Chronique Musique

L’épée, projet à double tranchant

L'épée
L'Épée / Medhi Benkler
Ecrit par Poulpy

C’est un projet qu’on n’avait pas vu arriver, même si on aurait pu se douter de la rencontre, tant ces deux là naviguent dans les mêmes eaux. Imaginez un peu l’affiche de rêve, d’un coté les Limiñanas, de l’autre, Anton Newcombe, leader chanteur des Brian Jonestown massacre, et au centre Emmanuelle Seigner.

Certes, les deux premiers avaient déjà collaboré sur le dernier album en date du groupe, et toute la bande avait enregistré le morceau Shadow people, mais cette cette fois ci, la rencontre a donné lieu à un album entier et à la création d’un groupe au nom surprenant de L’Epée.

Alors oui, certes, vous allez rétorquer que Emmanuelle Seigner, ça le fait moins, néanmoins, l’actrice chanteuse, s’était déjà fendu d’un fort sympathique album aux tendances pop, en 2007, avec Ultra orange.

Donc, c’est excité comme une puce que l’on attendait cette collaboration entre le roi du psyché et nos chouchous français, souvent évoqués sur Addict-Culture. Le projet s’appelle donc L‘Epée, et a déjà proposé, en mai, un EP, Dreams qui nous avait bien alléché. Chouette single, hyper sixties tant dans l’orchestration que dans la voix, parfait pour annoncer l’album.

Entre-temps, il y a eu  un second single, Last picture show, qui clôturera l’album, nous y reviendrons.

Et donc il y a cet album, éponyme, qui s’ouvre avec Une lune étrange et qui nous plonge directement dans le sujet avec la voix envoûtante d’Emmanuelle Seigner, pour un pur morceau psyché avec une belle guitare sortie des sixties et des sons vintage, (des sitars?). Belle entrée en matière pour situer l’ambiance de l’album.

Lou est assez languissant, chanté en français, avec un mur de son psyché, c’est un morceau lancinant, un peu lugubre. Lou est évidemment une référence à Lou Reed, et la bio du groupe nous rappelle le groupe est fan de Rock n roll du Velvet qui raconte l’histoire d’une fille sauvée par le rock.

La brigade des maléfices est assez typique des Limiñanas, avec ce phrasé parlé et son histoire étrange qui voit défiler moult personnages bigarrés, dont les fameux shadow people, le tout soulignés par un larsen lancinant et plusieurs guitares planantes.

On dansait avec elle est une sorte de berceuse, co chantée avec Bertrand Belin qui cosigne le titre. A noter que plusieurs textes de cet album sont signés par notre crooner préféré, déjà présent sur le dernier album du groupe, et c’est toujours un plaisir de le retrouver. Sinon, la plupart des textes sont signés par Lionel Limiñana et les musiques de l’album sont co signées Lionel Limiñana et Anton Newcombe.

Sur Ghost rider, on sent le groupe qui se lâche sur un morceau fantomatique chanté en anglais, ou l’on croise des créatures aussi diverses que des aliens, des anges noirs et évidemment le ghost rider du titre, le tout au doux refrain de : « yes i’m dead », tout un programme !

C’est un album qui alterne les ambiances, tantôt dans une veine psyché sombre à la Brian Jonestown Massacre, tantôt dans une veine pop sixties entraînante, comme ce Springfield 61, au chant naïf, avec ses cloches qui rappellent Messe pour le temps présent, mais qui cache une chanson moins anodine qu’il n’y parait, le Springfield en question étant un sacré fusil, il est aussi fait mention de calibre 44. Springfield 61 ou comment cacher une ode guerrière derrière une apparence guillerette?

Une des nombreuses réussites de cet album est aussi due à cette alternance des langues dans les chants, tantôt anglais et tantôt français, voir pas de chant du tout comme pour Un rituel inhabituel  instrumental au format très rock, plutôt court dont on sent pourtant bien qu’il pourrait s’étirer en concert, dans une longue transe.

C’est déjà la fin avec Last Picture show, le second single, hyper pop et hyper pêchu, qui termine l’album de manière plutôt joyeuse. Avec même quelques références aux New York Dolls !

Bon, soyons honnêtes, c’es un chouette album vintage, riche par ses ambiances, riche par ses chants, mais même si sur certains morceaux la pâte psyché de Anton Newcombe se fait sentir, on a quand même l’impression d’écouter un nouvel album des Limiñanas. Ceci dit, le son est top et les morceaux pop à souhait, L’épée nous permet de prolonger l’été, même à la rentrée. Ça  reste un super disque que l’on recommande chaudement.

Diabolique par L’épée
Because music, sortie le 06 septembre 2019

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