Chronique Musique

Close Lobsters, le couteau toujours entre les dents !

Tiens, le Beachboy s’est mis au hard rock, pourraient se dire les plus jeunes et perspicaces d’entre vous à la vue de la magnifique pochette de (allez on se lance d’une seule traite !) Post Neo Anti: Arte Povera In The Forest Of Symbols, le nouvel album de Close Lobsters.

Quelques anciens parmi nous savent bien que la couverture est trompeuse car nos homards écossais maîtrisent plutôt l’art de la jangle pop, comme va encore nous le prouver leur 3ème disque, qui n’aura mis que 30 ans à succéder à son prédécesseur…

post neo anti

En effet, plus les années passent, plus j’ai parfois le sentiment de jouer à l’ancien combattant, mais là je crois qu’on touche le pompon, dans le genre come-back inattendu.

Close Lobsters s’est formé en 1984 à Paisley, en Écosse, et se composait à l’origine du chanteur Andrew Burnett, du bassiste Bob Burnett, du batteur Stewart McFayden et des 2 guitaristes Tom Donnelly et Graeme Wilmington. Seul ce dernier ne fait plus partie de l’aventure, commencée sur la plus célèbre cassette de tous les temps.

C’est en effet via la mythique C86 offerte par le défunt NME qu’on découvre, parmi entre autres, Primal Scream, The Pastels ou The Wolfhounds, ce groupe à guitares et le génial morceau Firestation Towers.

Mélodique et énergique, aussi timide que bravache, Close Lobsters semble synthétiser le meilleur d’une époque où l’indie-rock voulait vraiment dire quelque chose. Le groupe le démontre avec brio à la sortie de Foxheads Stalk This Land, splendide premier album paru en 1987, suivi deux ans plus tard par le tout aussi indispensable Headache Rhetoric.

L’histoire semblait s’arrêter là. Comme nombre de leurs camarades de scène, le groupe disparut des radars et était bien parti pour se résumer à cette géniale doublette et quelques délicieux singles que Fire Records eut la très bonne idée de regrouper en 2009 sur la compilation Forever, Until Victory !

Un changement de siècle plus tard, le groupe recommence a jouer ensemble, d’abord sur scène, puis retourne en studio pour l’EP, Kunstwerk In Spacetime et sort de-ci de-là quelques morceaux qu’on a le plaisir de retrouver sur ce nouvel album produit par John Rivers, déjà aux commandes de Foxheads Stalk This Land.

Six ans pour achever le travail, après plus de 2 décennies de retraite : sur le papier, on pouvait craindre le pire, mais à l’instar des Wolfhounds il y a quelques années, il suffit de quelques secondes pour être pleinement rassuré et verser, il faut bien l’admettre, une petite larme qu’on mettra sur le compte de la nostalgie et du plaisir de retrouver en pleine forme de très vieux amis.

La voix d’Andrew a pris quelques épaisseurs, mais les guitares sont toujours aussi belles et enjouées, les mélodies aussi fines et séduisantes. L’album étonne par sa fraîcheur et sa vigueur à l’instar d’All Compasses Go Wild, dernier single en date.

Le temps semble s’être arrêté quand s’enchaînent The Absent Thing (No Thing, No There) et Johnnie, qu’on a envie de reprendre à tue-tête comme une joyeuse bande de gamins délurés. Bird Free ou Now Time et son irrésistible refrain nous laisse espérer qu’enfin Close Lobsters sera aussi connu que The Wedding Present.

Quand ils ralentissent le tempo comme sur Godless ou Under London Skies, on se rappelle également que tout groupe écossais doit avoir quelque chose de spécial dans le sang pour sortir de telles mélodies.

Et quitte à relancer la machine, autant se lâcher ; Post Neo Anti se conclut par l’épique Wanders, Pts I & II, 9 minutes sur lesquelles le groupe monte très haut dans les nuages et touche au sublime !

On chante « Yeah, Yeah, Yeah » ou « Na, Na, Na », la vie est belle, Close Lobsters est de retour et c’est la meilleure nouvelle de l’année !


 

Post Neo Anti
Arte Povera In The Forest Of Symbols

CLOSE LOBSTERS

 

Shelflife – 28 février 2020

 

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