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Naya : L’éclosion d’une pépite

Ecrit par Mr Sam

Naya commence à se faire bien connaitre sur la scène girondine mais ça serait limiter les frontières de son nom et de sa folk-rock. 2017 sera une année charnière pour cette jeune auteur-compositeur. L’occasion d’en savoir un peu plus sur son univers et ses projets avant le concert donné le soir-même.

naya-en-concert

 

L’actualité est chaude pour toi. Peux-tu nous en dire plus sur ta récente signature avec BMG Rights Management et l’impact que cela a dans ta progression artistique ?

C’est tout frais. Je suis bien évidemment ravi car BMG est reconnu dans le domaine. En fait cela faisait un bon mois qu’on était en discussion avec plusieurs éditeurs. On s’est décidé il y a peu de temps. La journée fut extraordinaire. C’est tout nouveau et une étape importante. Maintenant j’ai une très belle équipe qui m’entoure car en plus de cet éditeur, j’ai signé en juin avec Sony-Columbia et aussi avec le tourneur Corida. Le projet est en pleine construction et l’équipe s’étoffe pour aider à le réaliser. J’en suis heureuse et consciente de la chance que j’ai.

Pas mal de concerts à venir également.

Oui pas mal. En novembre, j’ai une tournée avec Jain. J’ai fait quelques concerts cet été dans les festivals comme Musilac, le Vercors Music Festival ou encore le Big Festival mais c’est la première fois que je fais un « support tour ». Il me tarde beaucoup

Ça t’apporte quoi ce contact professionnel avec ces personnes confirmées ? Toute cette évolution depuis 2013 et ton Big apple.

Big Apple fut ma première chanson. Tous ces concerts me font grandir. Côtoyer des gens, faire autant de premières parties (Fauve, Mademoiselle K, Rover, Laetitia Sheriff, Françoiz Breut…), cela m’enrichit beaucoup. Cela se sent aussi dans ma manière de composer. Mes morceaux ont évolué depuis mes débuts pourtant pas si lointains. Disons que ces expériences sont comme un accélérateur qui m’aident à grandir professionnellement parlant. Cela m’a beaucoup aidé dans mon approche live également, sur ma prestation et ma relation avec le public. Je me rends compte de beaucoup de choses. Je suis heureuse de vivre tout ça si jeune.

Des chiffres aussi pour parler de toi. 500 000 vues sur Spotify pour Great Ocean Road, sorti début octobre, plus de 3000 vues de l’audio du même titre sur la plate-forme Youtube, plus de 4200 pour Jukebox, près de 7500 qui te suivent sur Facebook. La tête ne tourne pas trop, tu traces tranquillement ton chemin ?

C’est énorme, je ne m’attendais pas du tout à cela honnêtement. 500 000 écoutes en même pas un mois il est dur de se rendre compte. Je suis super contente forcément. Surtout que tout va s’enchaîner, avec une belle année 2017. je ne peux qu’être de ce qui se passe pour et autour de moi ces derniers temps.

Beaucoup de choses en 2017 donc ?

Exactement ! La sortie de mon premier EP en février. Un 5 titres intitulé Blossom. Il reprendra les 5 premiers morceaux que j’ai composé. Je me suis dis, c’est comme une « éclosion ». c’est juste pour dire « j’arrive tout juste ». Le choix s’est fait tout naturellement sans trop se poser de questions. Ça fait maintenant deux ans que j’y travaille donc il s’agit vraiment d’un EP très abouti où j’ai pu poser du recul sur mes chansons. Ce recul m’a notamment permis d’avoir un regard sur mes chansons, et de pouvoir proposer autre chose par la suite.

Dis nous en plus. Comment tu perçois l’évolution de tes morceaux ?

Depuis peu, j’ai un nouveau logiciel de musique qui me sert beaucoup à composer. Cela va continuer encore à évoluer, notamment par les conseils de la nouvelle équipe qui m’entoure. J’ai également un nouveau studio à la maison. Bref j’apprends encore et j’ai plus de possibilités, de moyens de me rapprocher de ce que je souhaite composer.

Tu dis souvent que tes compositions sont le reflet de ton quotidien, de tes ressentis. Tu restes dans ce qu’on pourrait appeler de l’ordre du sensible, de l’intime. Tu ne lorgnes pas pour l’instant sur des préoccupations plus globales, qui peuvent toucher la jeune génération justement. Cela ne te parle pas de t’impliquer plus au travers de tes morceaux ?

Non. Mes morceaux restent plus sur la dimension sentimentale. Je ne me sens pas d’écrire sur des choses plus globales. J’écris par rapport à ce que je ressens ou vois. Cela peut être des expériences personnelles ou non. Par exemple Great Ocean Road ça parle simplement de l’océan et ce que je ressens par rapport à cette entité, cet environnement là. Je préfère rester à ce niveau d’écriture. J’aime bien trouver du plaisir dans mon écriture et réussir à faire passer ce genre d’émotion au travers de mes morceaux.

Par rapport à ton entourage, au lycée, où la culture musicale est plus basée sur la consommation que l’écoute attentive d’un morceau, encore plus d’un album, comment te situes-tu ? Tu en parles avec tes potes ?

J’essaie de leur dire d’acheter des vinyles (rire). Après je pense que la société a évolué et je sais qu’on ne peut plus écouter la musique comme on l’écoutait avant. J’ai une culture musicale plus anglo-saxonne, où l’accent est fortement mis sur la construction d’un morceau. Je suis donc un peu en décalage par rapport aux autres forcément. Mon EP je l’ai donc pensé comme un album classique, non comme un objet en rapport au mode de vie et de consommation actuel. Je suis musicienne, mes parents sont musiciens (i.e ils font partie tout deux du groupe Basement), je baigne donc dedans depuis toute petite. Donc oui même si je comprends qu’on puisse zapper, car on a une forte possibilité d’écoutes, j’incite tout de même mes copines à écouter des albums, tout du moins des morceaux en entier (rire). A côté de cela, il faut savoir évoluer et accepter l’évolution des mœurs et des technologies. Le logiciel de musique dont je t’ai parlé tout à l’heure m’apporte énormément de choses par exemple.

Autre sujet sensible. L’image que l’on projette à l’écoute des morceaux. Si on te décrit comme une soliste folk-rock (façon Alela Diane, Mariee Sioux, Basia Bulat, Samantha Crain, etc..), ça te convient ou c’est restrictif ? Une évolution possible entourée d’un groupe ?

Je me sens bien dans cette lignée là. On verra plus tard mais en ce moment je préfère être toute seule, maîtriser un peu tout. Je ne me sens pas encore de partager la scène avec d’autres musiciens. Par contre utiliser des machines sur scène ne me gênerait pas. L’apport de ces dernières peut apporter une autre profondeur, une autre matière à travailler pour ma musique. Après on ne peut dire jamais.

Sauf si tu arrives à faire un moment donné un duo avec Jake Bugg…

Exactement (rire). C’est un cas exceptionnel.

On est en plein questionnement par rapport à ça. Mais pour l’instant moi je me sens bien de jouer mes propres compositions. C’est entièrement moi. Si on me propose une chanson, je peux me l’approprier mais c’est plus difficile. La chose est identique dans le cadre d’une écriture pour d’autres personnes. Au final c’est envisageable et à envisager mais je ne me sens pas encore à l’aise avec ça.

Même si ce sont tes parents qui te proposent ? Plus sérieusement, tu arrives à imposer ton point de vue ? Naya l’artiste prend la place de Naya la « fille de », même si tu prends de leur conseil bien sûr, dans le choix final de tes morceaux ?

Oui je suis plutôt comme ça (rire). J’aime bien travailler mes morceaux tranquillement dans mon studio, que je fasse le gros du travail toute seule avant de montrer aux autres. Mais si le morceau que mes parents proposent défonce, pourquoi pas (rire).

Tu aimes aussi faire beaucoup de reprises.

J’aime beaucoup. J’ai appris la guitare comme cela, en autodidacte (Nota Bene : Naya a aussi fait 4 ans de piano au conservatoire). J’ai écouté les Beatles. Beaucoup. J’ai toujours aimé faire des reprises tout en mes appropriant (Nota Bene : le soir du concert, elle a fait une nouvelle reprise de Nightcall de Kavinsky). Mais a côté de cela, j’ai aussi été pressée d’avoir mes propres compositions.

Tu parles souvent des Beatles. Pour toi le sens de la mélodie prime ?

Carrément. Tout vient de la mélodie. J’écris la chanson en partant de cet élément.

La chanson pop parfaite serait une quête du Graal…

(rire)…Oui. Faut écouter Oasis pour cela.

Moi je suis plus Blur, ou plutôt Damon Albarn donc je ne suivrai pas là-dessus !!!

oh non !! (rire)

Si une baguette magique était à ta disposition et que 4 choix s’offrait à toi ? Écrire la BO d’un film, écrire pour quelqu’un que tu surkiffes ? Que cette personne écrive pour toi ? Ou jouer dans une salle mythique ? Tu choisirais quoi ?

La BO d’un film. Clairement. Encore plus si c’est sur une réalisation de Xavier Dolan. Je l’adore. Dans son dernier film, Juste la fin du monde, il a mis un morceau d’Ozone (Dragostea din tei), ou du Céline Dion sur Mommy. J’adore son côté décalé dans ses choix musicaux

Un album dont tu as usé le skeud ?

Le White album des Beatles. Je suis fan de Back in USSR.

Pourquoi cette période ?

Je préfère leur début. Même si pour le coup le White album est plus tardif, je préfère les premiers morceaux. Il y a Please Please Me que j’ai beaucoup écouté aussi.

Et enfin, un dernier artiste, encore peu reconnu ou connu par chez nous que tu aimerais nous présenter ?

Je pense à Chelou. J’adore cet artiste. On l’a vu en première partie de Thurston Moore au Café de la danse en 2014. J’adore le morceau qui s’appelle The Quiet. Le clip est aussi fantastique. On en parle pas assez alors qu’il est hyper talentueux avec un sens mélodique inné.

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crédits photos: Olivier Seguin

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