Chronique Musique

House Of Wolves à fleur de peau

Ecrit par Beachboy

Quand on a déjà derrière soi deux petits bijoux de folk indé sur la simple foi d’une voix mystérieuse , sa guitare et quelques notes de piano, il est tentant de creuser le même sillon, quitte à s’y perdre et perdre ses premiers fans. L’autre solution, à hauts risques, est d’ouvrir la porte de son univers intimiste à quelques amis et donner ampleur et ambition à sa nouvelle création.

Rey Villalobos, alias House Of Wolves ose s’embarquer dans cette nouvelle aventure et c’est une franche et belle réussite.

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Après Fold In The Wind et Daughter Of The Sea, notre californien discret revient avec un troisième album à la jolie pochette champêtre et desséchée, pas de titre, juste un magnifique bouquet de 8 nouvelles splendeurs.

Rey Villalobos, ne vous méprenez-pas, ne bouleverse pas complètement son univers, il reste toujours dans cette  douce-amère mélancolie au bord des larmes portée par une voix pas si lointaine de celle de Roy Orbison ou d’Elliott Smith. De même la fustration est toujours la même quand s’envolent les derniers frissons sur le magnifique Holly Roller Coaster, 27 minutes, c’est bien court, on en aurait bien pris quelques minutes de plus, que voulez-vous, quand on aime, on en veut toujours plus.

La grande nouveauté, c’est dans l’habillage, le piano se fait plus discret, place aux cordes, les rythmiques se font plus soutenues, House Of Wolves, bien aidé en cela par la magnifique production de John Morgan Askew (Alela Diane, Dodos…) gagne en intensité et pare son folk intimiste de chatoyantes fulgurances à l’instar de l’ample et magnifique Keep All Your Lovers.

C‘est à Portland que fut enregistré l’album, en quelques jours, entourés d’amis musiciens. cette complicité confère au disque un côté chaleureux, qui fleure bon l’Amérique des derniers cowboys, entre nature et nostalgie.

Rey Villalobos nous entraine ainsi dans les traces d’Idaho ou du Low de la grande époque (I’m Here You There ou Darkness), tutoie Neil Young sur le spLendide Alabama et s’inscrit définitivement comme un digne héritier du regretté Elliott Smith.

Simple et bouleversant, les frissons nous parcourent de la tête au pied sur l’immense Firefly, la voix glisse, comme une perle de rosée sur une feuille prise dans le vent, Oh You Little One atteint des sommets de pureté mélodique, Time nous voit définitivement succomber.

Daughter Of The Sea avait chamboulé notre Cheffe vénérée comme jamais, je me demande bien dans quel état je vais la retrouver et je serai bien en peine de la secourir, House Of Wolves ayant fait une nouvelle victime.

House Of Wolves est disponible depuis le 30 septembre chez Discolexique, magnifique label bien de chez nous et au catalogue toujours impeccable (Corrina Rep Gareth Dickson…).

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