcityrecords #music #musicaddict  #musiclovers  #igmusic #newmusic #instamusic

📎https://addict-culture.com/bibi-club-jarrive-a-la-ville/
💜 BAM 💜 : Dééfait passe au grand format pour un pr 💜 BAM 💜 : Dééfait passe au grand format pour un premier album magistral, à découvrir chez Ici D'Ailleurs !
👉 @deefait_df  @icidailleurs  @martingalemusic  @sebgobi70 
 .
.
#deefait #dééfait #icidailleurs #music #musicaddict  #musiclovers  #igmusic #newmusic #instamusic

📎https://addict-culture.com/deefait-album-ici-dailleurs-2026/
💙 BAM 💙: Derrière un meurtre, il n'y a pas toujour 💙 BAM 💙: Derrière un meurtre, il n'y a pas toujours qu'un mobile. Et pas toujours un seul coupable. Quand l'environnement qui pousse au crime en dit long sur la société, il convient de s'y intéresser avec, par exemple, les deux récents true crime aux éditions 10/18.
👉  @editions1018  @cesco_addict 
.
.
#truecrime #latueriedauriol #lemeurtredujoueurdechecs #sarahfinger #jacquesdenis #1018 #editions1018 #livresdepoche #bookstagram  #instabooks 

📎https://addict-culture.com/true-crime-10-18-poche/
🎧 Le son du jour 🎧 : Junebro Kate - Paris 👉 @june 🎧 Le son du jour 🎧 : Junebro Kate - Paris 
👉 @junebrokate  @le.cap_rp 
.
.
#junebrokate #paris #sondujour #music #musicaddict #musiclovers #igmusic #newmusic #instamusic

📎https://addict-culture.com/junebro-kate-paris/
⚡🃏🎲✨ BAM ⚡🃏🎲✨ : Quelques cartes, quelques dés, des ⚡🃏🎲✨ BAM ⚡🃏🎲✨ : Quelques cartes, quelques dés, des objets à manipuler et surtout des règles que l’on comprend très rapidement. Voici quatre jeux d’ambiance dynamiques qui accompagneront à merveille vos prochaines soirées entre amis.

👉 @ericolsengames  @catch_up_games  @oinkgames_tokyo  @cars_ten_rohlfs 
 @gigamic_france  @paulschulzgames  @cesco_addict 

#flip7 #catchupgames #insider #oinkgames #quidesmieux #gigamic #dropolter #jeuxdesociete #boardgames #games #play #jeux 

📎https://addict-culture.com/quatre-jeux-dambiance-dynamiques-pour-les-soirees-entre-amis-dro-polter-qui-des-mieux-insider-flip7/
❤️ BAM ❤️: C'est un environnement captivant que no ❤️ BAM ❤️: C'est un environnement captivant que nous présente Grégoire Gerstmans à travers "Éternité", album dans une veine néo-classique véritablement à l'épure.
👉 @gregoiregerstmans @pias_france @pias @coldivlo
.
.
#GrégoireGerstmans #eternité #pias #music #musicaddict #musiclovers #igmusic #newmusic #instamusic

📎https://addict-culture.com/gregoire-gerstmans-eternite-pias-2026/
🎧 Le son du jour 🎧 : Michael Wookey - Muddles Up 🎧 Le son du jour 🎧 : Michael Wookey - Muddles Up 
👉  @michaelwookey  @weareuniquerecords  @la_centrifugeuse 
.
.
#michaelwookey #muddlesup #weareunique #lacentrifugeuse #sondujour #music #musicaddict #musiclovers #igmusic #newmusic #instamusic

📎 https://addict-culture.com/michael-wookey-muddles-up/
💜 BAM 💜 : Vanishing Twin élabore son propre univer 💜 BAM 💜 : Vanishing Twin élabore son propre univers sonore sur le passionnant "Archives", 6ème album en forme de labyrinthe ludique et audacieux. À écouter chez Fire Records, bien sûr !
👉 @vanishingtwinmusic  @fire_records  @marion_seury  @sebgobi70 
 .
.
#vanishingtwin #archives #firerecords #music #musicaddict  #musiclovers  #igmusic #newmusic #instamusic

📎https://addict-culture.com/vanishing-twin-archives-fire-records-2026/
Suivez-nous sur Instagram

Facebook

Tous droits réservés -Mentions légales et Politique de confidentialité. - Addict-Culture 2023

Ne ratez plus nos publications !
Inscrivez-vous à notre newsletter pour recevoir toutes les infos d'Addict-Culture !
loader

musique
litterature
tout addict

J'accepte la politique de confidentialité*
Environ 1 publication par mois. pas de spam, désinscription à tout moment
Welcome Back!

Sign in to your account

Username or Email Address
Password

Lost your password?