Littérature Jeunesse

Punkette et Poupoune : le retour de Benoît Minville à la littérature de jeunesse

Un livre sur les super héros, le bien nommé Héros (en deux tomes), un polar sur fond de ruralité, Rural noir et aujourd’hui un vrai livre pour enfants, on peut dire sans risquer de se tromper que Benoît Minville est un sacré touche à tout. Peut-être est-ce dû à son métier de libraire ? Quoi qu’il en soit, on le suit à chaque sortie et on n’est jamais déçu.
Punkette et Poupoune s’adresse à un jeune public mais les enfants qui liront ce livre vont tomber sur un papa un peu spécial et aux goûts musicaux très prononcés. Ainsi dès les premières pages nous verrons les noms de MAIDEN, AC/DC ou encore METALLICA et même BLACK SABBATH apparaître. Surprenant pour un livre de littérature de jeunesse non ?

Encore plus surprenant, le papa de Punkette et Poupoune (les vrais prénoms sont Nola pour l’aînée et Vinca pour la plus petite) écoute des vinyles et il faut faire très attention à sa collection de « dess metal » nous dit Punkette.

Avec Les samedis z’électriques l’auteur nous raconte sur 175 pages environ, les samedis qu’il passe avec ses filles pendant que la maman travaille. Entre deux disques, un voire deux repas à préparer, un balade au parc, l’histoire du soir et autres aventures, il y a bien de quoi remplir un petit roman. D’autant que Benoît Minville s’autorise des interludes ou les petites filles racontent, brillamment et de façon très drôle, des épisodes de leur vie quotidienne.

Chutais embêtée de pas trouver Brucht2, parce que j’aime pas quand mes doudous sont perdus. Le soir, faut qu’ils soient tous mis comme j’aime pour que je dorme bien, sinon je dors mal. Sur la barre du lit, au-dessus de ma tête, je les mets toujours à la même place, pour qu’ils me protègent si jamais la trappe-cauchemar ne marche pas.

Punkette et Poupoune sont parfois hilarantes, d’autres fois agaçantes mais retombent toujours sur leurs pattes même quand après avoir mis un vinyle de papa sur la platine sans son autorisation et pendant qu’il est occupé au téléphone avec son meilleur copain, débarquent non pas un mais deux groupes de hard rock dans le salon. Tatoués (comme Papa), cheveux longs (pas comme papa !) et surexcités, ils vont transformer le salon en salle de concert avec quelques répliques bien senties.

On sent très fort que Benoît Minville s’est beaucoup amusé avec ce roman qui semble assez autobiographique. Ainsi les dessins de Ced nous proposent un papa qui ressemble trait pour trait à l’auteur. Mais ce dernier ne s’épargne pas. Il laisse les filles le dépeindre :

Papa, lui, il s’assoit, et ensuite il nous surveille. Il surveille aussi beaucoup son téléphone, quand il n’a pas pensé à prendre un livre; Et dans ces cas-là, je prends un malin plaisir à lui faire remarquer qu’il se laisse trop absorber par les écrans au lieu de regarder s’épanouir ses deux petites filles chéries, et comme il sait que j’ai raison, ça l’agace. En général, ça se termine qu’il me dit de m’occuper de mes affaires et que si j’ai rien d’autre de mieux à faire, on peut aussi rentrer. Super caractère.

Il doit se savoir un peu maniaque et là aussi, ses filles le mettent en scène. On se moque un peu de soi même et le lecteur rit avec les petites et leur père.

Les grands disques – les « vinyles » – on n’a pas trop le droit d’y toucher, même si parfois il nous laisse en placer un sur la platine. Mais je vois bien qu’il arrête de respirer pendant toute la durée de l’opération. Et il répète tout le temps « Doucement ! Douuucemeeent ! »

Punkette et Poupoune – Les samedis z’électriques, c’est un livre nostalgique, sur l’enfance, que nous oublions petit à petit mais qui chez Benoît Minville est bien présente, grâce à l’aide de ses filles.
On rit, on s’amuse, on s’étonne mais on n’oublie pas l’essentiel parce que ces pages sont pleines d’amour. Celui d’un papa pour ses filles, celui de deux petites filles pour leur père mais aussi leur mère.
Laissons à la narratrice Nola le soin de conclure notre chronique :

J’ai compté, une fois, et les mots qu’il utilise le plus durant une journée, c’est nos prénoms. Et un mot qu’on utilise beaucoup, c’est qu’on peut pas s’en passer. Benoît Minville

 


 

Punkette et Poupoune – Les samedis z’électriques de Benoît Minville

 

éditions Sarbacane, mars 2021

 

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Punkette et Poupoune


Image bandeau : Couverture du livre

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