Chronique Musique

Tiny Feet, le soleil se lève à l’Ouest

Tiny Feet / As An End To Death / Les Disques Normal SP
Ecrit par Beachboy

Autant le préciser d’emblée, ce n’est pas parce que Tiny Feet et votre humble serviteur sont voisins ou presque et que la solidarité bretonne n’est pas un vain mot que je couche les quelques mots qui vont suivre.

Son nouvel album As An End To Death est superbe, et puis c’est tout !

Derrière ces pieds minuscules bien occupés d’ailleurs à maltraiter ses pédales d’effet, se dissimule Emilie Quinquis, brestoise passée par Rennes, aujourd’hui installée sur Ouessant, la plus belle île du monde, avec son compagnon et collaborateur préféré, Yann Tiersen.

C’est d’ailleurs Yann qui produira son premier album paru en 2014, l’excellent Silent, joli premier essai entre Trip-Hop et rock expérimental.

On notera également C’H, sa réjouissante collaboration avec Chapi Chapo, qu’elle présente ici et là sur les terres bretonnes et qui réussit à me faire danser comme un diablotin, mon fils sur les épaules, comme si le rock s’invitait dans la cour d’école d’enfants espiègles.

As An End To Death est donc son nouvel album, enregistré principalement à Ouessant ainsi qu’à La Carène de Brest.

Tiny Feet assure quasiment tous les instruments et les compositions mais multiplie les collaborations avec quelques amis fort recommandables, Yann Tiersen bien sûr, mais également le grand King Creosote pour les merveilleux Boyfriend et The Desert, ainsi qu’Anjela Duval, Simon Smith ou encore le légendaire Gareth Jones (Depeche Mode, Liars, Wire…)

Entre ballades folk célestes, sa voix mutine  et ses ambiances oniriques, sombres et tendres, Tiny Feet nous attire comme des enfants perdus dans une sombre forêt enchantée, où la beauté se dispute aux peurs enfantines, comme sur le fascinant Like Lovers Do.

La présence de King Creosote est loin d’être innocent, tant l’univers de l’écossais et de la finistérienne est proche, entre douceurs mélancoliques, si vous ne pleurez pas sur l’émouvant The Desert, consultez rapidement !,  et envolées lyriques comme sur le majestueux Bombay Beach.

On pense également beaucoup à l’Islande, Soley ou Pascal Pinon en tête, pour cette aura mystérieuse et insaisissable faite de tout petits riens ou encore Le Volume Courbe (le très joli final Endless Mourning), pour cette folie douce qui se diffuse au grès des morceaux chantés de cette jolie et douce voix capable de colère aussi bien en anglais qu’en breton, que j’ai rarement entendu si bien chanté.

Beau disque, fort et troublant, As An End To Death vous embarque sur un frèle esquif, le cœur bien accroché,  à l’assaut des flots tumultueux, reliant la Bretagne au reste du monde, voyage mystérieux à l’issue incertaine.  Très beau disque !

As An End To Death est disponible depuis le 20 septembre chez Les Disques Normal

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1 commentaire

  • Emilie et Yann sont tellement « compagnons » qu’ils se sont même mariés à Ouessant il y a un peu plus d’un an (et en tenue bretonne mon cher)
    Très bon papier en tous les cas monsieur le finistérien pour un bel album

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