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« La Fille aux papillons » de Rene Denfeld. À fleur de peau

Construit sur une alternance de chapitre consacré à Naomi, l’enquêtrice de Trouver l’enfant et de Celia, enfant des rues qui a quitté sa mère, sa petite sœur et un beau père violent et violeur, La Fille aux papillons est un condensé d’émotions. Des frayeurs, de l’inquiétude, de l’attachement à des personnages. Une plongée dans une Amérique troublée, où la parole des enfants n’est que peu écoutée, une immersion dans la vie d’enfants et adolescents livrés à eux mêmes, toujours sur le qui vive.

Celia donc et Naomi. Une adolescente à peine sortie du monde de l’enfance mais qui a déjà vécu plus d’horreurs que la plupart. Et Naomi, ce formidable personnage, troublant, taiseux mais constant et valeureux.

Au fur et à mesure que Naomi progresse dans sa recherche d’identité, sur son passé, sur cette sœur qu’elle pense avoir abandonné à son sort, celui de Celia se fait de plus en plus dangereux. Qui est donc cet homme aux cicatrices qui rôde autour des enfants des rues ?
Rene Denfeld fait monter la pression petit à petit tout au long des 338 pages de ce nouveau roman, qui s’il démarre plutôt « doucement », finit par nous mettre les nerfs à vif dans la toute dernière partie.
Doucement, car l’enquête de Naomi n’est pas simple et que parallèlement à ça, il y a aussi sa vie, son mariage avec Jérôme, son ami de toujours, son soutien indéfectible.

Quand ils faisaient l’amour, il trouvait facile d’oublier ce qui s’était passé jadis car, en ces instants, elle était purement elle-même, lui souriait, l’aimait. Il n’avait jamais connu personne qui lui ressemble et il savait que ça n’arriverait jamais. Elle était son cœur.

La jeune Celia, elle, n’a pas ce genre de préoccupation. Elle doit vivre et tout faire pour soutenir sa petite sœur, restée à la maison, avec ce beau-père violent, toujours présent.

Elle n’avait que douze ans mais en savait plus que la majorité des gens. Ou du moins, c’était ce qu’elle se disait. Profondément ancrée en elle demeurait la crainte qu’elle n’en sache pas assez.

La Fille aux papillons est un livre dur. Les situations extrêmes décrites par Rene Denfeld nous secouent durablement, laissent des traces mais partout, dans ses mots, nous trouvons l’espoir, qui permet d’avancer et peut-être de s’en sortir.

Trouver l’enfant fut une grande lecture 2019, un livre hanté. Sa suite, que l’on peut lire indépendamment du premier livre, ne déçoit pas. Au contraire, il clôt magnifiquement ce qu’on serait tenté de voir comme un diptyque. Peut-être Rene Denfeld va-t-elle continuer cette série, consacrer d’autres livres à Naomi ? Ou elle écrira autre chose. Quoi qu’il en soit, nous serons là pour la lire à nouveau !

 


 

La Fille aux papillons de Rene Denfeld

traduit de l’anglais (États-Unis) par Pierre Bondil

 

Éditions Rivages, mai 2020

 

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rene denfeld


Image bandeau :  Amy Humphries / Unsplash

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