Back to...Chronique Musique

[Back to 1967] Comment le groupe légendaire The Doors est né

[mks_dropcap style= »letter » size= »85″ bg_color= »#ffffff » txt_color= »#000000″]S[/mks_dropcap]’il fallait retenir une année culturelle foisonnante, ce serait bien 1967. Incontournable dans le monde de la musique, elle porte en son sein la création du premier album des mythiques The Doors. Le charismatique Jim Morrison et ses compères signent le 4 janvier 1967 chez Elektra The Doors, aux sonorités très éclectiques mais reconnaissables entre mille. Un album d’abord contesté puis acclamé à jamais.

the doors

Jazz, psychédélique et résolument rock’n’roll, The Doors révèle le potentiel des textes poétiques de Jim Morrison et la patte d’artiste du groupe américain. Le chanteur au tambourin et aux maracas, Ray Manzareck à l’orgue électrique et piano basse, Robby Krieger à la guitare et John Densmore à la batterie (formé à l’école du jazz). L’accompagnement musical minimaliste, que l’on retrouve de morceau en morceau, est dominé par des sonorités jazz mais aussi par le flamenco ou la musique indienne.

Cette jolie bande produit dans cet album les chansons qui représenteront leur style inimitable, d’ailleurs difficilement classable. Un orgue omniprésent, des riffs percutants et la voix envoûtante de Morrison : tous ces éléments nous plongent dans une magie musicale aux diverses facettes. Des textes très poétiques, déjà empreints de l’influence lysergique, comme Soul Kitchen ou The Crystal Ship qui relate la première relation amoureuse du chanteur, mais aussi des chansons easy-listening telles que Twentieth Century Fox, I Looked At You ou encore Take It As It Comes. Il serait impossible de passer à côté de Alabama Song, tirée de l’opéra Grandeur et décadence de la ville de Mahagonny : les paroles empruntées au dramaturge allemand Bertolt Brecht témoignent de l’intellectualisation réelle de la musique par Morrison. Les sonorités étranges et originales paraissent tout droit venues d’un cirque. Le rock’n’roll circus ?

L’album, enregistré en seulement une semaine, connaît un succès mitigé jusqu’à la sortie de Light My Fire, réenregistré en single au printemps 1967. Ecrite par Robby Krieger et inspiré de Bach, ce titre aux sonorités planantes devient rapidement Number One et sera considéré comme culte. Il propulsera la carrière des Doors à une vitesse folle, l’ensemble de la presse admirant le potentiel lyrique du groupe et la voix sensuelle voire sexuelle de Morrison. Invité sur le plateau d’une émission pour chanter Light My Fire, ce dernier refusera de changer les paroles « we couldn’t get much higher » (« nous ne pourrions pas planer plus haut »), ce qui marque le début de sa rébellion de poète maudit.

https://www.youtube.com/watch?v=deB_u-to-IE

Bien qu’acceptable en apparence, cet album sera le premier d’une suite moralement répréhensible : on y trouve le message subliminal du groupe à « passer de l’autre côté » grâce à la drogue dans Break On Through (To The Other Side). Le vers « she gets high » sera d’ailleurs censuré par Elektra. Le sous-entendu sexuel et les paroles choquantes de la reprise de Back Door Man, originellement composée par Willie Dixon – « Je passe derrière, les hommes ne savent pas mais les petites comprennent » ou encore l’improvisation, lors d’une prestation, de Jim sur une partie de The End, morceau final à la musique hypnotique feront polémique.

Après avoir pris du LSD et visiblement inspiré par Freud, il conte à sa façon sur The End le complexe d’Œdipe – « Père. Oui, fils ? Je veux te tuer. Mère, je veux te baiser toute la nuit ». La légende Morrison, avec ses frasques et ses provocations, est née.

Site officiel

  •  
    41
    Partages
  • 37
  •  
  •  
  • 4
  •  
  •   
Afficher plus

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page