
Gilla Band
Pugnello
Rough Trade Records
25 septembre 2026
Bien occupé par ses diverses collaborations et productions (Psychotic Monks, Lambrini Girls, Sprints..), le bassiste Daniel Fox a quand même trouvé le temps nécessaire pour donner une suite à l’ébouriffant Most Normal. Comme ses camarades de Gilla Band, Alan Duggan-Borges (projet solo sous le nom de The Null Club), Adam Faulkner (tournée avec Lankum) et Dara Kiely (collaboration avec M(h)aol et peinture) ne sont pas non plus restés inactifs, il s’est écoulé 4 ans avant la sortie d’un nouvel album intitulé Pugnello, tout aussi époustouflant que son prédécesseur.
Comme il se doit, Pugnello a été produit et enregistré à Dublin par le groupe lui-même, reprenant, comme le quatuor le dit lui-même, la trame de Most Normal, le petit dernier présenté comme le grand frère plus sombre et plus lourd. Gilla Band reste en effet cette énorme essoreuse noise rock, qui en fait une des plus impressionnantes bêtes de scène actuelles, et ce, depuis que le groupe s’est formé en 2011, tout d’abord en tant que Girl Band, avant de changer de nom 10 ans plus tard.
Sur un phénoménal mur du son, Dara Kiely massacre ses cordes vocales dès l’ouverture avec The Angelus, rouleau compresseur implacable massacrant tout sur son passage. Placeholder invente une techno industrielle et abrasive, convoquant Power Rangers, Coldplay et Friends dans un maelstrom enivrant et épuisant.
Gilla Band ne s’accorde aucune minute de répit, Alogia a beau ralentir quelque peu le tempo, le morceau refroidit par sa franche évocation de la schizophrénie, alors que Three hands Clapping semble sur le point de nous exploser à la tronche telle une grenade dégoupillée.
Pugnello poursuit ainsi entre colère, rage et danse robotique, difficile de résister à un Jacobsons, croisement radical de The Fall et LCD Soundsystem. Dara Kiely scande ses paroles telles des crachats à la face du monde, humour noir et aphorismes absurdes, The Megazord est une gigue de fin du monde, Computer Sadness est une lessiveuse inhumaine.
Giraffe, avec sa basse énorme, aurait presque l’air d’une chanson normale dans un tel fatras, mais la folie est vite de retour avec les beats techno de Crisp Pop et les cris sauvages de Kiely qui jette ses dernières forces, avant de se transformer en robot sur un At The Gallop définitif. Écouter Pugnello est une véritable expérience, sonore et mentale, confirmant la place à part de Gilla Band, aussi radical qu’indispensable



