
Syd Matters
A Gospel Of Some Sort
Créature Music / Third Side Records
04 Septembre 2026
Je tiens entre les mains l’album de l’année de notre Cheffe vénérée, vous allez me dire que nous ne sommes que début septembre mais la Cheffe aime Syd Matters, que dis-je, elle vénère Syd Matters. 16 ans qu’elle attend la suite de Brotherocean tel un môme devant le sapin le 24 décembre, alors vous pensez bien qu’on n’allait pas passer à côté d’A Gospel Of Some Sort, le cinquième album du groupe de Jonathan Morali.
A Whisper And A Sigh en 2003, Someday We Will Foresee Obstacles en 2005, Ghost Days en 2008 suivi de Brotherocean deux ans plus tard, la trajectoire de Syd Matters semblait linéaire et en tout point parfaite, puis plus rien jusqu’à ce retour inattendu et tant espéré. Rien, c’est vite dit, car entre temps, chacun continua son œuvre, Morali se consacrant aux musiques de jeux vidéos (Life Is Strange) ou de films chez Mélanie Laurent ou Eric Rochant entre autres, Olivier Marguerit nous fit frissonner avec deux albums solos et pléthores de bandes originales pendant que Rémi Alexandre sortait lui aussi un EP en solo (sous le nom de Shorebilly) et participait à de nombreuses collaborations musicales tout comme les acolytes Clément Carle et Jean-Yves Lozarc’h.
Syd Matters est donc de retour, le splendide Many Years In The Making, premier single paru fin avril donnait déjà le sentiment que tout repartait comme si le temps lui-même s’était suspendu, afin d’attendre que Jonathan Morali retrouvent ses vieux complices.
L’effet est immédiat dès lors que les premières notes du splendide Armageddon Time s’écoule comme du miel dans nos oreilles grâce à ses nappes synthétiques délicates et ses arrangements de velours. Piano et chœurs installent une atmosphère proche du recueillement, dans une ambiance très Sufjan Stevens. Choking On Anger ou Easy se déploient autour d’une guitare subtile qui se laisse peu à peu submerger par quelques légères accélérations.
Sur une base folk, Syd Matters prend parfois des détours pop, mélangeant acoustique et électronique avec bonheur et justesse, Memorize ou Tongues en particulier en sont de parfaits exemples. C’est tout le disque qui baigne dans un sentiment de bonheur simple, un appel au repos et à la réflexion, poussant à la détente alors que le propos y est inquiet et sombre, de The Devil au phénoménal Nuclear en conclusion ou par l’enchaînement In The Darkness/Ténèbres.

Si on se sent si bien à l’écoute d’A Gospel Of Some Sort, au delà de la splendeur des harmonies ou de la perfection des mélodies (The Holy Ghost !), on le doit beaucoup à la voix de Jonathan Morali, qui donnerait aux plus brutes d’entre nous l’envie de faire des câlins à ses prochains. Une ambiance générale qui ouvre aussi à l’introspection, au recul, comme si ces 16 années de silence se traduisaient dans l’énergie de ce disque qui vous permet de passer de l’introspection à la noirceur, de l’espoir à l’enchantement. On appelle ça la beauté peut être ?
Syd Matters fait un retour magnifique que nous attendons avec impatience de célébrer au fil de leur tournée d’automne qui démarre le mois prochain et qui s’écoulera jusqu’au printemps prochain au moins ! Scruter les dates près de chez vous !



