Les enfants ont cette capacité à ne pas se faire de nœuds au cerveau. Quitte, parfois, à ne pas voir ce qui saute aux yeux des adultes. Ceci étant, les apparences sont parfois trompeuses et les monstres ne sont pas nécessairement ceux que l’on croit. Certaines maisons peuvent cacher des habitants tout à fait singuliers et Glénat Jeunesse propose deux albums qui appuient précisément sur ces décalages. Accessibles dès 5 ans, Chapeau pointu et fête d’enfer et La maison des joyeux croûtons proposent de joyeux frissons, un humour grinçant et des personnages atypiques.
La maison des joyeux croûtons de Céline Claire et Caroline Hüe – Glénat Jeunesse – 2026

Dans La maison des Joyeux Croûtons, Céline Claire et Caroline Hüe s’attaquent à des créatures difficiles à apprivoiser. Dans cette maison de retraite tout à fait singulière, les pensionnaires sont des sorcières, des fantômes, des vampires et même des ogres. Tous sont grincheux et extrêmement difficiles à contenter.
Evidemment, le personnel finit par prendre la poudre d’escampette, au grand désespoir du directeur Monsieur Grog, qui accueille à bras ouverts l’unique candidature du jeune Timothée. Mais est-il véritablement prêt à relever le défi ? Et que vient-il chercher dans cet établissement tout à fait atypique ?
Sous ses airs chaotiques, l’album cultive un humour tout à fait mordant (quoi de plus logique, au vu du casting ?), porté par les illustrations aussi fines qu’expressives de Caroline Hüe et une galerie de personnages grincheux mais jamais effrayants, auxquels on s’attache finalement rapidement.
Reste à savoir si Timothée aura les nerfs assez solides pour s’occuper de ces vieux croûtons. Et si ces derniers sont véritablement aussi terribles qu’ils en ont l’air. La réponse à cette dernière question est évidemment non, puisque les petits lecteurs en redemanderont…
Avec Chapeau pointu et fête d’enfer, Fabi Santiago propose une aventure peut-être plus directe, mais qui conserve néanmoins un fort impact, notamment auprès des plus jeunes. La jeune Emma se rend à une fête déguisée. Et puisque les costumes qu’elle essaie dans un premier temps ne lui vont plus, elle doit se résoudre à s’y rendre déguisée en sorcière.
Après une rencontre malencontreuse avec une autre petite sorcière, voilà notre héroïne qui se trompe de fête. Et si le lecteur comprend rapidement que quelque chose cloche en découvrant des loups-garous, squelettes et sorcières occupées à concocter d’étranges potions se succèdent, Emma n’identifie pas immédiatement le problème.
Le quiproquo émerge puisque la petite fille pense d’abord que les autres invités ont fait un effort redoutable pour se déguiser. Tout le sel de l’album réside dans ce décalage entre ce qu’elle pense voir et ce que les lecteurs identifient. Et, évidemment, Emma finit par retrouver le chemin de la fête d’anniversaire à laquelle elle était conviée. Juste à temps pour souffler les bougies. Fabi Santiago s’amuse à semer les indices et à faire monter la tension sans jamais renoncer à la fantaisie. Voilà qui promet de donner quelques frissons aux plus jeunes. Et surtout quelques sourires.



