Avec un deuxième long format en partie écrit dans une ferme située à Neufchâtel-en-Bray, TVOD transforme son « surf-punk » en fracassante machine à danser. Les Brooklynois exhibent avec concision et sans détour un nouvel album d’une efficacité redoutable.
TVOD intensifie encore bien plus que pour le séduisant Party Time sa furie jouissive, ne laissant aucun temps mort entre les pistes tirés de sa nouvelle livraison. Chaque morceau repousse le suivant avec ce qu’il faut de sueur et de rictus contagieux. On pense encore aux Pixies lancés à pleine vitesse dans un esprit garage US trop étriqué pour contenir tout cet entrain.
Le son demeure abrasif et devient vite addictif (le single Wet Brain va résonner longtemps dans vos têtes). The Farm s’articule ainsi comme un défouloir XXL, taillé pour des corps en mouvement et des têtes bien conscientes.
En effet, cette débauche exaltée ne masque pas un regard lucide vis-à-vis du réel. Le sextuor analyse son époque avec un sourire acide. Référence champêtre mais surtout littéraire, plus particulièrement l’univers de George Orwell : Questionner le pouvoir, l’hypocrisie et l’absurdité contemporaine. L’égalité devient un slogan fragile. Les liens sociaux se fissurent. L’humain devient une marchandise. Même le fantasme d’un retour à une existence plus simple ne résiste pas à la réalité.
Pour autant, TVOD est bien loin de s’incliner dans une posture morose, préférant largement transformer le malaise en carburant, invoquant davantage l’ardeur que le renoncement. The Farm percute grâce à ses critiques et sa furieuse envie de tout envoyer valser. Accrocheur, tranché et empli de verve !

TVOD · The Farm
Mothland – 16 Octobre 2026


