Dans Faire fleurir la foudre, le nouveau roman d’Alexandre Chardin, chez Sarbacane, c’est le cœur qui parle en premier. Il dit les difficultés de l’adolescence, de ces enfants du foyer, la jalousie ou l’amour mais aussi les voitures noires qui viennent le soir chercher une jeune très jeune fille. Rien de plus n’est divulgué. On imagine pourtant très bien le mail que fait cet homme.
Puis c’est le chœur antique qui prend le relais avec les cinq actes et cinq scènes pour chaque acte.
Du très grand classique donc. Et un terrain connu car Alexandre Chardin nous a déjà proposé Bandes de poètes, roman tout en vers, en alexandrins le plus souvent.
Dans Faire fleurir la foudre (quel titre génial tout de même !), la langue s’éloigne fortement du classicisme pour utiliser les expressions adolescentes, les gros mots sont foison sans que cela gène, c’est la langage oral des collèges, quand les élèves sont livrés à eux-mêmes dans la cour.
Ici pas de vers mais un rythme et des rimes parfois. De la violence et des sentiments. Un coup de cœur entre deux personnages et des coups au cœur, aussi.
Marin, jeune collégien croise le regard de Nina. Pour les deux la foudre frappe mais les mots manquent encore. Elle aussi est collégienne mais elle vit dans le foyer pour jeunes et vieux à la fois, sorte d’expérience sociale originale. La foudre donc et les cœurs qui s’arrêtent ou s’affolent, en tout cas qui vivent !
Marin et Nina d’un côté, leurs amis ou connaissances de l’autre. Alexandre Chardin prend soin de développer d’autres personnages : Yoan et son père qui n’arrivent pas à communiquer, Raphaël du foyer qui voudrait tout réparer après avoir beaucoup détruit.
Il y a aussi une solidarité notamment contre cette voiture noire qui symbolise beaucoup de choses. Et comme souvent chez Chardin, une personne âgée qui, elle aussi, ne veut plus avoir peur et veut réparer ou sauver. Quoi ? Qui ? Comment ?
« Nina et Marin restent longtemps à se regarder, ouverts.
Et nous cœurs battons.»
─ Alexandre Chardin, Faire fleurir la foudre
Lisez Faire fleurir la foudre. C’est beau et triste à la fois. C’est plein de violence mais aussi d’espoirs. Du Alexandre Chardin typique mais qui fait mouche. À chaque fois.



