
The Sick Man Of Europe
The Intermittent Signal
The Leaf Label
25 Septembre 2026
On ne sait pas grand chose sur The Sick Man Of Europe, apôtre de la discrétion, à part quelques vidéos vues ici ou là et des concerts déjà mythiques aux 4 coins de l’Europe. Le groupe cultive son mystère en noir et blanc, tout en témoignant d’un monde dystopique et déshumanisé.
Vous l’aurez compris, The Sick Man of Europe, d’après une expression inventée par le tsar Nicolas Ier de Russie pour désigner l’Empire Ottoman en plein déclin, n’est pas le roi de la gaudriole. Les comparaisons avec Joy Division n’ont pas tardé de surgir dès lors que le groupe est apparu sur la scène londonienne.
Un excellent premier album homonyme était paru en 2025 et nous replongeait dans la fin des 70’s et le début des 80’s convoquant Post-punk, cold wave à coups de synthétiseurs minimalistes. Un an plus tard, The Intermittent Signal remet le couvert, toujours aussi dark et nihiliste, mettant Bauhaus et Suicide à la sauce 21ème siècle.
Le premier morceau s’intitule Negative Stimuli, avec un refrain qui donne quelque chose comme ça : »If you’re not exploiting yourself, You’re exploiting someone else If you’re not destroying yourselfYou’re destroying someone else« . Pourtant, malgré cette ambiance de fin du monde, on se surprend à danser avec frénésie. The Sick Man Of Europe sait en effet sacrément bien emballer ses mélodies comme Chromophobia, qui pourrait laisser imaginer ce que Working Men’s Club feraient d’une reprise de Depeche Mode.
La suite est toute aussi haletante, un Apathy bien mal nommé, pas éloigné de Snapped Ankles, camarades de scène et de label (The leaf Label) ou un The Catogan Gate, diabolique, porté par l’étrange voix grave et métallique du chanteur. Eyeless Mindless ou Creatures of Habit nous plongent vraiment près de 50 ans en arrière, les synthés omniprésents, la rythmique robotique, quelques guitares perdues dans cette univers numérique, bandes-sons idéales pour un remake de Matrix.
The Sick Man Of Europe s’essaye même à la chanson d’amour avec A Love Song mais ne perd pas son humour noir, ouvrant sur un « I Need Chaos » pour se conclure par un « Fuck It » définitf ! The Intermittent Signal est définitivement un ovni, venu du passé pour annoncer l’avenir au son de The Sick Man Of Europe.



