Cinéma

Le Rôle de Ma Vie – Family Man

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Zach Braff est un malin. Conscient de son capital sympathie et de l’attachement presque instinctif qu’on voue à son personnage de looser poétique depuis Garden State, il a tout de même l’honnêteté de prendre en compte l’injure du temps. C’est donc en père de famille qu’il aborde ce film, dans le rôle d’un personnage qui n’a pourtant pas véritablement changé depuis l’opus précédent. Le monde et ses obligations est toujours un mystère aussi insondable, et l’on va tenter d’y proposer un cheminement retors et coloré.

L’aspect pop et comédie fonctionne bien, surtout dans la première demi-heure où le rapport à l’école privée juive occasionne des vannes que ne renierait pas le Woody Allen d’il y a quarante ans. Les répliques fusent, un peu trop écrites par instants, comme un chapelet de vannes de stand-up, mais font souvent mouche. Les guests sont sympathiques, notamment Jim Parsons à qui on fait la leçon sur Star Trek.

On n’est cependant pas toujours dupe de l’opération séduction visant à insuffler de l’insolite dans chaque situation, et tout cela permet une compilation haute en couleurs qui nous fournira une bande-annonce qui claque (et à laquelle je fus le premier à succomber, je le confesse). D’ailleurs, le rêve récurrent et qui ouvre le film, voyant Braff en astronaute poursuivi est franchement dispensable, pastiche assez fade de Brazil.

C’est bien là le problème : si l’on gratte un peu toute cette couche fleurant bon la signature film pop Sundance mis en musique par les Shins, on prend vite conscience du caractère absolument éculé du scénario. Papy grincheux qui meurt et doit se réconcilier avec ses fistons gentils loosers, qui veulent follow their dream, maman encore sexy mais qui a un job et un collègue de merde, la voix donnée aux enfants qui pleurent et posent des questions sur Dieu, la mort, la vie, l’au-delà et assènent avec le ton d’un bambi dans une piscine de marshmallows : « If you don’t believe in God, you can believe in family ? » 

J’ai beau ne plus avoir quinze ans, si Zach Braff parvient à refaire un film, j’irai probablement le voir. Le chewing-gum arc-en-ciel, c’est bon de temps à autre, mais ça perd rapidement sa saveur.

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