Addict Report

We Love Green 2018 : We love music & good vibes !

We Love Green
© Mathieu Foucher
Ecrit par Johann

Après une semaine aux multiples orages, les cieux sont cléments pour cette nouvelle édition du Festival We Love Green 2018 : en ce dimanche 3 juin le soleil trône solennel et bienveillant au-dessus du bois de Vincennes.

Nous arrivons en milieu d’après-midi, et après un rapide petit tour du site pour repérer l’ensemble des scènes, nous atterrissons sur une pelouse à côté de la « Canopée » où commence le set de Lauren Auder. Allure androgyne, voix grave chuchotée, mélange de pop épurée flanquée d’un beat minimaliste sur lequel viennent se poser quelques cordes, ce jeune homme de 19 ans commence à faire parler de lui et on lui souhaite le plus grand bien.

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On s’éclipse pourtant après trois chansons car il y a Moritz Von Oswald que je voulais voir sur la scène « Lalalaland » dédiée aux musiques électroniques. Le monsieur est bien sérieux dans son costume endimanché, mais il envoie un mix branché et énergique devant une foule rassemblée de connaisseurs. L’ambiance du festival est légère et plutôt bon enfant, nous restons une petite demi-heure, puis direction la « Clairière » où joue Mount Kimbie au même moment et qui nous procure la première grosse claque de la journée. Entre pop psychédélique et électro classieuse, le groupe emmène littéralement le public avec lui, première vraie ovation de la journée. Un set trop court du coup.

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C’est au tour de Father John Misty d’envahir la grande scène, j’étais curieux de les voir et le combo d’une dizaine de musiciens se montre convaincant. Cuivres, cordes, piano, batterie, du bon rock indépendant venu des États-Unis, avec la voix suave et grave du chanteur Joshua, dandy à grosse barbe, lunettes de soleil, il se déhanche élégamment et se montre volubile devant un public acquis à sa cause. Point d’orgue avec son morceau Pure comedy et son envolée lyrique de cuivres.

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On file bien vite voir Charlotte Gainsbourg. Au passage, on entend Young Marco qui envoie un bon son électro devant un public festif. Nous contournons les stands de nourriture en nous arrêtant sur la route à un stand de burger (12 euros pour un burger seul ! La politique de prix peut surprendre ; certes les restaurateurs choisis offrent des critères qualitatifs, mais vu le débit de nourriture et de boissons pendant le festival, cela pourrait en être autrement. Prévoir un bon budget, les festivaliers qui déjà dépensent entre 50 et 60 euros pour l’entrée sur le site, devront compter au moins 40/50 euros en plus par jour).

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Nous dégustons notre burger (heureusement très bon par ailleurs) dans la « Clairière » bien remplie pour l’actrice-chanteuse préférée des français. Charlotte Gainsbourg est pour moi la belle révélation du jour ! Touchante, discrète ou distante (réfugiée derrière les musiciens ou son piano), elle égrène ses chansons avec beaucoup de douceur, et électrise le public qui l’aime de façon claire et évidente. Au break électro de son single d’une efficacité redoutable, Deadly Valentine, elle finit par s’avancer vers lui sur le devant de la scène et il la cueille d’une belle ovation enthousiaste.

De ballades pop éthérées en beat électro minimaliste, Charlotte Gainsbourg nous livre un set planant et d’une élégance folle. Instant d’émotion aussi lorsqu’elle rappelle avoir dédicacé son album à sa sœur Kate, elle lui dédie aussi aujourd’hui le morceau qui porte son nom. C’est beau, osé même, de se lancer dans quelque chose d’aussi intimiste en festival, et cette audace a charmé le public qui l’applaudit pour la soutenir. Elle reprend aussi Lemon Incest, armée de la même belle désinvolture que son père. Une alchimie totale entre tous et beaucoup d’amour ! Oui : Charlotte Forever.

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Nous nous posons quelques minutes écouter The Internet sur la grande scène, puis filons voir la fin du set de Daphni (autre projet de Caribou) que j’avais déjà vu et qui a fait bouger comme il se doit les green-teufeurs. Enjoué, chaleureux, il prépare le terrain à Agoria qui fait une entrée en matière digne d’un Grand, il cueille d’emblée le public qui s’amasse vite devant lui, l’ambiance monte d’un cran, tout le monde danse ! Frustrés de ne pouvoir assister à la fin de son DJ set, on se sauve, il est déjà 21h30, et c’est le concert de Björk qui va commencer sur la grande scène. Oh frustration pour le public avec des sets qui se chevauchent en festival…

On se glisse parmi la foule de l’autre côté moins dense, sur scène un décor a été installé, de hautes herbes vertes, un coquillage fermé sur le côté, une harpe, une batterie, une console, et un écran géant en toile de fond, ça promet un concert unique et c’est le cas pour l’artiste en France cette année.

Björk nous livre une performance magnifique, nous emmenant une nouvelle fois dans son univers féérique avec son dernier album sorti en 2017, Utopia.

9 des 14 morceaux joués en sont issus, notamment The Gate d’une puissance émotionnelle rare :

My healed chest wound / Transformed into a gate / Where I receive love from/ When I give love from / And I care for you, care for you, répété en litanie jusqu’à t’en donner des frissons.

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Elle nous gratifiera toutefois de Isobel et Human Behaviour morceaux cultes de ses deux premiers albums, du sublime Wanderlust de Volta et finira sur l’énigmatique Notget de Vulnicura alors que la nuit est tombée. Un set d’1h15 qui aurait largement mérité un rappel. Si personnellement j’ai été subjugué par la prestation, le public a un peu déserté les rangs devant la radicalité du concept du concert. Un rappel avec quelques titres phares auraient ravis tout le monde, il est vraiment dommage que la tête d’affiche du festival joue si peu de temps…

L’autre petit bémol : les dommages collatéraux avec le son de la scène « Lalalaland », Nina Kraviz, qui elle, avait deux heures de set, enchaînait après Agoria et le son électro trop fort venait gâcher la qualité de celui de Björk. Quand on a la chance d’avoir une artiste comme Björk je trouve de ne pas penser à des configurations sonores pour que ceci n’arrive pas.
À trop vouloir remplir pour proposer un maximum de noms à son public, on finit par décevoir celui-ci j’ai pu l’observer autour de moi. Il faut penser les scènes, leur emplacement et la programmation en fonction du son proposé, c’est la base d’un festival pour éviter le capharnaüm.

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C’est donc Nina Kraviz qui termine cette édition We Love Green 2018. Nous la rejoignons pour une dernière heure, et, le moins que l’on puisse dire, c’est que l’ambiance est joyeuse et épicurienne pour ces derniers instants alors que le festival se vide côté grande scène. Sweater à capuche, attitude de conquérante survoltée, Nina Kraviz termine en beauté cette édition 2018, l’ambiance est si chaude que lorsqu’elle termine à minuit, un road lui dit qu’elle peut continuer un peu, les derniers clubbers présents sont hystériques, ça saute et crie dans tous les sens, on ne veut plus partir. Très étrange en repartant de voir déjà la moitié du site fermé, c’est un peu surréaliste, la fête est déjà finie.

 

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La qualité du festival est à saluer, le site était très propre ce dimanche alors qu’il y avait eu une journée de concerts la veille, l’organisation a été efficace sur l’entrée, les stands proposés étaient variés et de qualité; chouette idée aussi que toutes les aires de récréation et de détente. J’adore aussi les grands drapeaux qui flottaient au vent, dansant dans les derniers rayons de soleil au crépuscule.

Je n’ai pas parlé des débats/rencontres qui avaient l’air intéressant par ailleurs, je n’ai pas du tout eu le temps d’aller y faire un tour.  Les petits bémols soulevés plus haut n’ont en rien gâchés la journée, je les signale juste (avec beaucoup de bienveillance) car il me semble que ce sont là les points à améliorer du festival. Tout est allé assez vite, je me suis concentré sur la musique, du coup on glane par-ci par-là, et mise à part la déception pour Björk qui méritait vraiment un set plus long que les autres artistes, l’édition de la We Love Green 2018 était très réussie, il y avait un bon esprit de la part des festivaliers, un dimanche printanier plein de good vibes !

« Merci bien ! » comme dit Björk avec son accent trop mignon.

Un grand merci à Mathieu Foucher pour ses magnifiques photos. Retrouvez-le sur son site et sur instagram.

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