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Au Jeu de Paume, le coup d’œil stakhanoviste de Kollar

François Kollar est d’abord un homme d’expériences. Au pluriel, car dès l’installation de son studio de photographie à Paris dans les années 30, cet ancien ouvrier d’origine hongroise expérimente les techniques de prises de vue, solarise, double-expose, superpose, photo-monte… Fernande, son épouse, est son premier modèle. Avec elle, il va maîtriser la photographie des corps et des objets.  Créatif, il se distingue bientôt par ses conceptions autant que ses réalisations.

C’est surtout son grand oeuvre sur les métiers que l’on va voir au Jeu de Paume à Paris, jusqu’au 22 mai. De 1931 à 1934, pour les éditions Horizons de France, Kollar photographie La France au travail: tisserands, bateliers, pêcheurs, tourneurs, agriculteurs, etc. Tous les corps de métiers, tous les secteurs sont là, en action, marqueurs d’un pays qu’on veut actif, en mutation, en voie de mécanisation – en transition, en fait. Et surtout bien loin de la menace fasciste et de la Grande Dépression qui flagelle la France à la même époque. Kollar a l’œil graphique, moderne, l’humain est présent dans ses photographies parce qu’il est une part active de l’appareil de production. Publiées alors sous la forme de quinze fascicules thématiques, ses images constituent un document unique sur le monde du travail des années 1930.

En parallèle de La France au travail, les commissaires d’exposition Matthieu Rivallin et Pia Viewing donnent également à voir un Kollar glamour qui réalise des portraits de personnalités de la mode (Coco Chanel, Elsa Schiaparelli, etc.), des publicités pour des magazines, des commandes pour l’industrie du luxe. Ainsi que des reportages industriels en Afrique-Occidentale française. A égrener ce formidable fonds d’archives, ce qui frappe en dehors de la maîtrise technique, c’est une capacité à répondre à la commande. Aucune prise de position sur quelque trente ans d’images mais un service artistique irréprochable. une vision très moderne de l’image, en somme.

« François Kollar, un ouvrier du regard » 
Jeu de Paume, Paris. Jusqu’au 22 mai.

Kollar, labeur noir et blanc au Jeu de Paume

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