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Le 9ème art et les méandres du cerveau #2

# 2 : La Parenthèse, Élodie Durand, Éditions Delcourt

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Élodie a 21 ans lorsque les premiers symptômes de sa maladie apparaissent. Elle ne met pas encore de mots dessus, et n’a pas vraiment conscience de ce qui lui arrive. Ce sont ses proches qui lui font remarquer qu’elle a des « absences ». Et c’est quelques mois plus tard, après une crise importante avec altération de la mémoire et du comportement, qu’elle se décide à aller consulter un neurologue.

Le verdict tombe : elle souffre d’épilepsie. Commence alors la longue descente aux enfers : les traitements à prendre – de plus en plus forts et sans résultat probant – , les examens médicaux, les visites à l’hôpital, et la maladie qui persiste et qui l’enfonce dans un trou de plus en plus profond, sans notion du temps. Son seul repère, c’est sa mère qui le lui donne, en rythmant sa vie domestique (se lever – se préparer – manger dormir – se lever – manger – dormir…). Jusqu’à ce que son neurologue évoque la possibilité d’un nouveau traitement, extrêmement moderne, qui n’existe alors qu’à Marseille (le Gamma Unit).

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Élodie Durand ne s’appelle pas vraiment Élodie, mais peu importe le prénom au final. A travers cet ouvrage autobiographique, adressé à sa mère, l’auteur s’efforce de se souvenir de tout ce qu’elle a traversé pendant cette lourde maladie, aidée par sa famille qui a son propre vécu des faits. Son témoignage est entrecoupé de dessins qu’elle faisait à l’époque, qui représentent toute la violence de l’épilepsie, sa répercussion sur le malade et l’incompréhension de celui-ci face à ce qui lui arrive.

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« Le plus dur, pour moi, a été cette difficulté à accepter ma maladie et à comprendre que j’avais été malade. […] Aujourd’hui encore, je me suis cachée sous mon deuxième prénom pour t’écrire mon histoire… »

Le trait est juste, touchant, sans manière. Élodie Durand a fait des études à l’école des Arts Décoratifs de Strasbourg (ce qui explique la qualité du dessin !) et c’est à cette époque que les prémices de La Parenthèse ont été créées. Sept à huit ans après, elle nous livre une part d’elle-même, une part d’ombre qu’elle a dû accepter, une grande parenthèse qu’elle a refermée.

La Parenthèse a obtenu Le Fauve d’Angoulême – Prix Révélation en 2011.

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