BD

Planeta Extra : SF savoureuse

En 2009, ce roman graphique a reçu le premier prix de la BD remis par Planeta DeAgostini (maison d’édition barcelonaise, également implantée en Argentine). Plus de 10 ans ont passé et voici que Planeta Extra (scénario de Diego Agrimbau, dessin de Gabriel Ippoliti) est édité pour la première fois en France par Sarbacane. Une très bonne idée que cette initiative !

En effet, totalement déjantée et dépaysante, la bande dessinée est superbement illustrée. Étonnant, le scénario politico-futuriste n’est pas en reste, faisant miroiter à ses principaux personnages l’espoir d’un monde meilleur, celui de Luna Europa, située à plus de 600 millions de kilomètres d’une Terre en déshérence, où la pollution, la surpopulation et le chaos ne sont plus réservés qu’aux miséreux.
Prix du voyage, réservé aux ultra-riches : démesuré.
Temps de trajet : 2 ans !

    Dans ce contexte, le costaud Kiké et son beau-frère Toti, deux déménageurs sans véritable licence d’exercer, s’efforcent de tirer leur épingle du jeu. C’est quasiment leur seul point commun. Car pour le reste, tout les oppose. Le premier est aussi sacrément balèse, impulsif et borderline que le second est longiligne, rêveur et quasi résigné. Mais c’est bien connu, les contraires se marient bien.

    Planeta Extra ne fait pas exception à la règle. Ainsi donc, quand l’un pète un câble, c’est l’autre qui le ramène brusquement à la raison. Et vice versa. Voilà qui donne du rythme au récit, surtout lorsque Brenda, la fille de Kiké, lui apprend qu’elle va tout plaquer pour rejoindre, avec son cachottier de compagnon, la lointaine Luna Europa.
    Dès lors, aidé par Toti, son père ne va avoir qu’une idée en tête : la retenir à ses côtés. Et tant pis pour la pauvre vie qui l’attend sur terre, pourvu qu’il s’agisse de rester ensemble. Sauf que de plans foireux en missions de tous les dangers, les deux pieds nickelés vont devoir composer avec corruption et complot terroriste. Face à ces différents imprévus, les visages expressifs des personnages, tout autant que les images d’un camion rouge virevoltant dans le ciel d’une banlieue en perdition, contribuent à capter notre intérêt et participent à notre plaisir de lecture.

    Ajoutons à cela que, placées les unes sous les autres, certaines cases horizontales pleine largeur donnent à voir le découpage d’une situation et se révèlent particulièrement savoureuses. Il en est ainsi, par exemple, quand Brenda annonce à sa famille qu’elle va se marier sur Luna Europa. Silence et stupeur dans la salle. Sourire assurée aux coins des lèvres pour ce qui nous concerne !

    Bref, vous ne risquez pas de vous ennuyer en découvrant Planeta Extra, qui regorge par ailleurs de sujets dans l’air du temps, tels que la lutte des classes, la conquête de terres habitables et l’artificialisation des sols et même… le sort des animaux !


    Planeta Extra
    de Diego Agrimbau et Gabriel Ippoliti

    Éditions Sarbacane – 5 février 2020

     

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    Image bandeau : Planeta Extra de Diego Agrimbau et Gabriel Ippoliti – Éditions Sarbacane 

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