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Les brèves de lecture du 21 janvier

Retrouvez les brèves de lecture de l’équipe de chroniqueurs littéraires. L’occasion de revenir sur des lectures marquantes de ces derniers mois
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Le choix de Catherine

Le chant des ténèbres – Ian Rankin traduit par Fabienne Gondrand

Paru aux éditions du Masque, Janvier 2021

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Ian Rankin, Le chant des ténèbres, Le Masque

E t voilà notre dose de polar écossais !  L’inspecteur John Rebus, créature de Ian Rankin, revient pour une 23e enquête… Vieilli, atteint par une affection pulmonaire chronique, il doit déménager car la montée des marches vers son vieil appartement d’Arden Street lui est devenue trop pénible. Qu’on se rassure, il déménage… au rez-de chaussée. Ce matin-là, c’est un appel de sa fille Samantha, installée dans le nord de l’Ecosse, là où le froid est mordant, le vent cinglant et la pluie glaçante, qui va déclencher le départ de Rebus, à bord de sa vieille Saab. Keith, son compagnon et le père de sa fille Carrie, a disparu… Nous voilà partis pour la région de Tongue, près d’un ancien camp de prisonniers de guerre. Très vite, on retrouve Keith mort, assassiné… Pendant ce temps-là, à Edimbourg, l’équipe d’enquêteurs, Siobhan et Malcolm en première ligne, enquête sur le meurtre d’un riche héritier saoudien, retrouvé mort dans un quartier mal famé de la capitale écossaise. Une double intrigue, qui donne à Ian Rankin l’occasion de nous offrir une double plongée dans le passé et dans le présent. Une réussite magistrale, une ambiance amère, mélancolique, voire cynique, une construction virtuose, des personnages tout en nuances : le dernier Rankin est sans doute un des meilleurs de ces dernières années, enraciné dans l’histoire et parfaitement inscrit dans l’air du temps.


Le choix de GringoPimento

Mini cowboy – Daniel Frost 

Paru chez École des loisirs, Août 2020

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Il était une fois dans l’Ouest, un duel mythique ? La couverture de Mini cowboy de Daniel Frost pourrait évoquer cela. Peut-être le dessin apparemment plutôt simple aurait-il pu nous mettre sur une autre voie. Car Mini cowboy n’a rien d’un western classique. Pour le comprendre il suffisait de regarder la 4e de couverture et d’interpréter le titre. Effectivement ce cowboy est vraiment mini, dans le sens miniature, tout petit. Mais dans le monde, les petits ont aussi leur mot à dire et c’est ce que l’auteur va s’appliquer à nous montrer.
Seulement au début de l’histoire, il a beau tout faire, notre mini cowboy, tellement petit, ne rencontre que des ennuis. Jusqu’à ce que … Jusqu’à ce qu’il réalise qu’il n’est pas le seul mini cowboy du far west ! Il se met à la recherche de comparses et il en trouve !
À trois, on est bien plus fort, surtout si on a de la suite dans les idées. L’association de nos trois minis va faire des étincelles. Avant chacun avait peur du serpent, c’est l’inverse maintenant. À trois ils peuvent aller boire un petit coup au saloon. La vie est bien plus simple quand on a des amis non ?
C’est drôle, c’est inventif. Les dessins nous font entrer dans l’histoire très rapidement et l’identification avec le petit héros se fait d’emblée. Sa tristesse nous touche et nous le suivons.
Daniel Frost nous avait déjà ébloui avec La mystérieuse baleine et ce Mini cowboy, dans un tout autre genre, ne fait que confirmer son talent. Un auteur à suivre !


Le choix de Marion

La fleur perdue du Chaman de K – Davide Morosinotto, traduit de l’italien par Marc Lesage

Illustrations de Paolo Domeniconi

Paru à l’École des loisirs, Janvier 2021

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Davide Morosinotto nous avait déjà fait voyager avec Le célèbre catalogue Walker et Down et L’éblouissante lumière des deux étoiles rouges, il revient avec un troisième roman d’aventures destiné aux adolescents à partir de 12 ans : La fleur perdue du Chaman de K.
Bienvenue au Pérou, en 1986. Laila, fille de diplomate, est atteinte d’une étrange maladie qui la prive peu à peu de sa vue. Admise à l’hôpital, elle fait la connaissance d’El Rato, jeune garçon qui semble cacher lui aussi quelques secrets. Ensemble, ils vont découvrir un étrange journal, décrivant une plante incroyable, La Fleur perdue, qui aurait le pouvoir de guérir toutes les maladies … Les deux enfants vont tenter le tout pour le tout : trouver cette fleur pour guérir Laila. Les voilà partis pour un fabuleux voyage semé d’embûches, qui les emmènera de la Cordillère des Andes à la forêt amazonienne, à la rencontre de personnages hauts en couleur qui les accompagneront dans leur quête … L’auteur nous offre une histoire magnifique et dépaysante, qui nous transporte dans de splendides paysages, à la poursuite de légendes et d’esprits. Un récit d’aventure et d’amitié sublimé par l’attention portée à l’objet par L’école des loisirs : la mise en page nous fait partager les sensations de nos deux héros, et on en ressort émus avec le souffle coupé !


Le choix d’Adrien

Chrome – Guillaume Dorvillé

Paru chez Éditions Van Loo, Octobre 2020

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Guillaume Dorvillé écrit autant qu’il dessine. On peut le constater sur son site internet. Dans ce premier recueil, Chrome, paru aux éditions Vanloo, il déploie une poésie loufoque et mélancolique. Les poèmes sont courts, parfois constitués d’une seule phrase. On navigue entre humour burlesque et cruauté du destin. Chrome est aussi un bel exemple d’une poésie très cinématographique. L’impression que donne ce court recueil est celui d’un film à la Cronenberg où l’esthétique moderne serait en plein dans la décadence de notre époque. Une certaine noirceur moderne peigne cette écriture.

Les éditions Vanloo nous permettent de découvrir ce poète qui déroge aux clichés liés à ce genre littéraire. Il y a peut-être dans Chrome une forme de contemplation, mais elle n’a pas pour but de sublimer son auteur. En plus de cette poésie rafraîchissante, Chrome est aussi un joli livre visuellement. La couverture de Maxime Sudol vient conforter l’écriture de Guillaume Dorvillé d’une belle lumière. C’est un livre à lire d’une traite pour mieux y revenir plus tard, par petites touches, comme on boit un cocktail en haut d’un building avec une paire de Ray Ban.


Le choix de Thierry

Elle, au loin de Marie-Hélène Bahain

Paru chez L’amourier, juin 2020

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Pas facile d’écrire la passion amoureuse si on ne veut pas tomber dans le cliché et la banalité. Ce pari-là, Marie-Hélène Bahain le réussit parfaitement dans Elle, au loin.

La passion d’Alex, le peintre, pour Lor, une femme rencontrée au bord d’une route en est le fil conducteur. Lor est une femme libre, insaisissable, apparaissant, disparaissant aux yeux de l’artiste, comme pour le déstabiliser, le pousser hors de lui. Ce qu’elle fait, pense ou cherche n’a pas d’importance, c’est ce qu’elle provoque en l’artiste, qui sombre de cet amour, qui est décisif. Elle est tout autant son obstacle et sa délivrance. Tout le paradoxe de l’histoire est là  : se perdre – au plus profond d’une détresse intérieure, au bord de la folie – pour mieux se trouver à travers son art.

Un troisième personnage va récolter le récit de cette transformation, la narratrice, tout autant médiatrice qu’observatrice. Elle ne juge, ni ne prend parti. Tout ce qu’elle voit (la création qui s’anime), entend (le récit d’Alex), touche (les livres aux noms évocateurs comme L’Inventeur de l’amour…) construit l’enchevêtrement des événements et sonde la confusion des sentiments. Un vrai travail d’enquête pour mieux cerner les mystères de l’amour et… de la création.

Marie-Hélène Bahain a déjà écrit une dizaine de romans et celui-ci, passionnant, très abouti dans son cheminement narratif, nous entraîne avec brio dans «l’insondable des êtres ».


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