Chroniques Musique

Sorry, sacré numéro !

Cela faisait un petit moment que les anglais ne nous avaient pas sorti un groupe dont ils ont le secret, entre buzz délirant et surexposition médiatique.

Cela fait souvent pschiiit, le résultat est souvent décevant, mais parfois, le miracle opère. Qu’en est-il donc des londoniens de Sorry, dont 925, leur premier album a juste la mauvaise idée de sortir au pire moment ?

Le groupe, bâti autour du binôme Asha Lorenz et Louis O’Brien qui se partagent voix et guitares, a déjà quelques années au compteur.

Le duo est en effet actif depuis 2017, après une première expérience sous le nom de Fish et s’est d’abord distingué en sortant moults singles et mixtapes, qui ont rapidement mis en lumière les compositions noisy rock d’Asha et Louis et entraîné d’inévitables comparaisons avec The Kills.

Comme leurs illustres aînés, Domino Records, toujours à l’affût, ne tarde pas à les repérer et les signent dans la foulée. Sorry, qui comprend dorénavant Campbell Blum à la basse et Lincoln Barnett à la batterie, prend son temps avant de composer l’album de ses rêves.

Pour se faire, ils s’adjoignent l’appui du producteur James Dring (Gorillaz, Jamie T, Honeyblood) et d’un saxophoniste et en ressortent 13 compositions qui dépassent rapidement la niche post-punk/grunge dans laquelle on aurait pu hâtivement les ranger.

A L’instar de l’inaugural et excellent Tight Around The Clock ou bien encore Rosie et leurs  ambiances jazzy, Sorry sait varier les plaisirs. Ils fricotent même avec le hip-hop sur l’étrange Wolf ou le final Lies(Refix).

925, sexy et langoureux, se révèle même malsain et tordu au fil d’un album plein comme un œuf, entre la voix traînante d’Asha Lorenz, qui rappelle par moment celle de Karen O’ et une atmosphère aussi brumeuse (In Unison) que bravache (Starstruck ou Rock’n’Roll Star).

Chaque chanson a un charme particulier et s’appuie sur une production impeccable, le groupe se trouve particulièrement à l’aise sur les morceaux les plus doux comme l’envoûtant As The Sun Sets ou le sensuel Heather, même s’il sait aussi envoyer du bois comme le démontre l’impétueux More.

Si l’album a parfois quelques longueurs, Sorry réussit parfaitement son coup, évite le piège du groupe à singles et laisse entrevoir de belles promesses déjà dévoilées par leurs nombreuses prestations scéniques en premiere partie de Shame ou Fat White Family.

925 est un album en argent massif, aucune excuse pour ne pas découvrir le premier bijou de Sorry !


 

925 – Sorry

 

Domino Records – 27 mars 2020

 

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Image bandeau : Sam Hiscox

 

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