Brèves de Platine

Working Men’s Club : Fear Fear

Working Men's Club

Fear Fear – Working Men’s Club

La recette est sensiblement identique à leur première salve (l’homonyme objet sorti en octobre 2020) mais, en poussant davantage sur la molette, les beats semblent d’une effervescence accrue, encore plus âcre et rugueux. Il faut dire que l’écorché Sydney Minsky-Sargeant déverse cette fois-ci sa rage existentialiste dans les noirceurs d’un élan « post-synth-punk » grinçant, celui de Fear Fear où le propos carnassier offre aux tensions du moment un exutoire saillant. Les machines ont pris le contrôle de la salle de pilotage mais la bande menée par son jeune maître à danser balance autant son électro glaciale qu’un paquet de tentations martiales.

On notera, à l’écoute de cette deuxième frappe, Cut et ses métronomiques touches contrastant avec des guitares fiévreuses qui rivalisent avec un chant haché tout en se parant d’une escalade hautement grisante. Dans la foulée, Rapture décoche des griffures tentaculaires histoire de propulser un refrain totalement dingue au service d’une inspiration martelée dans les forges d’une histoire mancunienne exempte de toute retenue superficielle. Working Men’s Club vient de réussir un grand coup en cognant abondamment au gré d’angoisses partagées, réussissant cette prouesse à la lueur d’une jubilation sonore non feinte même si les mâchoires restent serrées. Assurément un grand disque témoin des années tourmentées que nous vivons.

Heavenly / [PIAS] – 15/07/2022

 

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Image bandeau : Lillie Eiger

 

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