Chronique Musique

Toy, Happy In The Hollow, au cœur de la joie !

TOY
©Steve Gullick
Ecrit par Mag Chinaski

Le quatrième album de TOY, Happy In The Hollow est sorti le 25 janvier 2019 chez Tough Love Records / Differ-Ant, et après une première écoute le constat semble évident, ils ont évolué depuis 2012… certains groupes se bonifient avec le temps, laissant maturer leurs influences, il semblerait que les anglais soient encore montés d’un cran, après un relâchement sur leur dernière production, Clear Shot, mais ce n’est que mon humble avis.

Sept ans de carrière, originaire de Brighton, fabrique de pépites musicales, Bat For Lashes, Primal Scream, Bonobo… ses habitants VIP tels McCartney, Gilmour, Nick CaveTom Dougall (guitare/chant) monte le groupe en 2010… à Londres, avec Dominic O’Dair (guitare), Panda Barron (basse), Charlie Salvidge (batterie) et Alejandra Diez aux claviers, remplacée depuis 2015 par Max Oscarnold des Proper Ornaments.

TOY

TOY / Steve Gullick

Un premier album éponyme en 2012, aux ambiances psyché, shoegaze, noisy qui n’était pas passé inaperçu auprès de mes oreilles, ni de celles de The Horrors, pour qui ils ont assuré les premières parties de leur tournée de 2011, permettant au groupe de se frotter à la scène et de démarrer une carrière Ô combien prometteuse !

À peine un an plus tard, ils livrent Join The Dots, sur lequel nous retrouvons leur énergie rock psyché à tendance un peu sale, mais un élément en plus, qui ne sera pas anodin dans la suite de leur carrière, la voix de Dougall, plus assumée, moins noyée sous des nappes de réverb’, le son s’éclaircit et la teinte devient plus pop. Un bijou dans leur discographie.

Après un tel déferlement d’énergie, le temps est venu de faire une pause, changement de line-up, mais aussi une direction musicale largement plus pop se confirme, peut-être trop, en 2016 sort Clear Shot, largement en dessous du précédent album dans la prise de risque et la composition, avec quelque chose de palpable, comme si l’on sentait que s’ils arrivaient à trouver le juste équilibre entre le clair et l’obscur, les choses deviendraient claires, évidentes, peut-être le temps de roder cette nouvelle formation, ces nouvelles pistes.

TOY

Et ce retour semble signer une nouvelle direction, la nouvelle direction tant attendue, changement de label, quittant Heavenly Records pour Tough Love Records, et surtout un album entièrement produit et mixé par le groupe lui-même, et le miracle se produit !

Fin 2018, deux titres sortent, Willo/EnergyThe Willo, morceau le plus long de l’album, sept minutes de bonheur oscillant entre pop baroque et ballade pastorale, comme si Barrett avait flirté avec Manzarek, la guitare limite désaccordée, les synthés 70’s, un fabuleux mélange des genres, l’ensemble est prometteur, avec Energy en face B, les deux pendants de TOY annoncent la couleur, à l’instar du titre de l’album Happy In The Hollow, formule oxymorique, la joie, le vide… le juste équilibre !

Premier single, Sequence One, annonçant la sortie de l’album, et première séquence enregistrée en avril dernier, basse lourde bourdonnante, riff répétitif, ambiance kraut, progressive, aérienne, la batterie à 2min27, break addictif… je retrouve le son du groupe en plus ciselé, et je glisse doucement vers le second titre Mistake A Stranger, univers fantomatique, le thérémine, rythmique nonchalante, et toujours la basse obsédante, chaque élément occupe l’espace, les claviers 80’s, la guitare, arpège onirique, la voix de Dougall, plus en avant… l’album ne fait que commencer et je sais déjà que je ne vais pas voir filer les onze titres qu’il recèle.

Le morceau Last Warmth Of The Day, mantra envoûtant, rythmique trip-hop, et quelque chose qui fait Girl you’ll be a woman soon ♪… je sais que je ne suis pas la seule à avoir entendu cette influence, je souris en lisant mes notes.
Quand soudain, Jolt Awake, je pense à Can, à Neu!, le genre de titre qui met en transe dès les premières notes, la basse hypnotique, les claviers réverbérés, les riff aux accents morriconiens, le genre de titre qui peut mettre une Chinaski en transe assez rapidement, et après quatre écoutes, je sais que je tiens mon titre phare de cet album… matière à un remix efficace !

Ce qui est frappant avec Happy In The Hollow c’est que TOY semble n’avoir aucune limite dans son exploration musicale, nous ressentons une réelle liberté de leur part, un véritable travail de groupe, des touches familières, des associations surprenantes… un tâtonnement technique et l’émergence d’une entité à part entière au sein de laquelle chaque membre apporte sa touche.

Entre l’énergie électro-pop de Mechanism et les sonorités velvétiennes (Venus In Fur) de Strangulation Day, écrit par le bassiste Panda Barron, il y a de quoi être perdu… ou heureux de tant de routes à prendre, car les influences sont belles, dois-je lister le feeling, je vous laisse entendre vos madeleines, je continue la route avec les miennes… You Make Me Forget Myself, à la douceur sucrée de la dream, Ry Cooder, Barron au chant, Paris, Texas pour les images… de quoi partir loin !

L’album touche à sa fin, et c’est un sans faute, quand j’arrive sur cette merveille instrumentale, Charlie’s House, je pense à Pink Floyd, à Kozelek, je me laisse doucement bercer par cette ballade acoustique, interlude de douceur… et j’arrive à la fin avec Move Through The Dark qui sonne post-punk, on aura tout vu avec TOY, et là je sais que j’ai déjà envie de l’écouter encore, beaucoup d’influences, un terrain musical d’une richesse infinie, des vides à combler dans la joie, un projet plutôt ambitieux que le groupe mène avec une grande élégance, à découvrir d’urgence depuis le 25 janvier !

Le nouvel album de TOY, Happy In The Hollow est sorti le 25 janvier 2019 chez Tough Love Records / Differ-Ant, il est disponible en CD, Vinyle et Digital par ICI mais surtout chez tous les bons disquaires !

En concert en France :
Le 21 Février à Rennes, festival La Route du Rock Hiver
Le 2 Mars à Paris, Petit Bain
Le 9 Mars à Lyon, festival Transfer

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