Poésie

Ressentir le même « Été 18 » que Frédéric Forte

Durant tout l’été 2018, Frédéric Forte a écrit un poème par jour avec «des choses ramassées (planche, métal, carton, ficelle)». Chaque jour (ou presque) il réalise un montage de cinq vers issus de son quotidien. Le parti pris que constitue l’écriture d’Été 18 pourrait paraître simple et n’avoir aucune incidence sur son auteur et sur celles et ceux qui vont le lire, mais au contraire, cela apporte un véritable intérêt dans le rapport au réel.

4 sept :

[Utiliser toutes les fréquences de] la voix naturelle
pour dire des choses sans importance
Dans les téléphones, on ne sait pas ce que le E signifie
Simplifiez-vous la s.v.p.

« C’est enregistré ? »

L’écriture de poèmes au quotidien provoque une sensibilité particulière à ce qui est autour de soi. Il ne s’agit pas d’une forme de spiritualité béate mais plutôt d’un éveil des sens et une lucidité de la perception. Frédéric Forte l’explique parfaitement dans son texte final intitulé Été 19. Ce texte vient d’ailleurs conclure une lecture parfois abrupte des poèmes. Mais toute lecture de poème est un exercice d’immersion dans un milieu inconnu.

Que peut donc provoquer la lecture de ce recueil ? Justement de s’apercevoir de l’évolution du quotidien et de la particularité de chaque jour. Lire Été 18, c’est être sensible au quotidien comme l’était Frédéric Forte lors de l’écriture. La poésie se construit aussi par sa lecture. C’est autant le/la poète que la lecture de chacun-e qui produit le poème et le jaillissement du sens. On pourrait croire que cela est vrai pour toute forme littéraire. La poésie a cette particularité qu’elle invite à réfléchir différemment de nos habitudes intellectuelles.

Frédéric Forte est un adepte des formes contraintes. Il est membre de l’Oulipo. Avec ce livre, c’est une invitation totalement poétique, au sens où le langage devient une forme malléable comme une glaise interrogative transmise au creux de la phrase. Ici, la contrainte permet une approche différente du réel.


 

Été 18 de Frédéric Forte

Éditions L’Usage –  5 mars 2020

 

 

 

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été 18


Photo : Will Porada / Unsplash 

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