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Les grands, Hymne à la joie

les grands

 

 

Sylvain Prudhomme maîtrise sa langue comme un voyage moite et charnel dans cette Afrique post coloniale laissée aux abandons de la corruption. Roman de la joie et de la mélancolie,  Les grands suit la traversée des sentiments d’un homme et d’une nation perdant leur grand amour.

Un livre qui rend heureux ce qui est assez rare pour être signalé, un livre de tendresse et de questionnements : Où se situe la fin d’un amour ? Dans la mort ? Le souvenir ? Qu’avons-nous trahi de nos rêves, de nos combats ?

Joie d’une écriture lumineuse comme les jeux d’enfants livrés à leur solitude brûlante dans les rues d’une Afrique odorante, délicieuse et sensuelle; joie des rythmes du Mama Djombo groupe mythique de l’Afrique des années 70, engagé et nourri de liberté, héros ici du roman de Prudhomme. Joie de cette écriture baignée de désir, un rythme de la phrase où se jouent humour et nostalgie, fatalisme et derniers sursauts de révolte.

Sylvain Prudhomme maîtrise son sujet, l’Afrique, où il a grandi, et c’est de cette perméabilité des cultures que naît l’immense émotion que l’on ressent à la lecture des grands, simplicité et sens du style, phrases courtes et physiques, rythme chaloupé, phrases déhanchées à la profonde mélancolie, voyage immédiat et radieux.

Les grands, c’est le constat amer de la corruption, quarante années après l’indépendance le pays ( La Guinée-Bissau) vit sous les ordres des même dirigeants «bouche mielleuse ventre qui bâfre » dit le proverbe créole et nomme la perte d’un pays.

L’écriture de Prudhomme est honnête libre et bouleversante pour dire l’amour, la perte, l’évolution d’un pays, l’absence, la mort, l’exil, la corruption et ce qui reste, les amitiés, l’espoir les souvenirs.

Note de l’éditeur : 

Guinée-Bissau, 2012. Guitariste d’un groupe fameux de la fin des années 1970, Couto vit désormais d’expédients. Alors qu’un coup d’État se prépare, il apprend la mort de Dulce, la chanteuse du groupe, qui fut aussi son premier amour. Le soir tombe sur la capitale, les rues bruissent, Couto marche, va de bar en terrasse, d’un ami à l’autre. Dans ses pensées trente ans défilent, souvenirs d’une femme aimée, de la guérilla contre les Portugais, mais aussi des années fastes d’un groupe qui joua aux quatre coins du monde une musique neuve, portée par l’élan et la fierté d’un pays. Au cœur de la ville où hommes et femmes continuent de s’affairer, indifférents aux premiers coups de feu qui éclatent, Couto et d’autres anciens du groupe ont rendez-vous : c’est soir de concert au Chiringuitó.

Les grands, Sylvain Prudhomme – L’arbalète’Gallimard, septembre 2014

 

 

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