Hannelore Cayre est-elle féministe ? La daronne, Richesse oblige et maintenant Les doigts coupés. L’autrice nous propose, dans ces trois romans, des femmes fortes et indépendantes. Elle a commencé sa carrière avec trois premiers romans consacrés à Christophe Leibowitz, avocat revenu de tout et depuis La daronne, se concentre, pour notre plus grand bonheur sur des personnages de femme. Les chroniques sur La daronne et Richesse oblige sont disponibles, parlons donc plutôt d’Oli, cette femme magnifique et complète jusqu’à ce qu’un homme, un chef de tribu décide de la mutiler pour avoir osé lui désobéir.
« Les hommes : quelle plaie. Pourquoi occupaient ils tout le temps l’esprit des filles alors qu’avec leur odeur, leur sexe pendouillant tel sur regarde concupiscent de bête en rut, ils étaient dégoûtants ?»
─ Hannelore Cayre, Les doigts coupés
Un chantier met à jour une grotte contenant deux cadavres extraordinairement bien conservés. Évidemment le chantier s’arrête et une paléontologue se lance dans des travaux et une conférence que l’autrice nous relate petit à petit.
Parallèlement à cela, elle nous raconte avec une verve, un humour pince sans rire et une cruauté grandiose, l’histoire de cette femme, Oli et du cadavre de l’homme avec lequel elle a traversé le temps pour venir jusqu’à nous.
« C’était d’ailleurs elle qui lui avait enseigné la technique : « Quand Oncle-aîné ou Issa t’interrogent, tu leur montres un autre visage que celui que tu as à l’intérieur : tu regardes droit devant toi, avec la vérité planquée derrière les yeux. L’air de rien. Tranquille. Au bout d’un moment, tu vas voir, ça vient tout seul, t’as plus à te forcer : tu mens. Le mensonge, c’est le seul moyen de supporter les autres. »»
─ Hannelore Cayre, Les doigts coupés
Si Oli semble avoir été honorée en étant laissée dans cette grotte avec ses effets personnels et des bijoux, l’homme, lui, a été assassiné. C’est le premier meurtre de l’humanité, imaginé par Hannelore Cayre.
Pourquoi cet homme a-t-il été tué, sauvagement en plus ? Que sont ces mains dessinées sur les parois de la grotte, ces empreintes de mains droites, le plus souvent, et surtout ces doigts ou phalanges manquantes, ces mutilations communes à tant de femmes ?
Il y a quelques années, sur les conseils avisés d’une sérivore, j’avais visionné, avec un grand intérêt puis avec passion, les quelques épisodes de Moah. Les doigts coupés m’a beaucoup fait pensé à Moah. Chez Cayre, une femme sensible en quête de liberté. Dans Moah, même idée mais avec un homme.
Oli connaitra de grandes aventures jusqu’à l’émancipation. Hannlore Cayre nous offre avec cette héroïne magnifique, cruelle parfois, dure mais aussi sensible et intelligente, un personnage rare, pour lequel on se passionne. Et quand les petites 200 pages du roman sont terminées, on se prend à regretter que le roman soit si court alors on le lit et le relit !



