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Nos addictions du premier semestre 2018 !

premier semestre
Ecrit par Team Musique
Avant de partir faire le plein de nouveautés pour quelques semaines nous voulions vous faire part de notre bilan musical du premier semestre de cette année 2018.
Vos chroniqueurs tant aimés vous présentent, chacun leur tour, les albums qui les ont accompagnés au fil de ces 6 derniers mois. Sans classement, une simple présentation qui vous permettra peut être de trouver l’album chouchou qui vous accompagnera cet été ! 

 

Par French Godgiven

En dressant la courte liste des disques qui m’ont le plus marqués au cours des six premiers mois de cette année en cours, je me suis rendu compte qu’ils sont tous liés par une volonté de leurs créateurs de dessiner des univers alternatifs, fantasmés ou craints, mais au sein desquels la réalité reprendrait régulièrement ses droits.

Ainsi, de la techno alternativement brutale et spacieuse de Jon Hopkins au transhumanisme optimiste et rêveur de JB Dunckel, du cocon tissé d’émouvants souvenirs frottés à l’âme rebelle de Meshell Ndegeocello au rétro-futurisme acerbe et bouillant des Arctic Monkeys, sans oublier la noirceur tendue et implacable de Vox Low, j’aurais été décidément plus sensible aux œuvres portant en elles une confrontation, feutrée mais évidente, avec la complexité anxiogène de notre époque contemporaine.

Au rayon formats courts, j’ai été séduit par l’onirisme féministe d’Arman Méliès, la folie douce de Régina Demina, le revival grunge pop croustillant de Fantomes, l’électro-pop vaporeuse de Rubin Et Le Paradoxe ou encore les fascinants télescopages des revenants de Ride.

 

Par Ivlo Cold

J’ai l’impression que ce premier semestre 2018 a filé à la vitesse de la lumière. J’ai forcément manqué un florilège de belles choses à coller dans les oreilles mais c’est un ressenti évidemment subjectif qui me conduit à dresser une liste de cinq albums et autant d’EPS.

La plus grosse des claques revient à une jeune suédoise dont l’univers justifie l’emploi de mon pseudo. Anna von Hausswolff m’aura totalement envouté avec ses orgues intenses, l’album Dead Magic « risque » donc fortement de se trouver en haut de la pile lorsqu’il faudra établir le bilan du millésime en cours.

Beach House avec l’excellent 7 aura réussi également à squatter ma platine grâce à des nouvelles diffusions finement assemblées.

Dans un tout autre registre, Young Fathers remporte le trophée de la révélation de ces six premiers mois grâce à leur Cocoa Sugar blindé d’une fusion sémillante des genres.

Preuve de la richesse de goût qui m’anime (en toute modestie), j’ai retenu également dans cette short list la subtilité des nappes minimales et électroniques de Nils Frahm. All Melody fait partie intégrante des disques qui tournent régulièrement lorsque le temps est venu de calmer les ardeurs de la journée.

A l’inverse, The Soft Moon nous aura balancé un uppercut sombre et froid dans la face avec Criminal, un disque clivant mais terriblement jouissif pour celles et ceux qui apprécient les ambiances tendues !

Au rayon des EPS, je note en tête de gondole les percussions incisives de Tchewsky & Wood … sans oublier la rage de Protomartyr comme une énième ivresse chez My Brightest Diamond ou les trésors cachés chez Robin Foster et Arman Méliès

Vivement la suite !

 

Par Davcom

Je suis heureux que ces deux derniers mois aient été plus fructueux qu’une première partie d’année assez pauvre de mon point de vue. Pas beaucoup de découvertes pour ma part même si Lucy Dacus et son excellent Historian peut jouer ce rôle.

Du côté de Parquet Courts, pas de mauvaises surprises, les Américains sortant un disque, un de plus, réjouissant. Wide Awake! sera aux avant-postes lors de la distribution des prix de fin d’année.

Après un triptyque avec Richard Swift, les albums de Damien Jurado commençaient à ronronner un peu. Retour en forme avec The Horizon Just Laughed, disque sur lequel il se retrouve seul à la barre, comme à ses débuts.

Comme vétéran en forme, Stephen Malkmus se pose-là. Son Sparkle Hard en compagnie des Jicks ne révolutionne rien, mais prouve si besoin en était que le talent se conjugue aussi avec le temps qui passe.

Et enfin, last but not least, les autres vétérans américains de Yo La Tengo, qui nous offrent un disque pas si évident aux premières écoutes mais qui se dévoile au fur et à mesure. There’s A Riot Going On. Quant on sait qu’Ira Kaplan est sexagénaire et que sa compagne Georgia Hubley n’en n’est pas loin, c’est pas mal comme constat.

 

Par Beachboy

Aux côtés de quelques amis américains incontournables depuis quelques années, j’ai surtout été impressionné par tout un tas de jeunes musiciens français, sous le haut patronage de Monsieur Dominique A dont l’excellent Toute latitude aurait largement mérité de faire partie de ma petite sélection.

On regrette déjà de ne pas y faire non plus apparaitre les très doués Dragon Rapide, Woody Murder Mystery ou bien encore An Eagle In Your Mind, mais on se félicite d’y avoir glissé les splendides En Attendant Ana, le disque que j’ai le plus écouté depuis ce début d’année ou le trop méconnu Grand Veymont et ce petit bijou krautrock qu’est Route Du Vertige.

Pour le reste, c’est du grand classique. Parquet Courts confirme qu’il est le meilleur groupe de rock indé du monde, Oneida est le meilleur groupe tout court, alors que Protomartyr, soutenu par Kelley Deal nous sort déjà l’EP de l’année.

ET que dire de Freedom d’Amen Dunes, en compagnie de l’inclassable Mount Eerie, si ce n’est que c’est le disque le plus émouvant de ce début d’année !

 

Par David Jégou

L’album le plus marquant de ce premier semestre 2018 nous a tous pris par surprise. Qu’il est rassurant de savoir qu’un groupe aussi célèbre que les Arctic Monkeys soit capable de se réinventer et de brouiller les pistes. Tranquility Base Hotel & Casino est sur papier un énorme prise de risque. Le piano a pris la place des guitares, les structures sont parfois complexes, mais la magie opère. On n’est pas prêt d’avoir cerné toutes les richesses de ce monument de la pop.

Dans une moindre mesure, l’album de Gaz Coombes est la confirmation de sa réinvention en artiste solo. World’s Strongest Man est une version toutes guitares dehors de Matador, son album précédent. On le sent plus libre, ne se fixant aucune limite. Le résultat, expérimental mais immédiatement accrocheur, témoigne d’une maturité d’écriture digne des plus grands.

Parmi les autres albums marquants, on notera l’excellente surprise de Le Kov, nouvel album de Gwenno chanté uniquement en Cornique. Tim Gane, après Stereolab, continue ses expérimentations Krautrock avec succès avec Hormone Lemonade, nouvel album de Cavern of Anti Matter. Enfin, amateurs de pop, il serait dommage de passer à côté d’Homotopia, premier album du canadien Sam Vance Law qui fait preuve d’une ambition à couper le souffle.

 

Par Jism

Un premier semestre en demi-teinte me concernant. De belles découvertes (En Attendant Ana, The Saxophones, SO Duo), des retours extraordinaires (Altar Of Perversion, Josh T. Pearson), des déceptions (The Ancients, Corrupted notamment), de très bons disques (Jon Hopkins, le retour de Dominique A, Dr Octagon), d’autres excellents (Carla Bozulich, Oneida, la série d’albums produits par Kanye West) mais rien de véritablement transcendant pour ce début d’année.

Bon, après, je n’ai pas encore écouté complètement la nouvelle série de disques de Autechre et le peu que j’ai pu écouter de David Garland avec Verdancy me fait dire qu’on tient là un des grands albums de cette année. Mais, pour l’un comme pour l’autre, il faut prévoir au moins quatre heures devant soi pour pouvoir les écouter, ce qui n’est pas rien vous en conviendrez.

Maintenant, ce n’est qu’un bilan de mi-année, d’autres découvertes nous attendent, d’autres excellents disques pointent le bout de leur nez (le nouvel album de Sharron Kraus, l’extraordinaire Ned Collette entre autre) et comme chaque année, dans six mois, ce sera la foire d’empoigne pour savoir qui a sorti le meilleur disque de 2018. Et comme chaque année, avec la mauvais foi me caractérisant, ce sera encore moi qui aura raison.

 

Par Niniepeaudchien

Ce qui est bien quand on est immobilisée chez soi presque non stop depuis janvier, c’est qu’on a beaucoup de temps pour soi et ainsi nourrir son épicuriosité musicale insatiable ! J’avoue, j’ai eu la chance d’avoir pu écouter des dizaines et dizaines de disques en six mois et les albums qui me restent ne sont pas forcément ceux que l’on retrouvera inévitablement partout dans les tops de fin d’année mais plutôt des disques que j’oserai qualifier de copains car chacun à sa manière a su être présent quand et où j’en avais besoin.

Dans la catégorie « les potes que tu appelles quand tu as envie d’une soirée à cent à l’heure sans état d’âme ni blabla introspectif soporifique », je nomme les efficaces Sunflowers avec leur album Caste Spell, que j’ai hâte de voir sur scène à l’automne pour voir de quel bois ils se chauffent hors studio.

Dans la catégorie « les amis un peu intellos avec qui on parle sérieusement sans pour autant se prendre au sérieux et qui nous élèvent »,  je citerai Olden Yolk et leur fabuleux premier album éponyme. 10 titres qui m’ont envoûtée immédiatement et dont le charme continue d’opérer des semaines après.

Dans la catégorie « la copine un peu bitch à qui je raconte tout entre larmes et fous rires idiots après abus de gin tonic », j’invite Caroline Rose et son LONER, un album parfait pour envoyer valser le vague à l’âme.

Dans la catégorie « c’est dans les vieux potes qu’on fait les meilleures galettes », je convoque le retour de Stephen Malkmus & The Jicks avec leur Sparkle Hard. Rien de nouveau sous le soleil mais pourquoi changer une recette qui fonctionne si bien et dont je ne me lasse pas. Et puis la fidélité, c’est reposant pour l’esprit parfois aussi.

Dans la catégorie l’amie « Anne ma sœur Anne ma confidente de l’âme », j’appelle L aka Raphaële Lannadère et son sublime troisième album intitulé Chansons dont les textes raffinés et bouleversants et les orchestrations magistrales aux cordes continuent de me hanter

Dans la catégorie  » mes voisines sont aussi mes copines et je les aime bien aussi », il m’est impossible de taire deux excellents EPs lyonnais sortis cette année. D’abord celui de CMK, She Changed Her Mind, petit bijou de délicatesse folk et la confirmation de Lux’s Dream qui nous avait déjà séduite l’année dernière et qui a sorti ce printemps un nouvel EP éponyme tout aussi réjouissant.

Un début d’année riche et éclectique en somme. Vivement la suite.

 

Par Lloyd _cf

C’est un étrange premier semestre qui vient de nous filer sous le nez. Alors qu’on entendait les ronchons répéter à l’infini qu’il ne se passait pas grand chose, les titres intéressants défilaient sans même qu’on ait le temps de tous les écouter et si les découvertes et les nouveautés se faisaient un peu moins prolixes, des noms confirmés ne décevaient pas, à l’instar de Beach House qui parviennent à se renouveler sans changer, en gardant cette stase, cet état hors du temps qui les a toujours caractérisés.

Les vétérans du hip-hop Dr Octagon revenaient pour nous coller une nouvelle droite en pleine face et on ne boudait pas notre plaisir de retrouver le flow unique de Kool Keith à nouveau côtoyer le génie de Dan the Automator et les scratches hallucinants de DJ Q-Bert. Idem pour les Breeders qui, avec le line up de rêve de Last Splash renouaient avec l’excellence et Anna von Hausswolff qui enfonçait le clou de son cercueil musical à l’atmosphère lourdissime. Dans les tous meilleurs, seule BOYS représente la nouveauté, issue qu’elle est de l’excellente écurie PNKSLM dont chaque sortie pop lo-fi est une splendeur.

On trouvait plus de punch et de nouveauté dans les formats courts, qui s’affirment de plus en plus comme le format de prédilection de nos jours de courte attention des auditeurs. C’est d’ailleurs d’un endroit tout à fait inattendu, le pays du Soleil Levant, que sont venues les plus grosses baffes musicales de l’année, en mélangeant absolument tout et n’importe quoi et en créant ce qui est peut-être l’unique nouveauté musicale de ces temps-ci, l’anti-idol, un genre qui n’existe pas du fait même de sa diversité, mélange extrêmement étrange de musique brutale et de variété, représenté ici par le groupe qui fait le plus le grand écart du lot, Candye Syrup, et un autre combo plus sombre et moins abrasif, JyuJyu.

Côté pop plus traditionnelle (occidentalement parlant, bien sûr), on retrouve le label suédois PNKSLM avec la belle réussite de Sibille Attar qu’on complétera par le psychédélisme du EP conjoint de No Joy et Sonic Boom. Mais on garde le meilleur pour la fin. Représentant l’Australie, pays qui nous réserve pour la fin 2018 d’énormes surprises, vous verrez, on se délectera de la réédition du premier EP de l’incroyable Stella Donnelly, dont la franchise et la brutalité textuelle pourraient bien réveiller quelques consciences.

 

Par Christophe Gatschiné

Puisque c’est d’actualité, s’il faut refaire le match de ce premier semestre, on retiendra qu’Alain Chamfort conforte son statut de capitaine de l’équipe de France pop avec le magistral Le Désordre des Choses, habité et ample, oscillant entre classicisme et créativité. Un inspirateur sans doute pour l’insaisissable et sagace Barbara Carlotti – ils partageaient la scène du Café de la Danse le 13 juin dernier à l’invitation d’Arnold Turboust – qui pénètre toutes nos défenses sur le bien nommé Magnétique, véritable objet de fanatisme. Esprit (d’équipe), sens du jeu et beauté du geste… des qualités que possèdent déjà les poussins du rock hexagonal En Attendant Ana dont le coup d’essai franc et direct Lost and Found porté par l’hymne The Violence Inside va droit au but avec une telle fougue qu’il ne laissera personne sur le banc de touche.

Côté ligue de champions anglais, Thomas White, transfuge d’Electric Soft Parade et Brakes, signe chez The Fiction Aisle pour un 3e album, Jupiter, Florida, de haut vol tandis que les vétérans Ride et The Charlatans, loin de toute mi-temps après leurs albums respectifs, se démarquent sur EP à coups d’inédits et autres chutes de studio dont peuvent être jaloux leurs coéquipiers.

Enfin, l’Américain Jeremy Jay, qui évolue encore dans l’ombre, endosse un maillot noir et s’aventure sur terrain synthétique pour un duel avec ses propres Demons. Puisse-t-il accéder enfin à la première division.

 

Par Camille

Le top semestriel a été compliqué à faire cette année. Parce que j’ai majoritairement écouté des disques bien plus vieux. Car oui la musique allant tellement vite, 2016 c’est déjà loin… Mais de belles choses sont sorties, quand même. D’abord  The Much Much How How and I de Cosmo Sheldrake. Le londonien au nom bizarroïde qui n’est pas un pseudonyme y fabrique un univers complexe et fantastique entre fanfare pop et envolées baroques.

Dans un esprit indé plus classique, c’est Haley Heynderickx qui sort du lot. Avec une voix voilée à la Feist, Haley Heynderickx délivre huit sublimes chansons folk rock enclines à la rêverie, comme le doux nom de l’album I need to start a garden.

Ce sont deux disques sans paroles qui suivent. En premier, Echo collective plays Amnesiac (de Echo Collective). Le groupe post classique reprend un des plus beaux albums du meilleur groupe de la terre. Cela aurait pu être totalement raté. L’ayant inclus dans cette liste, c’est qu’il ne l’est pas. Allez jeter un coup d’oreille, vous verrez (gros coup de cœur pour la version de I Might Be Wrong.) Ensuite, le québécois Jean-Michel Blais. Pianiste que j’ai  découvert sur le superbe Lullaby de Brigitte Naggar, alias Common Holly, puis avec son premier album dénommé II, c’est au tour de Dans ma main de tourner en boucle. À la fois minimaliste et plein d’émotion, son second opus suit le concept de II. Enregistré de façon brute (dans son salon), les accidents sonores deviennent beaux; comme lorsqu’une prise est interrompue par un coup de téléphone. Jean-Michel répond et la garde sous le joli nom de a heartbeat away. C’est ce qu’on appelle la grâce.

Je termine ce top 5 avec ma nouvelle obsession Jorja Smith. J’écoute peu de soul, et jamais de r’n’b, c’est vrai. Mais Lost & Found est juste superbe et a tout d’un classique du genre.

 

Par Anaïs

Je n’échappe pas à la règle du bilan semestriel pré vacances. Alors parmi toutes les sorties musicales plus splendides, prometteuses ou réconfortantes les unes que les autres s’il en est quelques unes que je rappelle à votre mémoire avec joie, Beach House se place en tête avec la sortie de leur nouvel album, 7, pas besoin d’en faire des tonnes, tout y est grandiose, de bout en bout. Vivement octobre et le Casino de Paris, je vous le dis. Et puis en vrac, et sans hiérarchie vous rappeler l’OVNI Eddy de Pretto et son album Cure, la joie de retrouver Dominique A avec le merveilleux Toute latitude, et aussi les grands, très grands, Arctic Monkeys avec le Tranquility Base Hotel & Casino.

Pour finir, envoûtante et hypnotique Jorga Smith dont je n’attendais pas moins que cet album, Lost & Found, que j’écoute en boucle.

 

 

Par Greg Bod

Top semestriel !! Top 5 !!! Quel supplice, quel dilemme pour quelqu’un comme moi qui vit musique, qui dort musique, qui mange musique. Je suis certes connu pour mon enthousiasme débordant, il faudra donc sans doute relativiser quelque peu mes ardeurs mais je peux bien vous le chuchoter au creux des oreilles, 2018 s’annonce pour l’instant une belle année. Il m’aura fallu laisser de côté quelques disques pour ne retenir que le tout meilleur, l’essentiel. On pourra citer ici pour leur rendre justice le premier album de The Saxophones ou celui de l’allemand Tim Linghaus, On pourrait aussi parler de Fallen, le nouveau Taylor Deupree mais comme je suis un homme honnête, je ne tricherai pas avec les règles pré établies pour ce top de semestre…. On ne parlera absolument pas du sublimissime chef d’œuvre de Liz Harris de Grouper. On ne perdra pas non plus de temps en disant qu’avec la sortie de La Fragilité le 05 octobre prochain, le second opus proposé cette année par Dominique A, Toute latitude prendra tout son sens. On ne conseillera pas en passant l’écoute indispensable de Cordes par le pianiste Rougge… Bref, on ne parlera pas de tout ça car on a pour habitude de respecter les règles. On m’a dit de parler de cinq disques, je parle donc de cinq disques, je suis un garçon discipliné…

Anna von Hausswolff n’en finit pas de confirmer tout le bien que l’on pense d’elle à travers des disques ombrageux, courageux et déroutants, une espèce de rencontre improbable entre Nico et les Swans ou Dead Can Dance et des tentations Noise. Âmes sensibles ne pas s’abstenir.

Autre proposition, autre singularité, celle d’Andy Cartwright, guitariste de folk ambient (pour faire simple) qui joue avec les nuances, le silence et les boucles.

Toujours dans un goût pour la différence, on mettra en avant les arrangements les plus inventifs de l’année par un jeune musicologue anglais au faux-nom de magicien mais aux vrais super pouvoirs, Cosmo Sheldrake. Ce jeune musicien renvoie à ses chères études Zach Condon de Beirut et ressuscite un peu de ce que l’on aimait chez Kevin Ayers. Une pop 3.0 à la fois immédiatement classique et totalement foutraque.

Encore et toujours dans cette marotte d’étrangeté, on pourrait parler de Jonathan Bree, l’ex-chanteur des Brunettes qui sort un disque comme un télescopage entre les deux périodes distinctes de Scott Walker. Avec Sleepwalking, ce troisième album, le plus abouti, se révèle à nous une nouvelle forme de crooner, un crooner neurasthénique en mode Droopy.

Mais définitivement de tous ces disques, celui qui se retrouvera à coup sûr dans pas mal de tops fin décembre, c’est cet improbable retour des Married Monk qui, avec Headgearalienpoo, se renouvellent tout en tirant une droite parallèle avec leur discographie passée.

Côté EPS, comme mes camarades, j’ai une fois de plus été happé par la qualité de production d’Echappées Belles Vol.01 d’Arman Melies qui annonce un album à sortir. Cette idée de se réapproprier des chansons d’artistes féminines, en ces temps de confrontation entre les sexes, semble une réponse élégante à certaines postures trop affirmées. Cet Ep vient également mettre en évidence toute la qualité des compositions de Maissiat avec ce Départ repris par Melies. Pour rappel, la jeune femme participe au très réussi dernier opus de Françoise Hardy.

Petite découverte que cette Chambre Noire d’Alexandre Nadjari qui, en laissant de côté son projet Yalloh, oublie l’anglais et s’affirme enfin dans une belle langue française. Un disque de catharsis pour faire le deuil de son père disparu et de la perte de son couple. Une œuvre sincère, bouleversante et empathique chantée d’une voix pas si éloignée du beau bizarre de Christophe.

 

Par Mag Chinaski

Avouons-le de suite, depuis le début de l’année je n’ai écrit aucune chronique, pas le temps, le manque d’inspiration, les oreilles qui deviennent de plus en plus exigeantes, un peu tout ça à la fois… qui sait ce que nous réserve le reste de l’année, peut-être que le meilleur est à venir !

Et voilà que nous sommes déjà au mois de juin, le moment de faire un point, alors quid de ce premier semestre ?

Première impression, ce n’est pas gagné, je vais sans doute passer mon tour, encore… Et puis je plonge dans ma playlist de l’année, pense-bête musical, vivier de mes envies, casque sur les oreilles, stylo à la main, la liste s’allonge et des évidences se dessinent. Ce début d’année sera marqué par la nostalgie et la fraîcheur, que des noms qui me parlent, des retours attendus… brillamment !

Beach House, 7, qui à chaque fois nous démontre que la mélancolie peut-être lumineuse, ce 7 chargé de sens, un sommet dans leur discographie sans faille, teinté d’une once de shoegaze en plus.

Autre ambiance avec Born Ruffians, Uncle, Duke & The Chief cinquième album des canadiens, ambiance pop, l’été n’est pas loin… et ce titre des airs de 60’s !

Un an après le fameux single Demons, Jeremy Jay sort enfin son cinquième album du même nom, une lutte contre ses démons, expérimentation sonore de l’âme, un bijou de synth-wave, mention spéciale à On the Brighton Shore.

Gaz Coombes, ex-Supergrass, une carrière solo plus qu’honorable, trois albums dont celui-ci World’s Strongest Man, et il ne se refuse rien, dans le fond et dans la forme c’est bon, très bon… attention grand album !

Eels, The Deconstruction, douzième album du très prolifique Mark Oliver Everett, on ne l’attendait plus et pourtant cette déconstruction apparait comme salutaire et salvatrice.

Pour les EPs, je serai plus concise, mais pas moins conquise, Mazzy Star et la voix troublante de Hope Sandoval, Belle & Sebastian et cette série réussie, The Charlatans, relents de 90’s, douce nonchalance. La nostalgie continue avec Ride et ce titre onirique, entêtant… je vous laisse dans la forêt avec Robin Foster, promesse d’un bel album à venir, à noter une reprise du Velvet Underground, Oh! Sweet Nuthin’, avec Pamela Hute.

Finalement, elle n’a pas si mal commencé cette année musicale ! A suivre…

 

Par Lilie Del Sol

Faisant moi aussi partie des « cancres » qui n’ont pas écrit de chronique cette année je me fais toute petite à la fin de cet article. Suivant toutefois de très près l’actualité musicale au fil des jours et vous concoctant les playlists hebdomadaires depuis bientôt quatre ans je me permets de vous faire part de mes coups de cœur de ce début d’année.

Je dois vous avouer quelque chose, faire des choix est toujours un supplice pour moi ! Mais je vais jouer le jeu et ne vous nommer « que » les 5 albums que j’écoute de façon addictive depuis le début de l’année.

L’electro pop du 7 de Beach House m’a enveloppée, la classe du Tranquility Base Hotel & Casino des Arctic Monkeys m’a conquise, le talent de Amen Dunes avec Freedom m’a transportée, la beauté des Chansons de L (Raphaèle Lannadère) m’a bouleversée, le précieux Toute Latitude de Dominique A m’a fait chavirer encore une fois… et puis Clara Luciani m’a obsédée, The Low Anthem m’a émue, Jess Williamson n’est pas prête de me quitter, Thousand m’a ensorcelée, Elan Noon a pris mon coeur … OUPSSSSS 5 ! On  a dit 5 !

Ok ok reprenons… avec les Eps à commencer par Do You Have Love For Humankind de After Marianne, véritable cadeau de poésie et ce titre merveilleux « Pour Tenir » pour lequel j’ai développé une addiction maladive. Et puis bien sûr Arman Méliès et son Echappées belles Vol.1 qui n’a pas fini de nous séduire. My Brightest Diamond et son parfait Champagne… La folie de l’été meurtrier de Regina Demina qui a piqué ma curiosité et que je vais observer de près dans les mois à venir. Et pour finir le délicieux Loveless de Blondino.

Et nous n’en sommes qu’à la moitié de l’année ! 2018 n’a pas fini de nous séduire, n’en déplaise aux grincheux !

 

Rendez-vous vendredi pour découvrir LA playlist de l’été ! 

 

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