Cécile Le Berre Illustrations Séries

Notre Top séries 2018

Roulement de tambour…it’s top time ! Bienvenue dans la sélection des 10 séries plébiscitées par notre Team pour la période du 1er décembre 2017 au 30 novembre 2018.

2018 n’aura pas été l’année de la révélation pour un titre plus qu’un autre, à contrario de l’année précédente et de l’écrasante unanimité qui célébra The Handmaid’s Tale produite par Hulu.
Une quantité impressionnante de nouveaux titres, de véritables attentes pour certains (comme l’adaptation de The Alienist ou encore celle d’Altered Carbon), des prises de risque (Picnic à Hanging Rock, Maniac) qui n’ont pas toujours trouvé public, des déceptions au vu des scénarios annoncés (The Crossing), et surtout des suites espérées toujours avec un brin d’appréhension (The Handmaid’s Tale 2, Top of The Lake 2, Atlanta 2), et les inévitables et heureuses surprises qui nous ont happé sans détour (The End of the F**king World, Seven Seconds, Black Earth Rising ou encore la tardive Hippocrate) dans lesquelles il a fallu faire un tri pour sortir ces 10 titres à côté desquels il ne faut pas passer.

Killing Eve

Voilà celle qui a remporté la majorité de nos suffrages cette année, l’excellente série créée par Phoebe Waller-Bridge pour la BBC. Le duo de comédiennes dans leurs rôles de tueuse et d’espionne et la mise en place de leur traque ont été la surprise de l’année. Inattendue, cette Sandra Oh qui compose Eve Polastri, un agent du MI6 complexe, humaine, curieuse, drôle et soupe au lait mais avant tout pugnace. Encore plus étonnante, cette Jodie Comer, dans la peau de Villanelle, une psychopathe superbe et sans pitié, intrigante et fatale dans le pur sens du terme.
Leur poursuite mutuelle est menée à travers la planète, et plus le champ d’action s’élargit, plus leur distance de l’une vers l’autre se réduit.
Une deuxième réussite pour Phoebe Waller-Bridge, scénariste-réalisatrice qui avait déjà fait un carton avec sa série Fleabag en 2016, et, surtout, une deuxième saison espérée pour Killing Eve en 2019 !

The Handmaid’s Tale (Saison 2)

En deuxième position cette année, la suite tant attendue de The Handmaid’s Tale, la bien-nommée “série événement” de 2017.
Toujours présente dans l’équipe de scénarisation, Margaret Atwood développe un tout nouveau tome autour de ses servantes écarlates.
Malgré le bonheur de retrouver June et les aventures de ces femmes dans un pays opprimé par un parti extrémiste et religieux, la saison deux est nettement en-dessous de la première.
Tout d’abord parce qu’on y trouve beaucoup de répétitions de situations, de lissage formel (où est le travail sonore de la première saison ? Le soin d’une bande-son finement utilisée et des fins d’épisodes percutantes et sans cliffhangers putassiers ?), sans compter la surexplication d’événements (je pense donc je dis), chose qui nous avait été épargnée jusqu’alors.
La fixation de la maternité ayant pris le dessus dans cette saison, il est intéressant de constater que tout l’aspect cynique autour de la procréation et de sa commercialisation a été soigneusement éludée et adaptée à un discours bien plus bienveillant et chrétien que dans la première saison… bref, malgré cet éloignement du propos dystopique qui était si pointu et cinglant, la série a encore connu beaucoup d’adeptes et prépare le monde à l’arrivée de la saison 3, en 2019…

Sharp Objects

Avec ses trois niveaux de narration, sa bande sonore à couper le souffle, son excellent montage (souvent ultracut, à la manière d’ellipses temporelles très brutales, pour exprimer les blancs de mémoire du personnage alcoolique qu’est Camille Preaker), et un casting féminin parfait, Sharp Objects fait partie du tiercé gagnant cette année. Cette mini-série réalisée par Jean-Marc Vallée (Big Little Lies) met en scène Amy Adams dans la peau de cette journaliste psychologiquement meurtrie, qui doit revenir dans sa maison natale alors qu’une série de disparition de jeunes filles accable la petite ville du sud des Etats-Unis. Dans une maison où se joue une histoire familiale lourde de secrets et de non-dits, la voilà obligée de confronter encore sa mère dont la perversion est à la hauteur de l’élégance avec laquelle elle aborde la vie… et qui a encore de l’emprise sur Amma, la plus jeune des sœurs, provocatrice et à la fois soumise. Ce trio de bonnes femmes danse d’un pas macabre autour d’une figure paternelle qui préfère rester en retrait à écouter de la bonne musique suffisamment fort pour n’être témoin de rien.
Patricia Clarkson dans le rôle d’Adora Crellin, la maman, est extraordinaire, réussissant à balader son monde discrètement mais sûrement, tout en proférant des horreurs à sa propre fille.
Les flashs incompris du passé se mêlent aux interprétations du présent, le tout enrobé de vapeurs alcooliques et de flous chimiques…
Qu’est-il arrivé à Camille dans sa jeunesse pour qu’elle en arrive à se recouvrir d’une myriade de cicatrices, signature de l’auto-mutilation qu’elle pratique en punition depuis toujours..?
Qu’est-il arrivé à ces jeunes filles assassinées ?
Quelle menace plane sur la famille de Camille ?
Sharp Objects décrit extrêmement bien les relations conflictuelles mère-fille d’un degré gravissime, affronte avec justesse l’addiction, et avec encore plus d’acuité le mensonge utile que l’on se fait dès lors qu’il s’agit de répéter une situation destructrice.

Et quel final !
(rappel ultime et répétitif : la bande-son de cette série est superbe)

haunting

The Haunting of Hill House

Oh que nous avons eu peur ! The Haunting of Hill House fut un cauchemar éveillé. cela faisait bien longtemps qu’on n’était pas partis se coucher en ayant peur de fermer les yeux… Cette série était de très belle facture, les personnages avaient tous une réelle épaisseur, et la construction de leurs histoires s’apparentait à une vraie tragédie grecque.
Alors oui, on pourrait faire quelques reproches : la fin de la série a sans doute résolu trop d’éléments en trop peu de temps, comparé à la lenteur du reste des épisodes…
Mais arriver à faire peur avec des histoires de fantômes dans la pénombre au fond de la pièce en 2018, c’est quand même un bel exploit !

homecoming

Homecoming

Voilà un programme qui, lui aussi, apporte son lot de surprise dans sa mise en forme. Homecoming est l’adaptation d’un podcast à succès du même nom par Sam Esmail (Mr Robot) et le résultat en est un thriller psychologique très inspiré des plus grands. Sam Esmail donne beaucoup pour mettre en place un sentiment de méfiance et de mise en doute essentielles à ce scénario traitant de manipulation psychologique.
Quand bien même le casting complet du podcast d’origine n’apparaît pas dans cette adaptation (à notre grand regret en ce qui concerne Catherine Keener), Julia Roberts assure un personnage ambigu dont on voit les blessures grandir doucement, inexorablement, jusqu’à résolution de ce mystère militaro-économique dans laquelle Heidi a été mêlée.
Les épisodes sont développés dans un format court, de moins de trente minutes, inhabituel pour ce genre de récit, mais formellement malins, référencés et soutenus par un travail de bande son très réfléchi. Entre le bruitage, le travail d’habillage précis de certaines scènes ainsi que la bande originale composée à partir de celles de films fondateurs du genre (on y retrouve des partitions de Bernard Herrmann pour Psychose ou Vertigo, mais aussi de John Carpenter)… un travail de précision absolue de placement temporel du récit et de son rythme finissent d’établir un thriller passionnant, qui passe terriblement vite.

methode kominsky

La Méthode Kominsky

La série qu’on n’a pas vu arriver : Michael Douglas et Alan Arkin, sont deux vieux acteurs qui jouent un vieil acteur et son vieil agent… Des décennies de fidélité, de complicité et le partage d’un quotidien où l’on peut tout se dire, sans concessions.
Une espèce de buddy movie version “et toi comment va ta prostate ?” ou “ça fait un mois que je suis veuf, je ne vais pas sortir avec une femme si tôt…”
Une comédie drôle et touchante où l’on sent que les acteurs se sont autant amusés que nous.

The Deuce (Saison 2)

Encore présente dans notre top 10, The Deuce ! Cette saison se pose cinq ans après la première, qui traitait de l’arrivée de l’industrie pornographique dans le quartier chaud de NY en 1972. Cette fois, l’industrie est bien ancrée, le disco aussi, la libération sexuelle est à son paroxysme, et le traitement des femmes ne change malheureusement pas encore…
Mais les femmes se lèvent, s’affirment et tentent de faire basculer l’équilibre machiste, même au sein du milieu de l’exploitation sexuelle, creuset des pires comportements sexistes jusque là. La série de David Simon et George Pelecanos est terriblement humaine, noire, réaliste, au scénario ciselé et à la mythologie de personnalités passionnante.
The Deuce saison 2 démarre en entrant en plan séquence dans la discothèque de Vincent (James Franco), et finit en en sortant doucement dans un mouvement de recul certain. Signe que la troisième saison s’inscrira elle aussi dans un tout autre temps, encore un autre chapitre d’importance dans ces destins féminins.

black mirror saison 4

Black Mirror (Saison 4)

Après son rachat par Netflix la franchise Black Mirror avait eu du mal à retrouver ses repères : le transfert d’une production britannique à une production américaine n’avait pas été sans déconvenues, et le ton de la série s’était nettement ramolli.
Mais la saison 4 est revenue en force : les épisodes ont exploré différents genres (science-fiction, horreur, suspense), en revenant à la noirceur qui caractérisait la première saison.
On attend avec impatience la cinquième saison qui devrait sortir sur Netflix dans les prochains jours… ou semaines, le mystère reste entier !

bodyguard

Bodyguard

Une très belle construction narrative pour cette mini série dont le suspense ne retombe que très tardivement.
Si le héros est un homme (magnifiquement interprété par Richard Madden), il est à noter que tous les personnages d’importance de la série sont des femmes : de la ministre de l’intérieur (incroyable Keeley Hawes) à la chef de la police (Gina McKee), en passant par la femme kamikaze (Anjli Mohindra), ou l’inspectrice chargée de l’enquête (Nina Toussaint-White)… Et cela sans que ce soit un enjeu, c’est un fait établi, ni plus ni moins. Joli !

Dark

L’incroyable est arrivé : une série allemande dans notre top 10 ! Dark est une série fantastique au rythme posé qui en impose, très particulier, à la mise en scène méticuleuse et l’image léchée pour un scénario compliqué puisqu’il évoque le déplacement temporel. La famille et la filiation sont les thématiques principales de cet étrange voyage, celui d’un jeune homme un peu perdu dans sa propre histoire, au sein d’une communauté plutôt banale au premier abord, mais percluse de secrets plus destructeurs les uns que les autres.
Plusieurs époques sont traversées, sans efforts grossiers d’effets spéciaux auxquels nous ont habitué les industriels du genre… et le résultat est une très bonne histoire en 10 épisodes, qui verra sa suite débarquer elle aussi en 2019.

Nos autres coups de cœur

Happy!

Prenez un ancien flic new yorkais au fond du gouffre.
Saupoudrez d’une bonne dose de cocaïne et d’antidépresseurs.
Ajoutez quelques flocons de neige dans une ambiance vert et rouge de Noël.
Faites enfin apparaître une licorne bleue à sabots violets et qui parle, et vous obtenez Happy, la série la plus trash et improbable de l’année.
Une série à binge watcher en digérant la bûche à 1h du matin, en attendant une seconde saison pour Pâques.

10 Pour Cent (Saison 3)

Mention spéciale pour la “petite série française diffusée sur une chaîne nationale à heure de grande écoute”.
Si la série ronronne un peu dans cette troisième saison, elle est toujours capable de nous éblouir à certains moments (la scène de l’accouchement, hommage à Truffaut) et de nous réjouir à d’autres (l’épisode centré sur Isabelle Huppert est franchement drôle).
La saison aura été assez inégale, la mécanique de l’acteur dans son propre rôle, mais bourré d’auto-dérision commence à être un peu redondante.
Malgré tout on ne boude pas notre plaisir devant cette feel good série qui envoie quelques paillettes au passage.

The Looming Tower

L’excellent Jeff Daniels et l’épatant Tahar Rahim à l’affiche de cette minisérie produite par Hulu qui relate comment s’est développé Al Qaida avec l’aide involontaire des services de renseignement américains. En effet, la guerre entre les bureaux du FBI et la CIA aurait facilité la montée en puissance et l’organisation de l’attentat qui a changé la face du monde : le 11 septembre 2001.
Excellente adaptation du roman du même nom de Lawrence Wright, pendant laquelle le parcours d’agents infiltrés associé aux manipulations de purs bureaucrates nous embarque tout en tension vers l’inexorable.

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  • Ma claque de cette année « Patrick Melrose » avec Benedict Cumberbatch, mini-série (5 épisodes) adaptée des romans des romans semi-autobiographiques d’Edward St. Aubyn.

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