
Lambchop
Punching The Clown
City Slang
21 Août 2026
Quand une très, très vieille chanson entendue à la radio quelque part du côté de Nashville et à peine identifiable transporte tellement son auditeur qu’il en fait le modèle à suivre pour son nouvel album, on peut se dire qu’on est là en présence d’un drôle d’artiste.
C’est bien le cas puisque, derrière le volant, se trouvait Kurt Wagner, Monsieur Lambchop en personne, qui y trouva l’inspiration pour s’embarquer dans un 16ème disque intitulé Punching The Clown, quatre ans après The Bible.
Vu d’où viennent ces 12 nouvelles chansons, Lambchop se réinvente complètement, exit l’auto-tune de la dernière décennie, on retrouve les racines folk et country du début autour de Kurt Wagner et de son fidèle Andrew Broder et sa guitare. Il fallait un troisième musicien , au banjo, et bien, c’est tout simplement Justin Vernon, alias Bon Iver qui s’y colle (très brillamment) !
Quelques chœurs arrangés par Blake Morgan, quelques lignes de basse ici ou là et une splendide production de Ryan Olson et rien de plus, simplicité des moyens, beauté du résultat.
Car oui, Punching The Clown est un très bel album, mon préféré depuis Mr. M en 2012., et ce, dès l’entame du merveilleux Just West Of Nicollet, qui nous plonge de suite dans un bain d’émotions tout en légèreté et mélancolie. A Doctor In The House encore plus dépouillé met en avant la voix unique, légèrement fêlée et vibrante de Kurt Wagner à peine marquée par le poids des ans (40 ans de carrière tout de même…). Le splendide premier single Weakened était annonciateur d’un très grand disque, le tout dernier, Stella, qui le suit sur le disque, le confirme puissance mille !
l’alchimie guitares/banjo marche parfaitement, les chœurs soulignent en arrière-fond les mélodies majestueusement fragiles, tandis que Wagner nous embarque dans ses moments de vie d’un bout à l’autre des États-Unis, parfois émerveillé, souvent désabusé. Difficile de ne pas verser une petite larme sur Andrew Jackson Asshat ou Afterburner, difficile de résister à The New World Wave, tsunami d’émotions.
Lambchop revient à ses racines, porté par un Kurt Wagner aussi impressionnant par sa plume que par sa voix, nous offrant avec Punching The Clown, un de ses plus beaux disques, le plus nu et aride en apparence mais aussi pas loin d’être le plus touchant, To Do ou No Chicago, les deux derniers morceaux du disque s’immisçant sans hésitation dans les plus belles pièces de Kurt Wagner !



